Bref, j’ai un binôme…

Vous est-il déjà arrivé de retrouver un cousin généalogique et d’échanger des informations avec lui ? Depuis 2 mois, je suis en échange régulier avec celui que j’appellerai ici « Cher Cousin » et je dois vous avouez que bien que n’ayant jamais rencontré Cher Cousin jusqu’ici, j’adore parler avec lui, lui écrire des mails et recevoir ses réponses. À chaque fois c’est une bouffée d’air frais qui arrive dans ma boîte mail. Laissez moi vous raconter mes 2 mois avec Cher Cousin.

Depuis quelques années, j’ai entrepris en plus de faire ma généalogie, de faire celle de monsieur mon compagnon. Une partie de son arbre est en Pologne, autant dire que pour le moment la branche n’avance pas beaucoup. Mais la branche paternelle est en Moselle avec un nom qui respire bien l’ancien empire germain… J’ai pu grâce à l’aide de certain généalogiste en ligne avancer, après quelques échanges pourtant les conversations se sont taries. Jusqu’à il y a 2 mois. Un message privé sur Geneanet arrive et voici le début d’une aventure généalogique qui s’intensifie au fil des jours et des mails.

Mon interlocuteur se présente et nous établissons qu’il est un cousin généalogique de mon compagnon. En fait, si on veut être précis ma moitié est un petit-fils d’un cousin issu de germains de Cher Cousin. Y a plus cours comme dénomination hein ?

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Nous avons commencé à échanger sur mon arbre en ligne, Cher Cousin a un trésor d’informations pour compléter ce que j’ai déjà pu établir et documenter. Mais à bien y réfléchir c’est plus que cela ! Dès les premiers mails c’est une mine d’or photographique qui s’offre à mes yeux. Rendez-vous compte, grâce à Cher Cousin j’ai pu mettre un visage sur au moins 8 personnes donc l’arrière-arrière-grand-père de mon homme. Nous avions bien entendu certains actes en commun, mais je crois pouvoir dire que nous avons chacun compléter les données de l’autre.

Depuis, c’est régulièrement que nous poursuivons nos recherches. La lignée recherchée s’est encore étoffée de 10 membres cette semaine après les 5 de la semaine passée. Parfois c’est à qui trouvera le document en premier, sans s’en rendre compte. Parfois c’est juste en discutant que l’on débloque un mystère et que l’on avance. Aussitôt mon mail envoyé, je deviens impatiente. J’ai hâte de lire chacun de ses mails, d’élaborer diverses théories à partir des renseignements qu’il a pu glaner ici et là. C’est un travail d’équipe qui s’est mis en place, de manière tacite et qui fonctionne tellement bien.

Je vous souhaite à tous d’aussi belles rencontres que la mienne avec Cher Cousin…



Chasse au trésor – 3ème manche

Les 2 premières manches de mes recherches pour trouver l’auteur de la lettre signée « LOBET » ont fait ressortir 2 noms sur presque 40 étudiés. La Gironde va me poser problème car les registres matricules ne sont pas disponibles en ligne. Il me faudra passer par l’entraide géographique généalogique afin de déterminer si un LOBET girondin peut être l’auteur de cette lettre. Je reprends à nouveau mon tableau récapitulatif, en ne gardant que les prisonniers de Maubeuge des 2 premières manches et j’ajoute les nouveaux. Me voici donc cette fois dans l’Aisne.

J’ai gardé le même code couleur à savoir :

  • Les exemptés sont en Orange,
  • Les décédés avant le 08 mai 1918 sont en Rouge
  • Les prisonniers du 07 septembre 1914 à Maubeuge sont en Vert.

Les registres matricules de l’Aisne sont un pur bonbon et même un pur bonheur ! Un formulaire est proposé, tapez le nom de famille et vous obtenez tous les LOBET indexés ! Un gain de temps considérable si on prend pour acquis que tous les noms ont été indexés.

Classe Prénom(s) Circonscription Département Matricule Registre Informations supplémentaires
1895 Arthur Eugène Auguste Avesnes (Nord) 1620 4 Prisonnier le 07/09/1914 à Maubeuge
1895 Edmond Albert Avesnes (Nord) 1629 4 Prisonnier le 07/09/1914 à Maubeuge
1908 Gaston Désiré Laon (Aisne) 752 2 Promu Maréchal des Logis le 28/03/1915, tué à l’ennemi septembre 1915 et inhumé à Souain octobre 1915.
1915 Louis Florentin Laon (Aisne) 684 2 Ses états de services ne débutent pas avant 1919.
1919 Elie Laon (Aisne) 1056 3 Trop jeune. Ses états de services ne débutent pas avant 1919.
1920 Gustave Laon (Aisne) 1138 3 Trop jeune. Inscrit à la subdivision de Mézières en 1920.

