Retour sur « mon » 4ème week-end SNT

Persuadée que le 1 & 2 avril 2017 avait lieu le 4ème week-end « Sauvons Nos Tombes » organisé par Généanet, j’ai voulu participer. Pour une fois que j’étais disponible… Donc je vais me mettre un rappel et noter qu’en fait c’est le 5ème et qu’il a lieu les 8 et 9 avril 2017… Moi à côté de mes pompes ? Oui je crois que là c’est même pire que ça… Enfin c’est pas grave… Je vais tout de même vous raconter.

Ce week-end monsieur travaillait, donc j’étais libre comme l’air (non il ne me séquestre pas, mais disons qu’on a pas toujours les même centre d’intérêts). Ayant en mémoire le week-end SNT qui approchait, j’avais préparé durant la semaine mon planning qui comportait pas moins d’une demi-journée de libre pour ce que d’autres ont jugé comme une occupation glauque : prendre en photo les tombes du cimetière du village. Application téléchargée, batterie du téléphone au taquet. Me voici qui pénètre dans ce lieu de silence. Tout d’abord par où commencer ? Tant qu’à faire être aussi méthodique que possible, ne pas commencer par le milieu et se perdre dans le jeu du « déjà photographié ou pas ? » J’ai descendu l’allée la plus à droite et j’ai commencé mon petit boulot d’images.

Rangée A pour débuter, j’étais plus bien pour démarrer. Une tombe, deux tombes, trois tombes… Hum plus rien de lisible sur celle-ci. La suivante était sous la verdure et aucun signe nominatif. Je poursuis. Au fur et à mesure de mon avancée sur les rangées A et B, je me rends compte qu’il y a très peu de prénoms. La plus grande partie des tombes ne nomme que les familles, pas les individus. Tant pis je poursuis, avec les allées C & D. Et puis l’une d’elle me fait faire une pause… J’ai l’impression de ne pas être réveillée complètement, je suis à la limite de vérifier dans un calendrier le nombre de jours de février 1961…

4snt

Les passages entre les sépultures sont étroits voire parfois quasiment inexistants. Certaines semblent avoir traversé des siècles vue leur état et pourtant parfois l’état de la pierre n’est pas comparable à l’état de la plaque nominative. C’est presque déstabilisant de voir du presque neuf sur du si ancien. Je redresse une plante par-ci par-là. Et j’avance. Arrivée à 127 photographies prises la mémoire est saturée, il faut télécharger celle-ci sur le site afin de pouvoir poursuivre. Je débute le téléchargement (l’option de suppression automatique est vraiment bien). Pendant qu’il tourne, j’observe autour de moi la vie parmi les morts. Quelques personnes sont passées entretenir une sépulture à plusieurs rangées de moi. D’autres sont réunis autour d’un trépied à l’autre bout du cimetière. RIP à celui à qui ils sont venu rendre hommage. On m’observe. On me regarde. Je pense que les gens vérifiaient si je n’étais pas venu troubler le repos des anciens ou profaner leur dernière demeure.

Le transfert est terminé, 20% du cimetière est photographié. Sauf que je suis déjà là depuis presque 2h… E & F sont presque achevée, je continue mon périple dans les temps anciens. G & H se profilent dans mon objectif. La météo se joue de moi; J’ai commencé avec le vent, qui fut remplacé par la pluie, à présent je cuis littéralement sur place. Le soleil dans mon dos chauffe et semble déterminé à laisser des reflets et des ombres sur chacune des photos que je prends, lorsque le lierre ne s’improvise pas décor.

sepulture-lierre

I & J me voient débarquer entre elles. C’est surtout du « comme je peux » que de l’avancé régulière. Parfois il y a un espace grand comme une sépulture parfois il n’y a que la place d’un pied entre elles. Je prends le parti d’agir comme si la seconde option était unique. Troubler le repos des morts en leur marchant dessus par défaut de pierre tombale ? Personnellement ça me met mal à l’aise dans un cimetière. La plaque de verre gravée sur la tombe suivante est en morceaux éparpillés tout autour de la roche. Une photo avant, une photo après « puzzle ». Il manque des morceaux, la lecture ne sera pas aisée. Allées K & L. Un problème similaire se représente à moi, sauf que cette fois le verre n’est qu’en deux morceaux dont l’un trône sur le flanc de la sépulture alors que l’autre l’attend patiemment sur le dessus. Je repositionne la plaque, redresse la tête et je vois un vieux monsieur hocher de la tête en me voyant faire puis se détourner… Quand je vous disais qu’on m’observait.

