Les frères DUBOIS ont vécus la Grande Guerre, mais pas que…

Cherchant à résoudre le mystère d’une immortelle, je suis aller poser une question sur Facebook afin d’avoir des conseils et des idées pour tenter une nouvelle fois de trouver le décès de Léona Céline MESNY. Elle épousa Hector DEVRAY en 1874. De ce mariage naquit Henry DEVRAY en 1875. Mais en 1878, Hector décède. Léona se remarie en 1881 avec Léon Antoine DUBOIS. Parmi les conseils, idées et réponses à mon appel à l’aide, on m’indiqua la présence de la famille DUBOIS à Jeumont, mais également le décès de Léon Antoine sans mention de veuvage…

Blonde à mes heures perdues, j’avais complètement négligé la piste des enfants, me contentant fouiller le passé avec des œillères bloquées sur mes ancêtres et occultant tous les autres membres de la famille… On ne le rappelle jamais assez mais : les contemporains ne sont pas à négliger ! Les nôtres comme les leurs… Et une fois de plus je l’avais oublié. Je finirais par me le faire noter sur le bras version tatouage, peut-être que là j’y penserais. Toujours est-il que d’autres y ont pensé pour moi, ainsi j’ai suivi leur très judicieux conseil et je suis retournée dans les tables décennales et les actes de naissance pour trouver trace du reste de la descendance de Léona.

Sur la commune de Sars-Poteries où résident Léon et Léona, au moins 7 bébés sont nés sous le patronyme DUBOIS entre 1881 et 1892, dont 5 du couple : Clarice en 1881, Irma en 1883, Léon en 1885, Jeanne en 1889 et Georges en 1892. Un petit tour dans les tables décennales du village et je trouve le décès de Jeanne à l’âge de 6 ans. Les actes de naissance de Clarice, Irma, Léon et Georges comportent des mentions marginales qui m’apprennent que :

  • Clarice s’est mariée le 30 décembre 1899 à Sars-Poteries (59)
  • Irma s’est mariée le 12 mars 1902 à Avesnes-sur-Helpe (59)
  • Léon s’est marié le 10 janvier 1925 à Vitré (35)
  • Léon est décédé peu après la seconde guerre mondiale à Pocé-les-Bois (35)
  • Clarice est décédée après la seconde guerre mondiale à Fourmies (59)
  • Irma est décédée après la seconde guerre mondiale à Jeumont (59)
  • Georges est décédé après la seconde guerre mondiale à Jeumont (59)

Mes recherches sur le décès de Léona vont donc s’orienter dans ces différentes villes.

Mais avant cela, j’ai fait un petit saut dans les fiches matricules pour découvrir les états signalétiques militaires des frères DUBOIS, Léon et Georges. Léon est de la classe 1905 et Georges de la classe 1912, autant dire que pour la première guerre mondiale ils étaient d’office engagés, alors qu’Henry n’y participera pas car même s’il est de la classe 1895, il est décédé en 1912. Ainsi commence ma lecture par l’état civil qui confirme l’identité de ces messieurs et de leurs aînés.

Je ne vais pas détailler les passages d’un régiment à l’autre, ça serait sans intérêt ici, peut-être dans une fiche destiné à leur « carrière militaire », mais je préfère me concentrer sur ce qui leur est arrivé et/ou ce qu’ils ont fait…

Léon est appelé aux armes le 04 août 1914, parti aux armées le 11 août, il sera évacué, blessé le 16 septembre 1914. Berry-au-Bac n’aura pas été une partie de plaisir pour Léon puisqu’un éclat d’obus s’est logé dans son mollet gauche. Son retour au front se fait rapidement puisqu’au 17 novembre il est de nouveau en campagne. Le 19 mars 1915 il est de nouveau évacué et rejoindra son corps aux armées le 17 avril. Blessé à la tête le 20 mai 1915 par un éclat d’obus, il sera de nouveau évacué pour soins. Ceci n’est le détail que de la première année de Léon lors de la première guerre mondiale. S’en suivent alors de nombreux problèmes de santé et sera même victime d’une intoxication au gaz en octobre 1917. Autant dire que pour Léon, la première guerre mondiale fut douloureuse.

Georges, quand à lui, est appelé aux armes (je n’ai pas su trouver la date sur la fiche, il semble en campagne contre l’Allemagne dès le 02 août 1914), mais dès décembre 1914 il subit une plaie par balle avec fracture. En septembre 1915, il est classé au service auxiliaire pour « Cicatrice profonde et adhérente au dos avec projectile non-extrait ». Je ne sais pas vous, mais ça me donne froid dans le dos. Il semblerait que Georges eut été un bad-boy ! Coups et blessures, dégradations, menaces verbales… J’ai recensé dans ses états signalétiques militaires une longue série de jugements et condamnations… Il est rappelé à l’activité le 27 août 1937 et ne sera démobilisé qu’en mars 1941.

Leur histoire via ces deux fiches m’a touchée. Je ne les connaissais pas avant de trouver leurs actes de naissance. J’ai l’impression que les frères DUBOIS furent deux poilus mal chanceux tant par les blessures que par les mobilisations.



Ecigb7dp |
Velay ô Vivarais Royal |
Mon BLOG sur l'Histoire |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Légende Urbaine
| Mabibliothèque
| Lefleuvedeleternite