4 nouveaux noms dont 1 déjà connu par Mémoires des Hommes, mais au final pas de nouveau candidat-auteur. La chasse au trésor se poursuit donc, prochaine étape Paris…



Chasse au trésor – 2nde manche

Mes premières recherches pour trouver l’auteur de la lettre signée « LOBET » ont fait ressortir 2 noms sur 22 étudiés. Mais il me reste encore beaucoup de monde à découvrir et étudier car comme disait ma grand-mère « Y a plus d’un âne qui s’appelle Martin », sans manquer de respect à ces combattants qui vécurent l’enfer pour notre liberté. Je poursuis donc mon tableau récapitulatif, je ne garde de la « première manche » (AD59 + Mémoires des hommes) que les noms potentiel de l’auteur et j’ajoute les nouveaux trouvé. Je m’attèle cette fois-ci à la Marne.

J’ai gardé le même code couleur à savoir :

  • Les exemptés sont en Orange,
  • Les décédés avant le 08 mai 1918 sont en Rouge
  • Les prisonniers du 07 septembre 1914 à Maubeuge sont en Vert.
Classe Prénom(s) Circonscription Département Matricule Registre Informations supplémentaires
1895 Arthur Eugène Auguste Avesnes (Nord) 1620 4 Prisonnier le 07/09/1914 à Maubeuge
1895 Edmond Albert Avesnes (Nord) 1629 4 Prisonnier le 07/09/1914 à Maubeuge
1890 Jules Emile Reims (Marne) 2097 4 Hors campagne contre l’Allemagne du 02-09-1914 au 01-04-1915
1891 Louis Désiré Châlon-sur-Marne(Marne) 8 1 Non Prisonnier
1891 Jules Reims (Marne) 51 1 Non Prisonnier
1893 Louis Gabriel (Dit Paul) Reims (Marne) Exempté - -
1901 Félix Reims (Marne) 1395 3 Non Prisonnier
1901 Henri Nestor Reims (Marne) 2071 5 Non Prisonnier
1901 Louis Reims (Marne) 1399 3 Non Prisonnier
1902 Paul Ernest Reims (Marne) 277 1 Non Prisonnier
1907 Alphonse Ernest Châlon-sur-Marne(Marne) 696 2 Début de service 12-12-1914
1909 André Cyrille Reims (Marne) 133 1 -
1910 René Alfred Châlon-sur-Marne(Marne) 642 2 -
1910 Charles Reims (Marne) 1515 4 Début de service 19-12-1914
1910 Lucien Emile Reims (Marne) 764 2 Début de service 09-09-1914
1911 Henri Edmond Reims (Marne) 346 1 Tué à l’ennemi 15-17 septembre 1914
1911 René Gustave Reims (Marne) 1750 4 Fait prisonnier me 02/07/1915

15 noms s’ajoutent à la liste dont 1 déjà connu, mais au final pas de nouveau candidat-auteur. La chasse au trésor se poursuit donc, prochaine étape l’Aisne…



Le début d’une chasse au trésor

Il y a quelques jours, me baladant sur divers sites dont Gallica et les Archives Nationales Françaises, je suis arrivée sur le Fonds Félix TREPONT (1914-1941) composé de 47 images numérisées, enregistré sous la côte 96AP/3. Il est question de plusieurs lettres signées « Carte Géographique ». Sauf la dernière qui elle est signée au 08 mai 1918 par « LOBET ». Pour une première visite sur le sites des Archives Nationales Françaises, j’avoue être assez contente de ma trouvaille. Cette lettre de 4 pages a semble-t-il été tapée à la machine à écrire. Rien de plus pour identifier l’auteur à première vue. L’homme décrit ses conditions de vie de prisonnier de guerre (première guerre mondiale), bien que j’ai plus l’impression qu’il décrit l’atmosphère qu’il ne donne de détails, mais son témoignage n’en est pas moins important. Je me suis donc mise en quête pour trouver qui peut bien être l’auteur de cette lettre, même si j’ai peu de chances d’y parvenir et la chasse au trésor débuta.

Des LOBET j’en ai toute une liste dans mon arbre généalogique, la branche est située dans le Nord, mais je sais qu’il y en a aussi entre autres en Belgique, dans la Marne et en Île de France. Enfin, tout ceci c’est sans compter sur ceux dont je ne connais pas le lieu d’origine. J’ai donc commencé à m’attaquer à ceux du Nord puisqu’il s’agit de la branche que je connais le mieux. Direction donc le site des AD59 pour trouver les potentiels soldats prisonniers de la première guerre mondiale et dont le patronyme est LOBET. Les AD59 me fournissent 14 noms pour la circonscription d’Avesnes. Un petit tour sur le site Mémoires des Hommes me permet de compléter la liste de 8 noms et surtout de constater le décès de certains qui sont Morts pour la France.