Le temps passe et je dois partir. 40% du cimetière est ainsi photographié. J’ai mis presque 4h30 pour le faire. Je rentre et pendant le téléchargement des dernières photos je commence le travail d’indexation.



La rédaction de ma première chronique…

Ce ne fut pas une mince affaire que de rédiger cette première chronique. Depuis 20 ans que je travaille sur mon arbre généalogique, j’ai pu récupérer un nombre assez important de documents. Ils sont classés par SOSA, portent les prénoms et nom de l’ancêtre et enfin le type du document. Il me fallait d’abord déterminer de qui j’allais parler dans ma chronique, parmi tous ceux trouvés et retrouvés… Qui allait être le premier ?

60 - Albert Joseph AUBRUN

Pour établir mon choix j’ai pris un ancêtre que je ne pouvais pas avoir rencontré, mais assez proche pour espérer avoir suffisamment de matière et de documents pour rédiger son histoire. J’ai regardé mon arbre d’un peu plus près et j’ai arbitrairement choisi 4 générations au-dessus de moi, le grand-père de ma grand-mère qui vient tout juste de fêter ses 90 ans.

Mon inventaire à ce moment était composé de :

  • Son acte de naissance
  • Son acte de mariage avec Julia Emma MERCIER
  • Le recensement de 1906

Je savais qu’il avait eu au moins un fils, mon arrière-grand-père Félix Joseph et je connaissais les prénoms et nom de ses parents pour lesquels j’avais l’acte de mariage en plus de l’acte de naissance de sa mère.

Je me suis alors mise en quête de ses frères et sœurs, comme expliqué dans mon post « Retracer une lignée – Notion et Méthode perso« , j’ai commencé à éplucher les 3 tables décennales (naissances / mariages / décès). Étant né à Fourmies, j’ai commencé là-bas, mais il s’était marié à Ohain et son fils connu était né à Ohain, ainsi les tables décennales d’Ohain subirent le même sort. Voici à quoi ressemblait la lignée AUBRUN, jusqu’à mon arrière-grand-père sur Geneanet avant mes recherches.

lignée avant recherches

Ayant établi qu’il avait 1 sœur, 2 frères, 3 fils et 2 mariages, je me suis tournée vers le reste de sa vie. En étudiant les actes de naissances, mariages et décès trouvés, j’ai pu définir ses adresses successives. La liste n’est peut-être pas exhaustive, mais elle représente déjà un petit paquet de maisons où mon ancêtre vécu. Par la même occasion des informations sur son parcours professionnels vinrent s’ajouter à la liste de mes informations. Je ne vais pas vous retracer l’épopée sur ses états signalétiques militaires introuvables puisque tout est dans le post « D’aubaine en sol par le sang…« , mais je pense que j’ai bien du y consacrer au moins 8 heures de recherches sur 3 ou 4 jours. Voici donc à quoi ressemble la lignée AUBRUN, jusqu’à mon arrière-grand-père sur Geneanet après mes recherches.

lignée après recherches

Alors passons à la suite, les coupures de presse. La BNF et plus particulièrement son site Gallica allait être mon nouvel outil de recherche. Vous rappelez vous de mon post « Les JO sans faire de sport… » ? Les archives de nombreux journaux ont été numérisées et sont disponibles sur le site, en plus du JO (Journal Officiel). Après quelques recherches sur le nom de mon aïeul, j’ai pu retrouver les JO évoquant ses médailles professionnelles et celles concernant sa vie dans la musique municipale, ainsi que le journal décrivant la fête du centenaire de la musique municipale d’Ohain où mon AAGPM apparaît. Quelques recherches sur Fourmies et Ohain à cette époque afin de pouvoir lier l’Histoire à l’histoire d’Albert dans la mesure du possible. Ce point sera à retravailler car il n’a pas été assez creuser et encore moins utilisé.

