La rédaction de ma première chronique…

Ce ne fut pas une mince affaire que de rédiger cette première chronique. Depuis 20 ans que je travaille sur mon arbre généalogique, j’ai pu récupérer un nombre assez important de documents. Ils sont classés par SOSA, portent les prénoms et nom de l’ancêtre et enfin le type du document. Il me fallait d’abord déterminer de qui j’allais parler dans ma chronique, parmi tous ceux trouvés et retrouvés… Qui allait être le premier ?

60 - Albert Joseph AUBRUN

Pour établir mon choix j’ai pris un ancêtre que je ne pouvais pas avoir rencontré, mais assez proche pour espérer avoir suffisamment de matière et de documents pour rédiger son histoire. J’ai regardé mon arbre d’un peu plus près et j’ai arbitrairement choisi 4 générations au-dessus de moi, le grand-père de ma grand-mère qui vient tout juste de fêter ses 90 ans.

Mon inventaire à ce moment était composé de :

  • Son acte de naissance
  • Son acte de mariage avec Julia Emma MERCIER
  • Le recensement de 1906

Je savais qu’il avait eu au moins un fils, mon arrière-grand-père Félix Joseph et je connaissais les prénoms et nom de ses parents pour lesquels j’avais l’acte de mariage en plus de l’acte de naissance de sa mère.

Je me suis alors mise en quête de ses frères et sœurs, comme expliqué dans mon post « Retracer une lignée – Notion et Méthode perso« , j’ai commencé à éplucher les 3 tables décennales (naissances / mariages / décès). Étant né à Fourmies, j’ai commencé là-bas, mais il s’était marié à Ohain et son fils connu était né à Ohain, ainsi les tables décennales d’Ohain subirent le même sort. Voici à quoi ressemblait la lignée AUBRUN, jusqu’à mon arrière-grand-père sur Geneanet avant mes recherches.

lignée avant recherches

Ayant établi qu’il avait 1 sœur, 2 frères, 3 fils et 2 mariages, je me suis tournée vers le reste de sa vie. En étudiant les actes de naissances, mariages et décès trouvés, j’ai pu définir ses adresses successives. La liste n’est peut-être pas exhaustive, mais elle représente déjà un petit paquet de maisons où mon ancêtre vécu. Par la même occasion des informations sur son parcours professionnels vinrent s’ajouter à la liste de mes informations. Je ne vais pas vous retracer l’épopée sur ses états signalétiques militaires introuvables puisque tout est dans le post « D’aubaine en sol par le sang…« , mais je pense que j’ai bien du y consacrer au moins 8 heures de recherches sur 3 ou 4 jours. Voici donc à quoi ressemble la lignée AUBRUN, jusqu’à mon arrière-grand-père sur Geneanet après mes recherches.

lignée après recherches

Alors passons à la suite, les coupures de presse. La BNF et plus particulièrement son site Gallica allait être mon nouvel outil de recherche. Vous rappelez vous de mon post « Les JO sans faire de sport… » ? Les archives de nombreux journaux ont été numérisées et sont disponibles sur le site, en plus du JO (Journal Officiel). Après quelques recherches sur le nom de mon aïeul, j’ai pu retrouver les JO évoquant ses médailles professionnelles et celles concernant sa vie dans la musique municipale, ainsi que le journal décrivant la fête du centenaire de la musique municipale d’Ohain où mon AAGPM apparaît. Quelques recherches sur Fourmies et Ohain à cette époque afin de pouvoir lier l’Histoire à l’histoire d’Albert dans la mesure du possible. Ce point sera à retravailler car il n’a pas été assez creuser et encore moins utilisé.

Pour la mise en forme ce fut une histoire bien plus compliquée… Comment faire ? Par où démarrer ? Par ordre chronologique ou par thème ? avant de me décider sur toutes ces questions j’ai établi une chronologie des évènements depuis le mariage des parents d’Albert jusqu’au dernier document trouvé. J’ai utilisé des couleurs pour identifier les évènements, bleu pour les mariages, vert pour les naissances et ainsi de suite…

chronologie Albert

La partie la plus délicate et la plus indescriptible fut la rédaction en elle-même qui me prit plusieurs jours, un nombre incalculable de brouillon pour enfin réussir à écrire mon texte et me rendre compte après publication que je n’avais pas parlé de sa nationalité et donc de la partie militaire. Quelques documents manquaient et manquent encore, mais j’ai pu réduire la liste il y a quelques jours en mettant la main sur l’acte de décès de sa mère, Catherine Elisa.