Comme j’en ai l’habitude, me voici donc avec un tableau  pour récapituler les informations connues. Pour certains je vais devoir rechercher les états signalétiques, pour d’autre certaines informations sont déjà connues. Les exemptés sont en Orange, les décédés avant le 08 mai 1918 sont en rouge, les prisonniers du 07 septembre 1914 à Maubeuge sont en vert.

Classe Prénom(s) Circonscription Département Matricule Registre Informations supplémentaires
1890 Hector Gustave Avesnes (Nord) 1657 4 N’a pas rejoint le corps au 1er août 1914, resté à Anor
1894 Jules Verner Avesnes (Nord) 41 - Exempté
Trélon
1895 Arthur Eugène Auguste Avesnes (Nord) 1620 4 Prisonnier le 07/09/1914 à Maubeuge
1895 Edmond Albert Avesnes (Nord) 1629 4 Prisonnier le 07/09/1914 à Maubeuge
1897 Louis Ernest Avesnes (Nord) 1370 3 Prisonnier le 01 septembre 1914
1903 Fernand Léon Avesnes (Nord) 1659 4 Détaché à l’usine d’armement à partir du 15-09-1914
1905 Arthur Norbert Eugène Avesnes (Nord) 2083 5 2ème Régiment de Hussards, bataille de la Marne en septembre 1914
1908 Hermann Paul Avesnes (Nord) 1150 3 Décédé en 1945
Arrière-grand-père
1908 Albert Octave Avesnes (Nord) 1222 3 Engagé volontaire le 29 décembre 1914
1908 Alphonse Paris - - -
1908 Gaston Désiré Aisne - - -
1909 André Cyrille Marne - - -
1909 Pierre Gironde - - -
1910 Emile Florentin Aisne - - -
1910 Maxime Martinique - - -
1910 Robert Henri Eugène Avesnes (Nord) 1659 4 Décédé le 10/01/1915, dans la Somme, Adjudant du 127ème RI
1911 Marcel Auguste Hector Alix Avesnes (Nord) 945 2 Blessé par balle à Rambercourt le 07 septembre 1914
1911 Henri Edmond Marne - - -
1912 Edgard Jules César Avesnes (Nord) 2212 5 Décédé le 10/06/1915, dans la Somme, Soldat du 327ème RI
1912 Fénélon Jules Avesnes (Nord) 231  - Exempté
Trélon
1914 Armand Hector Octave Avesnes (Nord) 328 1 Incorporé au 148ème RI fin août 1914, aux armes à partir du 10-11-1914
1916 Lucien Aisne - - -

Sur 22 noms il me reste 2 potentiels auteurs de la lettre. Mais je n’oublie pas que je n’ai pas encore fait tous les LOBET de France et de Belgique. Je vais donc devoir m’y atteler pour la suite de ma chasse au trésor.



Le passé en photo sur le net

Flânant sur le net à la recherche d’information sur mon oncle à la 4ème génération côté paternel, je suis arrivée par divers et nombreux détours sur le blog de ChrisNord où il est possible de voir régulièrement des CPA (cartes postales anciennes) mais également des photographies du passé, le tout sur le Nord et plus particulièrement l’Avesnois. Parcourant les posts de l’année écoulée je me suis retrouvée à lire une description très intéressante sur une photo intitulée « OHAIN – Une photo de famille dans les années vingt ***« . ChrisNord y décrit les codes vestimentaires et les codes de placement. Je lui ai cependant écrit pour lui révéler qu’il n’est pas ici question d’une photographie de famille, mais plutôt une photographie de familles.

En effet, cette photographie n’a pas été prise dans les années 20 d’une part et ne représente pas une seule famille d’autre part. Comment je le sais ? J’ai étudié il y a peu la vie de l’une des personnes immortalisées  sur cette image. Vous voyais le monsieur au centre avec une barbe blanche ?

60 - Albert Joseph AUBRUN

Et oui, Albert AUBRUN… Mon AAGP côté maternel est là. Mais mieux encore…. Si on reprend l’article publié le 16 septembre 1938 dans le journal « L’Égalité de Roubaix-Tourcoing » le 16 septembre 1938 (page 2), on s’aperçoit que les 4 portraits des médaillés ont été extraits de cette photo (ou refaits le jour même) pour être insérés dans l’article. Car en fait, cette photographie a été prise lors du centenaire de la musique municipale d’Ohain en septembre 1938.