Pour la mise en forme ce fut une histoire bien plus compliquée… Comment faire ? Par où démarrer ? Par ordre chronologique ou par thème ? avant de me décider sur toutes ces questions j’ai établi une chronologie des évènements depuis le mariage des parents d’Albert jusqu’au dernier document trouvé. J’ai utilisé des couleurs pour identifier les évènements, bleu pour les mariages, vert pour les naissances et ainsi de suite…

chronologie Albert

La partie la plus délicate et la plus indescriptible fut la rédaction en elle-même qui me prit plusieurs jours, un nombre incalculable de brouillon pour enfin réussir à écrire mon texte et me rendre compte après publication que je n’avais pas parlé de sa nationalité et donc de la partie militaire. Quelques documents manquaient et manquent encore, mais j’ai pu réduire la liste il y a quelques jours en mettant la main sur l’acte de décès de sa mère, Catherine Elisa.

Et vous ? Comment procédez-vous lorsque vous écrivez une chronique ? Votre première fut-elle aussi douloureuse que la mienne ?



D’aubaine en sol par le sang…

Au cours de mes recherches concernant ma première chronique et mon ancêtre Albert Joseph AUBRUN, je me suis retrouvée confrontée à un mini-mystère… Albert est né le 8 juin 1866 à Fourmies dans le Nord donc en France.  Souhaitant en apprendre plus sur mon aïeul, en plus des documents « de base » d’état civil, je me suis orientée vers les matricules militaires de la classe 1886… J’ai eu beau chercher dans divers circonscriptions, sur plusieurs années avant et après la date (au cas où il aurait été engagé volontaire, sait-on jamais), résultat : néant ! Au recensement de 1906, il est bien présent à Ohain (ville limitrophe française de Fourmies)… J’ai donc lancé une bouteille à la mer en espérant que quelqu’un aurait une idée sur un forum. Quelle idée grandiose ! Quand je vous dis que la généalogie c’est avant tout un échange !!!

Reprenons le recensement de 1906 :

60 - Recensement 1906 AUBRUN - MERCIER - AUBRUN

La colonne « 10 – Nationalité » était honteusement passée à la trappe lors de ma lecture ! Albert et ses 2 fils vivants sont belges et non Français… Mais pourtant ils sont nés à Fourmies et Ohain, 2 communes du nord de la France… Sauf que Jean Joseph, père d’Albert, était Belge. La nationalité à cette époque se transmettait par le sang et non pas le sol. Je me suis donc penchée un peu sur le sujet et j’ai découvert qu’avant le droit du sol tel qu’on le connait aujourd’hui en France existait le droit du sang et bien encore avant le droit d’aubaine (petite mention aussi de droit naturel). Je vais poursuivre mon post en ciblant uniquement la Belgique et la France puisque c’est à partir d’un problème les concernant que je me suis documentée sur le sujet. Pour les questions sur d’autres pays je vous recommande les pages et documents suivants :

  • « La nationalité avant la lettre » Article sur le site Persée. Les pratiques de naturalisation en France sous l’Ancien Régime y sont décrites. Écrit par Peter Sahlins, Sylvie Rab, Cécile Alduy.
  • « La citoyenneté dans l’Histoire » Article sur le site Herodote.net retraçant un historique des droits à travers les époques.

 Le jus sanguinis est la règle attribuant aux enfants le nationalité de leur parents quelque soit leur lieu de naissance, c’est le droit du sang. Le jus soli est la règle attribuant la nationalité à une personne en raison de sa naissance dans un territoire donné, c’est le droit du sol. Dans certains pays la règle suivie est celle du « double droit du sol », dans ce cas on tient compte du lieu de naissance et du lieu de naissance des parents (attribution de la nationalité d’un pays à la personne née sur son territoire et dont un parent y est également né). Mais tout ceci c’est la situation actuelle. Revenons en arrière…

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Jusqu’au XIVème siècle, on ne parlait pas vraiment de nationalité car chacun dépendait d’une seigneurie (pour plus d’information recherchez « droit d’aubaine »). Cependant, Louis le Hutin (Louis X) publie un édit le 03 juillet 1315 « selon le droit de nature, chacun doit naître franc ». L’autorité dominante n’est donc plus celle du seigneur, mais celle du roi.. Les enfants nés en France de parents étrangers deviennent français dès leur naissance.