Et vous ? Comment procédez-vous lorsque vous écrivez une chronique ? Votre première fut-elle aussi douloureuse que la mienne ?



Degrès d’instruction

Il y a quelques temps je vous parlais du livre « Les signatures de nos ancêtres, ou l’apprentissage d’un geste« , dans celui-ci nous parlions entre autres choses du lien entre le degrés d’instruction et la signature. Pour les hommes, on peut confirmer ou infirmer les informations ainsi déduites grâce aux états signalétiques militaires.  Les AD71 ont mis en ligne un document au format PDF « Pour mieux lire et comprendre un feuillet matricule » qui donne de nombreuses indications sur ces fiches. Voici, dans ce post, trois exemples piochés parmi mes ancêtres :

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Si on se focalise uniquement sur les degrés d’instruction voici ce que nous pouvons apprendre sur un soldat :

  • 0 : ne sait ni lire ni écrire
  • 1 : sait lire uniquement
  • 2 : sait lire et écrire
  • 3 : a une instruction primaire plus développée
  • 4 : a obtenu le brevet de l’enseignement primaire
  • 5 : bachelier, licencié… (le diplôme est précisé)
  • X : dont on n’a pu vérifier l’instruction

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Le site Le Parcours Du Combattant De La Guerre 1914-1918 propose une page d’explications très détaillée et fort bien illustrée sur la fiche matricule et plus particulièrement sur l’identité et l’instruction du soldat. des pistes pour approfondir le sujet sont proposés après une tableau de statistiques sur l’instruction des classes 109/1907/1910/1911. Sur cette page on trouve également les renseignements sur la granularité de ce degré d’instruction avec « générale/militaire ».

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D’aubaine en sol par le sang…

Au cours de mes recherches concernant ma première chronique et mon ancêtre Albert Joseph AUBRUN, je me suis retrouvée confrontée à un mini-mystère… Albert est né le 8 juin 1866 à Fourmies dans le Nord donc en France.  Souhaitant en apprendre plus sur mon aïeul, en plus des documents « de base » d’état civil, je me suis orientée vers les matricules militaires de la classe 1886… J’ai eu beau chercher dans divers circonscriptions, sur plusieurs années avant et après la date (au cas où il aurait été engagé volontaire, sait-on jamais), résultat : néant ! Au recensement de 1906, il est bien présent à Ohain (ville limitrophe française de Fourmies)… J’ai donc lancé une bouteille à la mer en espérant que quelqu’un aurait une idée sur un forum. Quelle idée grandiose ! Quand je vous dis que la généalogie c’est avant tout un échange !!!

Reprenons le recensement de 1906 :

60 - Recensement 1906 AUBRUN - MERCIER - AUBRUN

La colonne « 10 – Nationalité » était honteusement passée à la trappe lors de ma lecture ! Albert et ses 2 fils vivants sont belges et non Français… Mais pourtant ils sont nés à Fourmies et Ohain, 2 communes du nord de la France… Sauf que Jean Joseph, père d’Albert, était Belge. La nationalité à cette époque se transmettait par le sang et non pas le sol. Je me suis donc penchée un peu sur le sujet et j’ai découvert qu’avant le droit du sol tel qu’on le connait aujourd’hui en France existait le droit du sang et bien encore avant le droit d’aubaine (petite mention aussi de droit naturel). Je vais poursuivre mon post en ciblant uniquement la Belgique et la France puisque c’est à partir d’un problème les concernant que je me suis documentée sur le sujet. Pour les questions sur d’autres pays je vous recommande les pages et documents suivants :

  • « La nationalité avant la lettre » Article sur le site Persée. Les pratiques de naturalisation en France sous l’Ancien Régime y sont décrites. Écrit par Peter Sahlins, Sylvie Rab, Cécile Alduy.
  • « La citoyenneté dans l’Histoire » Article sur le site Herodote.net retraçant un historique des droits à travers les époques.