Journal 16091938 Ohain - Centenaire Musique Municipale - Albert Joseph AUBRUN

L’homme avec la barbe blanche se nomme Albert AUBRUN (il est mon arrière-arrière-grand-père), celui à sa gauche est Aristide DUBOIS, celui au dessus (avec 2 médailles visibles) est Edouard BLAISE et enfin celui tout à droite avec 2 médailles est Georges HUFTIER. Ainsi on peut en déduire de l’article que les autres médaillés sur ce cliché sont messieurs Emile DEFOSSEZ, Edouard DELVAUX, Gaetan JUNIER, Gustave GARDON.



Un ancêtre, Une histoire (2)

Il est des histoires difficiles à lire et d’autres difficiles à conter. Je pense que celle de ma 3AGMP fait partie de cette seconde catégorie… Plus j’avançais dans mes recherches plus il m’était douloureux de découvrir sa vie et sa famille proche. Je vous laisse juger vous même :

—————————-

Alors que la France se remet peu à peu des crues de l’Isère et de la tempête d’octobre, en ce 22 novembre 1859, Joseph Eugène CAMBERLIN, dit Eugène, se rendit en la mairie de Solre-le-Château afin de déclarer la naissance de sa fille Pauline qu’il vient d’avoir avec son épouse Marie Natalie Josèphe HENAUT dite Natalie. La petite dernière de la famille est le 7ème enfant d’Eugène, mais le 4ème de Natalie.

 107 - Acte Naissance - CAMBERLIN Pauline

En première noce Eugène avait épousé Angélique FEREZ en 1843. Après une première grossesse sous de mauvais augures en 1843, Angélique donna naissance à une petite Azéma en 1844 puis à un petit Jean Baptiste en 1846. Hélas en février 1847, Angélique s’éteint et laisse Eugène et leurs deux enfants seuls. Pendant presque 2 ans, Eugène sera père célibataire et en octobre 1848 Natalie et lui se disent oui à Semousies où est née Natalie en 1828. Le couple verra bientôt naître Adèle (en 1849),  Eugène (en 1850), Jules (en 1856) et Pauline en 1859. Mais Pauline ne sera pas la dernière enfant du couple puisque en 1863, Émile viendra compléter la fratrie.

Pour comprendre la vie de Pauline, il faut s’intéresser à sa famille, qu’il s’agisse de ses oncles et tantes ou de ses cousins et cousines, sans oublier ses neveux et nièces. La famille de Pauline, avant qu’elle ne quitte le domicile familiale c’est en fait 3 familles, les CAMBERLIN d’une part, mais aussi les FEREZ et les HENAUT d’autre part, car c’est dans cette famille un peu maudite que Pauline a vue le jour.

Le père de Pauline est le 4ème d’une fratrie de 7 car avant lui sont nés Victor en 1808 qui décèdera en 1810, quelques mois avant la naissance du second enfant de Pierre Joseph CAMBERLIN et Séraphine Désirée PREVOT qui s’appellera lui aussi Victor, mais décèdera moins de deux mois plus tard. La famille CAMBERLIN ne semble pas chanceuse et lorsque naquirent Sophie Désirée CAMBERLIN en janvier 1812 et Joseph Eugène CAMBERLIN en mai 1814, la tourmente semblait passée. Elle n’était hélas qu’appaisée et en décembre 1814 Sophie s’éteignait avant de fêter son second anniversaire. Pierre et Séraphine donneront à celui que tout le monde nomme Eugène 3 autres frères : Joseph Modeste en 1816, Marcel en 1821 et Jean Baptiste en 1823. Lorsque Eugène se présente pour la première fois devant l’autel avec Angélique FEREZ, la fratrie CAMBERLIN ne compte plus que 3 hommes : Eugène, Joseph Modeste et Jean Baptiste.

fratrie camberlin 107

La famille FEREZ n’est pas en reste, François et Félicité, née BOURLET, ont eu 5 filles qui leur donneront au moins 12 petits enfants, cependant lorsque Félicité s’éteint en 1854, il ne reste qu’une seule des filles FEREZ en vie, Ursule, et François devra lui faire ses adieux l’année suivante. Sophie (1811-1853). Rosalie (1814-1828). Angélique (1817-1847). Ursule (1819-1855). Félicité (1822-1853).

La famille HENAUT est chanceuse s’il on y pense, Jean Baptiste a épousé Marie Catherine LE BRUN puis ils eurent 4 enfants. Au final, tout est presque normal. Marie Natalie Josèphe, dite Natalie, sera l’aînée de la fratrie lors de sa naissance en 1828. Eugénie Cléantine Joseph HENAUT naîtra en 1830, puis vint Adélaïde Renelle en 1836 et enfin Auguste Renelle en 1838. Sur les épaules d’Auguste reposent la transmission du nom de la famille. Ce qui caractérise cette famille pour l’époque c’est le mouvement. Jean Baptiste vient de La Longueville alors que Marie Catherine est originaire de Dourlers, leurs enfants sont nés à Semousies, village où ils se dirent oui.