Les lois ne sont pas immuables (et heureusement), ainsi en 1515, un arrêt du Parlement de Paris, au sujet de l’héritage, commence à introduire le jus soli. La constitution de 1791 expose la citoyenneté accordée les différents cas de filiation. En 1804 est promulgué le Code Civil, par lequel la nationalité se transmet du père, le droit du sang. 1851 voit venir l’introduction du double droit du sol et 1889 durcira les conditions d’attribution et de rétractation.

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Ainsi le cas de mon AAGPM se situe dans la période jus sanguini, son père étant Belge, né en Belgique, alors lui, bien que né en France est Belge. Il m’aurait alors été bien difficile de trouver ses  états signalétiques militaires et son matricule…



Nos ancêtres avaient de l’humour

Parfois lorsque je fais une recherche d’acte d’état civil, je prends un peu de temps pour regarder autour. C’est dans des moments comme celui-ci que l’on trouve des références aux quelles on ne s’attendait pas ou encore des dénominations insolites. En plein recherches dans les registres NMD d’Anor (59) couvrant les années 1831-1854, j’ai pu découvrir la naissance de Romain Jules César (c’est tout de même historique non ?).

nos ancêtres avaient de l humour - Anor - 1831-1854 NMD

Quelques jours auparavant j’étais en pleine lecture d’un registre paroissial de Rocroi (08) partant sur la période 1776-1780. Deux choses m’ont interpellée, la première fut les « statistiques » apportées sur le registre. En soit rien de transcendant, mais je n’y avais jusqu’ici jamais fait attention. Je pense que c’était courant, mais n’ayant pas porté mon attention sur ces notations, je ne m’en étais pas encore rendue compte.

premières stat - ardennes - rocroi - 1776-1780

La seconde fut au sein même d’un acte. Le prêtre en 1780 lors d’un baptême se désigne par son « titre » et ses études et non pas par ses nom et prénoms. La signature répétitive dans le registre donne un indice, mais il n’est pas clairement nommé dans l’acte de baptême. Il me faudra me renseigner pour savoir si la pratique était courante.

AD08 - Etudes du prêtre sur acte de naissance 1780 Rocroi



J’ai retrouvé Zénonne !

Dans les temps anciens (j’adore cette phrase), il était de tradition de donner à l’enfant les prénoms de membres de la famille ou des prénoms religieux. Je ne compte pas les Joseph et les Marie présents dans les branches découvertes jusqu’ici, ça donnerait le tournis à une toupie, c’est vous dire. Ma grand-mère paternelle avait 3 prénoms. Le 3ème m’intriguait depuis des années sans connaître son origine : Zénonne. Dans l’arbre généalogique, jusque-là rien. J’ai eu beau le secouer, le retourner dans tous les sens : RIEN ! Le grand néant me narguait. Le silence répondait à mes questions. La clé de l’énigme restait introuvable…

Je pense qu’on est d’accord qu’au niveau prénom peu courant celui-ci est pas mal dans son genre. J’ai cherché dans au moins 2 livres de prénoms différents pas une trace de Zénonne :

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Je me suis alors demandé si ce n’était pas un prénom inventé, mais cela ne me menait à rien, les contemporains vivants étant peu nombreux pour ne pas dire tous éteints, donc aucune réponse possible de leur part. Mon mystère restait entier. Pas plus de chance sur les sites spécialisés que dans les livres… Et puis au cours de mes recherches généalogiques, alors que je ne cherchais plus directement d’où pouvait venir ce 3ème prénom, la solution est venue à moi. Jeanne la mère de ma grand-mère avait 2 frères. L’aîné, Hector, épousa en 1921 une demoiselle du pays prénommée : Zénonne Marie.