 Le jus sanguinis est la règle attribuant aux enfants le nationalité de leur parents quelque soit leur lieu de naissance, c’est le droit du sang. Le jus soli est la règle attribuant la nationalité à une personne en raison de sa naissance dans un territoire donné, c’est le droit du sol. Dans certains pays la règle suivie est celle du « double droit du sol », dans ce cas on tient compte du lieu de naissance et du lieu de naissance des parents (attribution de la nationalité d’un pays à la personne née sur son territoire et dont un parent y est également né). Mais tout ceci c’est la situation actuelle. Revenons en arrière…

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Jusqu’au XIVème siècle, on ne parlait pas vraiment de nationalité car chacun dépendait d’une seigneurie (pour plus d’information recherchez « droit d’aubaine »). Cependant, Louis le Hutin (Louis X) publie un édit le 03 juillet 1315 « selon le droit de nature, chacun doit naître franc ». L’autorité dominante n’est donc plus celle du seigneur, mais celle du roi.. Les enfants nés en France de parents étrangers deviennent français dès leur naissance.

Les lois ne sont pas immuables (et heureusement), ainsi en 1515, un arrêt du Parlement de Paris, au sujet de l’héritage, commence à introduire le jus soli. La constitution de 1791 expose la citoyenneté accordée les différents cas de filiation. En 1804 est promulgué le Code Civil, par lequel la nationalité se transmet du père, le droit du sang. 1851 voit venir l’introduction du double droit du sol et 1889 durcira les conditions d’attribution et de rétractation.

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Ainsi le cas de mon AAGPM se situe dans la période jus sanguini, son père étant Belge, né en Belgique, alors lui, bien que né en France est Belge. Il m’aurait alors été bien difficile de trouver ses  états signalétiques militaires et son matricule…



Un ancêtre, Une histoire (1)

Mon premier post « Un ancêtre, une histoire » portera sur mon AAGPM : Albert Joseph AUBRUN. C’est ma toute première chronique, elle est loin d’être parfaite, mais je me rends compte grâce à elle que l’exercice est encore plus difficile ce que j’avais imaginé… Je ferais un post pour expliquer ma démarche, il serait intéressant (et pas que pour moi) je pense que ceux et celles qui se sont déjà plié(e)s à ce genre d’exercices commentent, critiquent et conseillent le cheminement que j’ai réalisé. Je vais mettre en bleu mes commentaires concernant les recherches à faire pour compléter mon récit.

Vendredi 8 juin 1866, Jean Joseph AUBRUN a 28 ans, il est ouvrier d’une des 37 filatures de la ville où il est domicilié : Fourmies dans le Nord. Mais s’il se présente ce jour en mairie c’est pour déclarer qu’hier à six heures du soir son épouse depuis 1863 Catherine Elisa WILLAMME a donné naissance en leur foyer (Rue de la Haut) à Albert Joseph AUBRUN, leur fils et second enfant d’une fratrie qui en comptera 4. En effet, en 1864 est née Sidonie Elisa AUBRUN (Hameau des Trieux-de-villers à Fourmies), sœur aînée d’Albert et en 1872 et 1875 naîtront respectivement Gustave AUBRUN son cadet (Hameau des Trieux-de-villers à Fourmies) et Ernest AUBRUN le benjamin (Rue du Défriché à Fourmies).

 

rue de la haut

Source : Google Maps

 

En 1878, Albert devient musicien (Je cherche encore des informations sur le ou les instrument(s) qu’il jouait) et le sera pendant près de 60 ans, c’est pourquoi en septembre 1938, lors du centenaire de la musique municipale d’Ohain (commune limitrophe de Fourmies) il sera mis à l’honneur avec, entre autres, messieurs HUFTIER, DUBOIS et BLAISE. Il y reçoit alors la médaille de la confédération musicale avec deux agrafes pour 60 années de présence, il était déjà titulaire de l’Étoile Fédérale (50 ans).