Pauline tombe amoureuse d’un homme du village et c’est assez logique quand on y pense car au village, les gens déménagent peu, alors tout le monde connait tout le monde. Il s’appelle Victor TROTIN, il est tisseur et elle est son ainée d’un an et quelques mois. La vie a été presque clémente avec lui si on oublie sa naissance 2 ans et demi avant le mariage de ses parents. Il a au moins 4 frères et 1 sœur. En 1881, Victor est tiré au sort à Solre-le-Château, numéro 95. Le conseil de révision l’annonce « propre au service ».

53 - Acte Naissance - TROTIN Julia Blanche

Lundi 19 juin 1882, Solre-le-Château s’éveille à 06h30 par les cris d’un nouveau né. Julia Blanche TROTIN est née. Le bonheur s’introduit dans la vie de Pauline, il était temps. Il faudra un peu de patience à Pauline avant de porter le nom de TROTIN car l’union ne sera célébré au village que le 08 septembre l’année suivante. La petite famille ne comptera pas d’autre enfant. Victor entre dans la réserve active en juillet 1887. Alors qu’Eugène décède en septembre 1889, le ménage se disloque petit à petit. Peut-être à cause des séjours répétés dans les casernes militaires pour exercices de Victor (84ème RI à Avesnes 1888 et 1890 puis 4ème RI à Maubeuge en 1895, 1898 et 1901). Lorsque Julia Blanche mettra au monde son petit Louis, elle est une célibataire de 16 ans qui accouche au domicile de sa mère, les époux TROTIN-CAMBERLIN sont séparés.

Mais en ce dimanche 28 mai 1899 à 06h00, si Pauline se fait une joie de prendre dans ses bras son petit-fils c’est parce qu’elle ne sait pas encore que la pauvre Julia va la quitter des complications de son accouchement quelques heures plus tard. Alors lorsque son frère Emile déclare la naissance de Louis en mairie, il a la dure tâche de déclarer également le décès de Julia, fille unique de Pauline et Victor. Pauline élèvera Louis seule car à l’aube du nouveau siècle Victor déménage à Jeumont puis en juin 1904 le divorce sera prononcé car 6 mois plus tard Victor doit épouser une certaine Armel originaire d’Erquelinnes en Belgique.

Son frère Emile a eut des jumeaux en 1902, un petit Emile et une petite Emilienne. Mais le jeune garçon a semble-t-il la santé fragile et quittera ce monde en 1906. Pauline s’inquiète pour Louis. Il ne lui reste plus que lui. Sa fille est morte en couche. Son époux a obtenu le divorce. Alors lorsqu’en 1914 la guerre éclate, Pauline vit la peur au ventre pour ses proches et pour son unique petit-fils. La guerre gronde ! Son neveu Robert ne reviendra pas du front, mort pour la France. En effet, le village de Perthes et Tahure dans la Marne est rasé par l’ennemi. Ce même ennemi qui tuera le Sergent Robert CAMBERLIN le 30 octobre 1915.

hors série - Fiche Mort pour la France - CAMBERLIN Robert - part 4

Alors lorsque Louis est interné politique le 16 octobre 1916, Pauline se ronge les sangs. Mais heureusement, le 30 mars 1918 Louis est libéré. Aussi assistera-t-elle à son mariage avec Jeanne DEVRAY le 19 novembre 1921. La vie de Pauline aura été un vrai parcours du combattant, mais lorsqu’elle s’éteint le 13 février 1928, elle aura pu voir naître son arrière petite fille Paulette et aura pu la choyer 4 années durant.

Pauline CAMBERLIN



Retour sur « mon » 4ème week-end SNT

Persuadée que le 1 & 2 avril 2017 avait lieu le 4ème week-end « Sauvons Nos Tombes » organisé par Généanet, j’ai voulu participer. Pour une fois que j’étais disponible… Donc je vais me mettre un rappel et noter qu’en fait c’est le 5ème et qu’il a lieu les 8 et 9 avril 2017… Moi à côté de mes pompes ? Oui je crois que là c’est même pire que ça… Enfin c’est pas grave… Je vais tout de même vous raconter.