Je soupçonne que Zénonne fut la marraine de ma grand-mère. Il me faudra l’acte de baptême pour le confirmer, mais voici déjà sur l’arbre le lien que j’ai trouvé entre ma grand-mère et son 3ème prénom.

de zénonne à zénonne

Autant dire pour conclure, que je n’ai trouvé aucune autre Zénonne pour l’instant dans mes branches directes et indirectes…



Un autre monde… [seconde visite troublante]

Lors de ma première visite en ce lieu sacré pour les âmes en recherche d’informations que sont les Archives Départementales je fus fort bien accueillie et guidée. Histoire de simplifier mon récit je vais nommer Nicolas le président de salle (je ne sais pas comment il se prénomme, donc je lui donne arbitrairement le prénom que je veux). Nicolas m’a instruit des règles de la salle et m’a expliqué sur un cas concret comment procéder pour trouver registre ou microfilm et les commander. Il m’a même montré comment procéder avec la visionneuse puis fournis des documents relatifs à la calligraphie allemande et aux actes en allemand car n’oublions pas que la Moselle ne fut pas toujours Française…

Ma seconde visite fut tout autre. Nicolas n’était pas présent. Ou alors il avait bien changé puisque à sa place c’était une dame, enfin je devrais dire un dragon… Nommons la Denise (je m’excuse pour toutes les Denise de Navarre et d’ailleurs, il fallait bien lui donner un prénom…). À mon entrée en salle de lecture, Denise trônait en tant que présidente de salle. Vous verrez que je pèse mes mots… Je lui ai chuchoté un bonjour qui est resté sans autre réponse qu’un regard peu amical. Je prends place à la table 10 (je sais pas pourquoi, mais j’aime bien cette table et je m’y installe à chaque visite). Arrive un homme (alors lui je vais l’appeler Robert), peu discret dans sa démarche et à la voix forte, il débarque dans la salle de visionnage en même temps que moi.

Robert c’est le genre d’homme très hautain, auprès de qui le monde entier devait se prosterner (enfin c’est de son attitude que je déduis cela), tout lui était dû… D’une patience d’ange, d’une discrétion exemplaire et l’air tellement calme et absolument pas sanguin… Enfin bref tout ça pour dire que sa présence était déconcertante, « déconcentrante » et à fuir… Donc je ne suis pas restée plus que nécessaire dans la salle de lecture des microfilms, je suis retournée bien vite aux registres papier… Se présente alors un homme assez âgé, disons que lui c’est Georges. Georges c’est le contraire de Robert et Denise.

Georges, c’est l’homme qui respecte le silence des lieux. Georges, c’est le genre de personne qui a toujours peur de déranger. Il n’est pas vraiment dans son élément ici. On le sait, c’est visible. Il est mal à l’aise et complètement perdu. Prenant son courage à deux mains, Georges a demandé à Denise de l’aide pour trouver le seul document qu’il est venu chercher : « Vous comprenez, ça fait presque 10 ans que je ne suis pas venu, je suis un peu perdu dans la marche à suivre. » Denise, d’une voix forte pour montrer qu’elle est souveraine ici et affirmer sa position en ces lieux lui a expliquer à la vitesse d’une mitraillette automatique la méthode. Le tout, s’il vous plait, dans un jargon informatique qui a noyé le pauvre Georges en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Lorsqu’il a eu l’audace (sentez bien toute l’ironie qui transpire ici) de lui demander de répéter un peu plus lentement, Denise a envoyé Georges à la table des catalogues en lui rétorquant « Je viens déjà de tout vous expliquer !« . Dire que j’étais outrée est un doux euphémisme.

Étant moi-même à la table des catalogues, j’ai chuchoté à Georges que je pouvais essayer de l’aider s’il voulait. J »ai pu voir fleurir un sourire sur ses lèvres et de la reconnaissance dans son regard. Nous avons donc cherché ensemble dans les catalogues de registres et de microfilms la référence du document dont Georges avait besoin. Nous déplaçant au pc, j’ai montré à Georges comment faire. « C’était pas comme ça à ma dernière visite. Il n’y avait même pas d’ordinateur. » Ah ben oui là forcément, ça doit faire bizarre… Et là nouvelle surprise ! Si mon numéro de lectrice comporte 5 chiffres, celui de Georges lui n’en comporte que 3 !

