Un autre monde… [première visite]

Je suis entrée dans un autre monde… Un monde où le silence est roi et où l’information est sa reine : Les archives départementales de Moselle !

Pour moi c’était une grande première, je n’avais jusque là encore jamais mis les pieds dans un tel lieu. Petite je ne savais pas ce que j’y trouverais, plus tard je n’avais soit pas le temps soit pas j’étais trop impressionnable pour oser y pointer le bout de mon nez… C’est puérile, mais tant pis… Lieux sacré de l’information, temple des ressources historiques, tombeau du passé conservé… Moi, généalogiste amateur, en quête d’un passé familiale, simple jeune femme sans de grandes connaissances encyclopédiques, comment m’aurait-on admise dans une telle salle d’études ?

Ah c’est sûr que ma vision était un peu erronée et très idéaliste, mais il n’en reste pas moi que le côté romanesque en moins je suis restée très sensible à cet endroit.

Tout commence à l’entrée du parking, un peu à l’écart du reste des bâtiments de la zone, boisé d’une part, de l’herbe de l’autre et pour finir quelques places (à première vue je dirais une 50taine de places et encore). Si peu pour un si grand bâtiment on reste tout de même sur la notion d’accès « aux élus » (je vous avais prévenu pour le côté piédestal non ?), en fait c’est juste que peu de monde vient donc peu de besoin au niveau stationnement… Le côté intimidant s’estompe un peu dans le hall, mais pas complètement. À droite des casiers à clé pour déposer vos affaires, car une fois enregistré (si c’est votre première visite en ces lieux) ils vous faudra déposer là vos affaires pour ne garder avec vous que des feuilles volantes (pas de cahier, pas de pochette, pas de farde, pas de classeur…) et un crayon à papier (aussi dénommé suivant les régions de crayon gris ou de crayon de bois). Vous avez le droit à un ordinateur ou une tablette ainsi qu’à un appareil photographique. Un numéro de lecteur vous est attribué, il est votre sésame pour entrer dans cette grotte aux mille merveilles…

Une fois gravi l’escalier vous accédez à la salle de lecture. Le silence est de mise, même si certains ne comprennent pas le sens du terme ni même qu’il soit allié au mot « discrétion »… Le calme est presque aussi religieux que dans une église, s’en est reposant et en même temps étouffant. Un îlot central massif, des tables de travail version bibliothèque universitaire américaine (oui oui avec les lampes de bureau dorées et vertes…), tout autour des étagères de classeurs et livres, au fond un comptoir…

Si vous avez besoin d’un renseignement c’est au chef de salle qu’il faut parler, il vous indiquera comment faire une recherche et obtenir le trésor d’archive de vos rêves… Le principe est simple, dans un classeur les références, vous l’entrez dans l’ordinateur grâce à votre numéro de lecteur et dans les 10-15 min suivantes vous vous présentez au comptoir pour retirer le registre ou le microfilm (ou autre document comme par exemple livre, carte…) puis vous le consultez à la table de travail que vous avez au préalable réservé…

Je suis restée environ 4h pour cette première visite, puis chez moi j’ai dépouillé toutes les photos prises pour les classer, ranger, répertorier et joindre aux bonnes fiches. Au final : 12 actes !



Visite en mairie comme au bon vieux temps…

Ah c’était mieux avant… C’est ce qu’on dit sur beaucoup de points non ? Il est vrai que l’informatique facilite grandement les recherches généalogique aujourd’hui. Cependant, la démocratisation d’Internet ne s’est pas faite en un jour, tout comme la numérisation des données et documents… Il faut aussi que je vous avoue mon addiction pour cette odeur de vieux registre. L’odeur du vieux papier, un peu humide, raconte à elle seule l’Histoire. L’aspect vient ensuite la compléter et raconter un passé souvent houleux. Afin de poursuivre et surtout illustrer mes recherches sur la branche généalogique de monsieur je suis retournée aux sources, au commencement, en bref en mairie. J’avais quelques jours de congés alors j’en ai profité.