Ce week-end monsieur travaillait, donc j’étais libre comme l’air (non il ne me séquestre pas, mais disons qu’on a pas toujours les même centre d’intérêts). Ayant en mémoire le week-end SNT qui approchait, j’avais préparé durant la semaine mon planning qui comportait pas moins d’une demi-journée de libre pour ce que d’autres ont jugé comme une occupation glauque : prendre en photo les tombes du cimetière du village. Application téléchargée, batterie du téléphone au taquet. Me voici qui pénètre dans ce lieu de silence. Tout d’abord par où commencer ? Tant qu’à faire être aussi méthodique que possible, ne pas commencer par le milieu et se perdre dans le jeu du « déjà photographié ou pas ? » J’ai descendu l’allée la plus à droite et j’ai commencé mon petit boulot d’images.

Rangée A pour débuter, j’étais plus bien pour démarrer. Une tombe, deux tombes, trois tombes… Hum plus rien de lisible sur celle-ci. La suivante était sous la verdure et aucun signe nominatif. Je poursuis. Au fur et à mesure de mon avancée sur les rangées A et B, je me rends compte qu’il y a très peu de prénoms. La plus grande partie des tombes ne nomme que les familles, pas les individus. Tant pis je poursuis, avec les allées C & D. Et puis l’une d’elle me fait faire une pause… J’ai l’impression de ne pas être réveillée complètement, je suis à la limite de vérifier dans un calendrier le nombre de jours de février 1961…

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Les passages entre les sépultures sont étroits voire parfois quasiment inexistants. Certaines semblent avoir traversé des siècles vue leur état et pourtant parfois l’état de la pierre n’est pas comparable à l’état de la plaque nominative. C’est presque déstabilisant de voir du presque neuf sur du si ancien. Je redresse une plante par-ci par-là. Et j’avance. Arrivée à 127 photographies prises la mémoire est saturée, il faut télécharger celle-ci sur le site afin de pouvoir poursuivre. Je débute le téléchargement (l’option de suppression automatique est vraiment bien). Pendant qu’il tourne, j’observe autour de moi la vie parmi les morts. Quelques personnes sont passées entretenir une sépulture à plusieurs rangées de moi. D’autres sont réunis autour d’un trépied à l’autre bout du cimetière. RIP à celui à qui ils sont venu rendre hommage. On m’observe. On me regarde. Je pense que les gens vérifiaient si je n’étais pas venu troubler le repos des anciens ou profaner leur dernière demeure.

Le transfert est terminé, 20% du cimetière est photographié. Sauf que je suis déjà là depuis presque 2h… E & F sont presque achevée, je continue mon périple dans les temps anciens. G & H se profilent dans mon objectif. La météo se joue de moi; J’ai commencé avec le vent, qui fut remplacé par la pluie, à présent je cuis littéralement sur place. Le soleil dans mon dos chauffe et semble déterminé à laisser des reflets et des ombres sur chacune des photos que je prends, lorsque le lierre ne s’improvise pas décor.

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I & J me voient débarquer entre elles. C’est surtout du « comme je peux » que de l’avancé régulière. Parfois il y a un espace grand comme une sépulture parfois il n’y a que la place d’un pied entre elles. Je prends le parti d’agir comme si la seconde option était unique. Troubler le repos des morts en leur marchant dessus par défaut de pierre tombale ? Personnellement ça me met mal à l’aise dans un cimetière. La plaque de verre gravée sur la tombe suivante est en morceaux éparpillés tout autour de la roche. Une photo avant, une photo après « puzzle ». Il manque des morceaux, la lecture ne sera pas aisée. Allées K & L. Un problème similaire se représente à moi, sauf que cette fois le verre n’est qu’en deux morceaux dont l’un trône sur le flanc de la sépulture alors que l’autre l’attend patiemment sur le dessus. Je repositionne la plaque, redresse la tête et je vois un vieux monsieur hocher de la tête en me voyant faire puis se détourner… Quand je vous disais qu’on m’observait.

Le temps passe et je dois partir. 40% du cimetière est ainsi photographié. J’ai mis presque 4h30 pour le faire. Je rentre et pendant le téléchargement des dernières photos je commence le travail d’indexation.



La rédaction de ma première chronique…

Ce ne fut pas une mince affaire que de rédiger cette première chronique. Depuis 20 ans que je travaille sur mon arbre généalogique, j’ai pu récupérer un nombre assez important de documents. Ils sont classés par SOSA, portent les prénoms et nom de l’ancêtre et enfin le type du document. Il me fallait d’abord déterminer de qui j’allais parler dans ma chronique, parmi tous ceux trouvés et retrouvés… Qui allait être le premier ?

60 - Albert Joseph AUBRUN

Pour établir mon choix j’ai pris un ancêtre que je ne pouvais pas avoir rencontré, mais assez proche pour espérer avoir suffisamment de matière et de documents pour rédiger son histoire. J’ai regardé mon arbre d’un peu plus près et j’ai arbitrairement choisi 4 générations au-dessus de moi, le grand-père de ma grand-mère qui vient tout juste de fêter ses 90 ans.