La malchance de Georges ne s’est hélas pas arrêtée au trône du dragon puisque l’unique document que Georges souhaitait consulter n’était pas disponible (en désinfection ou restauration je crois). La seule personne qui aurait pu le renseigner sur la durée des travaux et donc la durée d’attente étant le dragon Georges a préféré abandonné, refusant même que je demande moi-même. J’ai vu Georges repartir tout penaud de sa vaine recherche qui suivait un accueil déplorable… Pauvres aînés !



Une presque mention insolite

Je n’ai pas trouvé pour l’instant de mention insolite. Mais voici tout de même une petite bourde faite dans une mairie lors d’une préparation de table décennales…

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Il est question du décès d’un de mes aïeux. Celui-ci mourut le 30 avril 1891 et la déclaration fut faire le 1er mai 1891. L’agent d’état civil en recopiant la date, soit depuis l’acte de décès, soit depuis la table annuelle, s’est un peu emmêlé les pinceaux. Ainsi avril 1891 ne comporte plus 30, mais 31 jours…

 



La presse ancienne à votre rescousse…

En balade ce week-end dans divers magasins, j’ai fait une halte dans l’un d’eux connu pour ses articles de culture (films / livres / arts créatifs…). Je suis bien entendu ressortie avec 3 nouveaux guides de généalogie. Je vais vous présenter aujourd’hui « Utiliser la presse ancienne en généalogie » de Laurence Abensur-Hazan. (Je vous renvoie directement sur son site pour plus d’information sur elle plutôt que de faire de la paraphrase).

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Si la presse existe depuis plusieurs siècles, ce n’est que depuis 2 siècles (et demi) que celle-ci est libre en France, depuis la déclaration des droits de l’homme et du citoyen en 1789 qui garantit la liberté d’expression et de pensée. L’alphabétisation de la population en hausse (presque 95% en France avant la première guerre mondiale) contribua grandement à son développement et son expansion.

Utilisée pour informer, certains titres se spécialisent dans les thèmes, mais on voit également apparaître la presse d’opinion, celle qui amène au débat. Mensuelle, bimensuelle, hebdomadaire, quotidienne… La presse est diverse tant par la forme, le contenu, la récurrence de publication… Alors que d’un côté on trouvera une feuille unique de l’autre c’est un recueil de plusieurs pages. Local, régional, national ou international, chaque journal suit une ligne directrice qui lui est propre…

Mais que trouve-t-on dans ce que l’on appelle vulgairement « feuilles de choux » et qui ne sortent pas d’un potager ?

Naissances, mariages, décès peuvent faire l’objet d’encart ou d’articles, même si bien souvent il faut être au minimum une personnalité locale pour y paraître. Dramatiques, mais utiles, les faits-divers peuvent répondre à certaines questions (décès prématuré par exemple). Les petites annonces, mais également les anecdotes vous permettront d’en savoir plus sur la vie des uns et des autres. J’ai ainsi découvert des articles sur l’achat d’une voiture par un couple dans un petit village… Les têtes blondes ne sont pas en reste puisque bien souvent on y fait mention des voyages ou encore des examens… Si Monsieur Untel a sauvé Mademoiselle Bidule de la noyade, son acte héroïque apparaîtra également dans la presse.

Pour le reste, je pense que regarder la table des matière du livre est encore plus explicite, en voici un extrait :

Naissances, Mariages et Décès
Scolarité et profession
Listes nominatives très variées
Faits divers et actes héroïques
Données sur les biens et le patrimoine
Informations sur les successions
Informations commerciales

Comme vous le voyez sur la photo au-dessus et celle plus bas j’ai déjà commencé à mettre des repères dans ce livre qui est franchement très intéressant et complet. Lorsque ma lecture sera achevée, j’aurais peut-être plus à en dire encore…

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Sous le voile…

Il y a quelques années, j’ai assisté à un mariage où les époux furent entourés d’un genre d’étole pendant la bénédiction par le curé. Je ne connaissais pas cette coutume et pour être franche j’avais presque oublié cet évènement. Cependant, il vient de m’être remémoré en lisant « Enfants abandonnés, enfants sans père » car je suis tombée sur une peinture représentant un « mariage sous le voile dans les années 1860″. J’ai alors découvert que ce genre de mariage servaient souvent à légitimer les enfants nés hors mariage. Voici un extrait de l’explication :

Sous l’ancien régime, les enfants naturels étaient légitimés lors du mariage des parents. Cette légitimation prenait la forme symbolique de la « mise sous le voile » de l’enfant lors de la cérémonie du mariage.