J’avais commencé par classer les informations manquantes ou à confirmer, afin de déterminer les mairies dans lesquelles je devais me rendre pour établir plus facilement un planning pour mes recherches. Internet m’a ensuite fourni les adresses, les numéros de téléphone et les horaires des mairies. Et oui, la première chose à faire est de les appeler, car il faut être sur que les registres sont disponibles (parfois ils ont été détruits par le temps et l’Histoire, parfois ils ont été envoyé aux archives départementales et ne sont donc disponibles qu’auprès de celles-ci), mais également que le servie d’état civil pourra vous recevoir (horaires et disponibilités).

Si vous obtenez un oui à chacune de ces questions je vous conseille alors de préparer soigneusement votre liste avec qui / quoi / quand, afin de gagner du temps sur place, car on se laisse vite prendre au jeu dans un premier temps puis déborder dans un second. Qui est nommé dans l’acte que vous recherchez ? Quel type d’acte recherchez vous ? Quand fut rédiger l’acte ? C’est le minimum vital pour une recherche réussie.

Sur les trois mairies contactées, l’une n’a jamais rappelé, l’autre n’a pas décroché et la dernière me donna rendez-vous hors des horaires d’ouverture. Petite mairie, dans un petit village, en pleine période de vacances donc un petit effectif. Les horaires d’ouverture c’est surtout pour le publique, ensuite les bureaux continuent de fonctionner… C’est ainsi que je me suis rendue dans cette mairie, située à proximité de l’église du village, dans la rue principale pour ne pas dire l’unique rue du village.

A partir de là plusieurs possibilités… Soit les archives sont dans une pièce spéciale (par exemple à Anor, village du Nord de la France) soit les archives sont dans un coffre fort (par exemple à Filstroff, village de Moselle en France), tout dépend nombreux paramètres comme la taille de la commune, le nombre d’habitants, les archives gardées sur place… Soit le service d’état civil vous laisse travailler seul(e), soit il travaille avec vous.

Si à la base j’allais explorer le passé en solitaire, la dame qui m’accueilla fut vite prise au jeu et participa activement à mes recherches. Pendant presque 2h, nous parcourûmes 2 siècles de naissances, mariages et décès. Plus d’une dizaine d’actes furent ainsi trouvés et complétèrent les informations généalogiques concernant mon compagnon. Des dates furent mises à jour dans mes documents, d’autres furent modifiées ou supprimées, certaines furent ajoutées et de nouveaux noms apparurent…

À côté de votre crayon gris et de votre liste de recherche il y a 2 outils que je vous recommande fortement :

loupe

Parfois les caractères sont un peu délavés, parfois les caractères sont vraiment très petits, parfois la loupe vous aidera grandement à déchiffrer ce que ces papiers anciens recèlent… Je vais pas vous faire un dessin ou une dissertation sur l’utilisation d’une loupe, je pense que vous voyez très bien tout seul quand et comment l’utiliser…

gants

Qui dit registres d’archive dit vieux papiers, documents anciens et encre qui ne supporteront pas d’être manipulés. Autant pour protéger vos mains que pour protéger les documents, je ne saurais trop vous recommander de vous fournir ce genre de gants. Blanc, en coton, souvent au rayon photographie… Vous protègerez les archives de tous transferts corporels éventuels comme par exemple votre sueur, qui ne transpire pas quand excité de débloquer enfin une branche généalogique se trouve devant LE document tant attendu ? Tout ce qui peut se trouver sur vos mains également comme de l’encre ou des bactéries. Ça semble un peu gros dit comme cela, mais si aucun des lecteurs du registre ne fait attention à force des traces s’accumulent, des bactéries qui pourraient détériorer les pages se répandent… C’est ensuite une protection pour vous. Pour ses même bactéries, pour les champignons dû à l’humidité, pour l’encre qui déteindra sur vos doigts…

Après 2h en mairie, mes gants étaient grisonnants au niveau des doigts, la dame de la mairie n’avait pas de gants, mais avait les mains noires à la fin. Au début elle a refusé ma seconde paire de gants et semblait étonnée que j’en utilise, quand nous avons eu fini, elle s’est rendue compte de la véracité de mes mots en début d’après-midi…



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