Mon inventaire à ce moment était composé de :

  • Son acte de naissance
  • Son acte de mariage avec Julia Emma MERCIER
  • Le recensement de 1906

Je savais qu’il avait eu au moins un fils, mon arrière-grand-père Félix Joseph et je connaissais les prénoms et nom de ses parents pour lesquels j’avais l’acte de mariage en plus de l’acte de naissance de sa mère.

Je me suis alors mise en quête de ses frères et sœurs, comme expliqué dans mon post « Retracer une lignée – Notion et Méthode perso« , j’ai commencé à éplucher les 3 tables décennales (naissances / mariages / décès). Étant né à Fourmies, j’ai commencé là-bas, mais il s’était marié à Ohain et son fils connu était né à Ohain, ainsi les tables décennales d’Ohain subirent le même sort. Voici à quoi ressemblait la lignée AUBRUN, jusqu’à mon arrière-grand-père sur Geneanet avant mes recherches.

lignée avant recherches

Ayant établi qu’il avait 1 sœur, 2 frères, 3 fils et 2 mariages, je me suis tournée vers le reste de sa vie. En étudiant les actes de naissances, mariages et décès trouvés, j’ai pu définir ses adresses successives. La liste n’est peut-être pas exhaustive, mais elle représente déjà un petit paquet de maisons où mon ancêtre vécu. Par la même occasion des informations sur son parcours professionnels vinrent s’ajouter à la liste de mes informations. Je ne vais pas vous retracer l’épopée sur ses états signalétiques militaires introuvables puisque tout est dans le post « D’aubaine en sol par le sang…« , mais je pense que j’ai bien du y consacrer au moins 8 heures de recherches sur 3 ou 4 jours. Voici donc à quoi ressemble la lignée AUBRUN, jusqu’à mon arrière-grand-père sur Geneanet après mes recherches.

lignée après recherches

Alors passons à la suite, les coupures de presse. La BNF et plus particulièrement son site Gallica allait être mon nouvel outil de recherche. Vous rappelez vous de mon post « Les JO sans faire de sport… » ? Les archives de nombreux journaux ont été numérisées et sont disponibles sur le site, en plus du JO (Journal Officiel). Après quelques recherches sur le nom de mon aïeul, j’ai pu retrouver les JO évoquant ses médailles professionnelles et celles concernant sa vie dans la musique municipale, ainsi que le journal décrivant la fête du centenaire de la musique municipale d’Ohain où mon AAGPM apparaît. Quelques recherches sur Fourmies et Ohain à cette époque afin de pouvoir lier l’Histoire à l’histoire d’Albert dans la mesure du possible. Ce point sera à retravailler car il n’a pas été assez creuser et encore moins utilisé.

Pour la mise en forme ce fut une histoire bien plus compliquée… Comment faire ? Par où démarrer ? Par ordre chronologique ou par thème ? avant de me décider sur toutes ces questions j’ai établi une chronologie des évènements depuis le mariage des parents d’Albert jusqu’au dernier document trouvé. J’ai utilisé des couleurs pour identifier les évènements, bleu pour les mariages, vert pour les naissances et ainsi de suite…

chronologie Albert

La partie la plus délicate et la plus indescriptible fut la rédaction en elle-même qui me prit plusieurs jours, un nombre incalculable de brouillon pour enfin réussir à écrire mon texte et me rendre compte après publication que je n’avais pas parlé de sa nationalité et donc de la partie militaire. Quelques documents manquaient et manquent encore, mais j’ai pu réduire la liste il y a quelques jours en mettant la main sur l’acte de décès de sa mère, Catherine Elisa.

Et vous ? Comment procédez-vous lorsque vous écrivez une chronique ? Votre première fut-elle aussi douloureuse que la mienne ?



Degrès d’instruction

Il y a quelques temps je vous parlais du livre « Les signatures de nos ancêtres, ou l’apprentissage d’un geste« , dans celui-ci nous parlions entre autres choses du lien entre le degrés d’instruction et la signature. Pour les hommes, on peut confirmer ou infirmer les informations ainsi déduites grâce aux états signalétiques militaires.  Les AD71 ont mis en ligne un document au format PDF « Pour mieux lire et comprendre un feuillet matricule » qui donne de nombreuses indications sur ces fiches. Voici, dans ce post, trois exemples piochés parmi mes ancêtres :

identité-instruction

Si on se focalise uniquement sur les degrés d’instruction voici ce que nous pouvons apprendre sur un soldat :