Maintenant, il est nécessaire de se plonger dans les livres d’Histoire et de coutumes religieuses pour comprendre un peu plus celle-ci et sa signification. Le mariage chrétien est une invention du Moyen-âge. Le rite romain est celui pratiqué depuis des siècles, sa description est dans cet extrait de Histoire générale des cérémonies, mœurs, et coutumes religieuses de tous les peuples du monde de Bernard Picart : « un ruban large, qui servait à unir et lier ensemble les deux époux, qu’on mettait ainsi en quelque sorte sous le même joug« .

Au niveau explications historiques, je vous propose tout simplement celle donné sur le site « Passion généalogie et Histoires normandes » qui est très complète :

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Un autre monde… [première visite]

Je suis entrée dans un autre monde… Un monde où le silence est roi et où l’information est sa reine : Les archives départementales de Moselle !

Pour moi c’était une grande première, je n’avais jusque là encore jamais mis les pieds dans un tel lieu. Petite je ne savais pas ce que j’y trouverais, plus tard je n’avais soit pas le temps soit pas j’étais trop impressionnable pour oser y pointer le bout de mon nez… C’est puérile, mais tant pis… Lieux sacré de l’information, temple des ressources historiques, tombeau du passé conservé… Moi, généalogiste amateur, en quête d’un passé familiale, simple jeune femme sans de grandes connaissances encyclopédiques, comment m’aurait-on admise dans une telle salle d’études ?

Ah c’est sûr que ma vision était un peu erronée et très idéaliste, mais il n’en reste pas moi que le côté romanesque en moins je suis restée très sensible à cet endroit.

Tout commence à l’entrée du parking, un peu à l’écart du reste des bâtiments de la zone, boisé d’une part, de l’herbe de l’autre et pour finir quelques places (à première vue je dirais une 50taine de places et encore). Si peu pour un si grand bâtiment on reste tout de même sur la notion d’accès « aux élus » (je vous avais prévenu pour le côté piédestal non ?), en fait c’est juste que peu de monde vient donc peu de besoin au niveau stationnement… Le côté intimidant s’estompe un peu dans le hall, mais pas complètement. À droite des casiers à clé pour déposer vos affaires, car une fois enregistré (si c’est votre première visite en ces lieux) ils vous faudra déposer là vos affaires pour ne garder avec vous que des feuilles volantes (pas de cahier, pas de pochette, pas de farde, pas de classeur…) et un crayon à papier (aussi dénommé suivant les régions de crayon gris ou de crayon de bois). Vous avez le droit à un ordinateur ou une tablette ainsi qu’à un appareil photographique. Un numéro de lecteur vous est attribué, il est votre sésame pour entrer dans cette grotte aux mille merveilles…

Une fois gravi l’escalier vous accédez à la salle de lecture. Le silence est de mise, même si certains ne comprennent pas le sens du terme ni même qu’il soit allié au mot « discrétion »… Le calme est presque aussi religieux que dans une église, s’en est reposant et en même temps étouffant. Un îlot central massif, des tables de travail version bibliothèque universitaire américaine (oui oui avec les lampes de bureau dorées et vertes…), tout autour des étagères de classeurs et livres, au fond un comptoir…

Si vous avez besoin d’un renseignement c’est au chef de salle qu’il faut parler, il vous indiquera comment faire une recherche et obtenir le trésor d’archive de vos rêves… Le principe est simple, dans un classeur les références, vous l’entrez dans l’ordinateur grâce à votre numéro de lecteur et dans les 10-15 min suivantes vous vous présentez au comptoir pour retirer le registre ou le microfilm (ou autre document comme par exemple livre, carte…) puis vous le consultez à la table de travail que vous avez au préalable réservé…

Je suis restée environ 4h pour cette première visite, puis chez moi j’ai dépouillé toutes les photos prises pour les classer, ranger, répertorier et joindre aux bonnes fiches. Au final : 12 actes !



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