  • 0 : ne sait ni lire ni écrire
  • 1 : sait lire uniquement
  • 2 : sait lire et écrire
  • 3 : a une instruction primaire plus développée
  • 4 : a obtenu le brevet de l’enseignement primaire
  • 5 : bachelier, licencié… (le diplôme est précisé)
  • X : dont on n’a pu vérifier l’instruction

identité-instruction-bis

Le site Le Parcours Du Combattant De La Guerre 1914-1918 propose une page d’explications très détaillée et fort bien illustrée sur la fiche matricule et plus particulièrement sur l’identité et l’instruction du soldat. des pistes pour approfondir le sujet sont proposés après une tableau de statistiques sur l’instruction des classes 109/1907/1910/1911. Sur cette page on trouve également les renseignements sur la granularité de ce degré d’instruction avec « générale/militaire ».

identité-instruction-ter



D’aubaine en sol par le sang…

Au cours de mes recherches concernant ma première chronique et mon ancêtre Albert Joseph AUBRUN, je me suis retrouvée confrontée à un mini-mystère… Albert est né le 8 juin 1866 à Fourmies dans le Nord donc en France.  Souhaitant en apprendre plus sur mon aïeul, en plus des documents « de base » d’état civil, je me suis orientée vers les matricules militaires de la classe 1886… J’ai eu beau chercher dans divers circonscriptions, sur plusieurs années avant et après la date (au cas où il aurait été engagé volontaire, sait-on jamais), résultat : néant ! Au recensement de 1906, il est bien présent à Ohain (ville limitrophe française de Fourmies)… J’ai donc lancé une bouteille à la mer en espérant que quelqu’un aurait une idée sur un forum. Quelle idée grandiose ! Quand je vous dis que la généalogie c’est avant tout un échange !!!

Reprenons le recensement de 1906 :

60 - Recensement 1906 AUBRUN - MERCIER - AUBRUN

La colonne « 10 – Nationalité » était honteusement passée à la trappe lors de ma lecture ! Albert et ses 2 fils vivants sont belges et non Français… Mais pourtant ils sont nés à Fourmies et Ohain, 2 communes du nord de la France… Sauf que Jean Joseph, père d’Albert, était Belge. La nationalité à cette époque se transmettait par le sang et non pas le sol. Je me suis donc penchée un peu sur le sujet et j’ai découvert qu’avant le droit du sol tel qu’on le connait aujourd’hui en France existait le droit du sang et bien encore avant le droit d’aubaine (petite mention aussi de droit naturel). Je vais poursuivre mon post en ciblant uniquement la Belgique et la France puisque c’est à partir d’un problème les concernant que je me suis documentée sur le sujet. Pour les questions sur d’autres pays je vous recommande les pages et documents suivants :

  • « La nationalité avant la lettre » Article sur le site Persée. Les pratiques de naturalisation en France sous l’Ancien Régime y sont décrites. Écrit par Peter Sahlins, Sylvie Rab, Cécile Alduy.
  • « La citoyenneté dans l’Histoire » Article sur le site Herodote.net retraçant un historique des droits à travers les époques.

 Le jus sanguinis est la règle attribuant aux enfants le nationalité de leur parents quelque soit leur lieu de naissance, c’est le droit du sang. Le jus soli est la règle attribuant la nationalité à une personne en raison de sa naissance dans un territoire donné, c’est le droit du sol. Dans certains pays la règle suivie est celle du « double droit du sol », dans ce cas on tient compte du lieu de naissance et du lieu de naissance des parents (attribution de la nationalité d’un pays à la personne née sur son territoire et dont un parent y est également né). Mais tout ceci c’est la situation actuelle. Revenons en arrière…

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Jusqu’au XIVème siècle, on ne parlait pas vraiment de nationalité car chacun dépendait d’une seigneurie (pour plus d’information recherchez « droit d’aubaine »). Cependant, Louis le Hutin (Louis X) publie un édit le 03 juillet 1315 « selon le droit de nature, chacun doit naître franc ». L’autorité dominante n’est donc plus celle du seigneur, mais celle du roi.. Les enfants nés en France de parents étrangers deviennent français dès leur naissance.

Les lois ne sont pas immuables (et heureusement), ainsi en 1515, un arrêt du Parlement de Paris, au sujet de l’héritage, commence à introduire le jus soli. La constitution de 1791 expose la citoyenneté accordée les différents cas de filiation. En 1804 est promulgué le Code Civil, par lequel la nationalité se transmet du père, le droit du sang. 1851 voit venir l’introduction du double droit du sol et 1889 durcira les conditions d’attribution et de rétractation.

aubaine-sol-sang

Ainsi le cas de mon AAGPM se situe dans la période jus sanguini, son père étant Belge, né en Belgique, alors lui, bien que né en France est Belge. Il m’aurait alors été bien difficile de trouver ses  états signalétiques militaires et son matricule…



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