Journal 16091938 Ohain - Centenaire Musique Municipale - Albert Joseph AUBRUN

Source : « L’Égalité de Roubaix-Tourcoing »

Albert est âgé de 18 ans, lorsque sa sœur de 2 ans son aînée quitte le domicile familial. Sidonie se marie en effet le lundi 02 février 1885 à Fourmies avec Clovis BARBE. 2 publications dans le  journal de Fourmies les 22 et 25 janvier 1885 dans le Journal de Fourmies annonçaient la promesse de mariage alors le jeudi 05 février c’est cette fois le mariage de la petite couturière de la famille et de son tisseur d’époux qui y est annoncé.

hors série - journal mariage Sidonie AUBRUN

Sources : Journal de Fourmies

La filature est en plein essor et Fourmies s’étend toujours plus car les ouvriers affluent. D’autres sont du pays comme on dit et c’est le cas d’Albert qui est devenu fileur. À l’aube de ses 24 ans, Albert épouse le lundi 07 avril 1890 Julia Emma MERCIER. La jeune femme est d’Ohain, village limitrophe de la fourmilière tisserande. Comme sa belle-sœur, Julia est couturière. Le foyer formé par les nouveaux époux s’agrandit bien vite puisque 2 ans après les noces, un petit garçon prénommé Lucien Albert voit le jour le vendredi 24 avril 1892.

Le jeudi 12 juillet 1894, Gustave se marie, la nouvelle belle-sœur d’Albert se nomme Marie Alphonsine NINITE. La petite nouvelle est âgée de 20 ans et originaire elle aussi de Fourmies. La famille vit une première fois le deuil avec le décès de Sidonie le 02 mars 1895 à l’âge de 30 ans. Il semblerait qu’elle ne laisse aucune descendance, Clovis est seul.

Samedi 08 août 1896 et lundi 29 août 1898, la famille AUBRUN dont Albert est le chef s’agrandit. Abel Albert Joseph et Félix Joseph naissent à Ohain où la famille a emménagé. Les années s’annoncent sous le signe des rires d’enfants. Albert, père de famille de trois garçonnets a changé de métier, la route Ohain-Fourmies à l’aube du XXème siècle dans la campagne ch’timi n’est pas encore motorisée pour tout le monde bien au contraire. Albert est devenu  graisseur dans une entreprise familiale du village, la « maison-Ernest Degousée et Ce ».

Hélas le mardi 13 septembre 1904, alors âgé de 12 ans, Lucien Albert décède en la maison familiale, rue de Véreuse à Ohain. C’est pourquoi lors du recensement de 1906, les enfants AUBRUN ne sont plus que deux. La famille déménage et vit à présent rue Neuve, juste à côté de la famille Edmond DEGOUSEE pour laquelle Albert travaille. Le monde est vraiment petit.

60 - Recensement 1906 AUBRUN - MERCIER - AUBRUN

Sources : Archives Départementales

La mort frappe à nouveau la famille et cette fois-ci c’est Julia qui décède le vendredi 03 février 1911. Albert doit dès lors s’occuper seul de ses deux garçons de 15 et 13 ans. C’est très certainement l’une des raisons des secondes noces d’Albert le samedi 22 juin 1912 Victorine Marie BASTIEN à Ohain, il est alors proche de la cinquantaine et est devenu magasinier à la filature DEGOUSEE. Il sera d’ailleurs récompensé en 1924 de la médaille Vermille du travail et en 1929 de la médaille d’Argent du travail en qualité de magasinier de la maison Ernest Degousée.

Alors que Gustave projette de se remarier lui aussi, leur père, Jean Joseph décède le mardi 23 mars 1920 (Je n’ai pas encore trouvé trace du décès de son épouse, Catherine Elisa WILLAMME). Gustave épousera en seconde noces Léa Thérèse Marie PARISOT le samedi 11 septembre 1920.

Après son frère, Albert voit ses deux fils se marier, ainsi Félix Joseph quittera le foyer pour fonder le sien le samedi 16 juillet 1921, il épouse alors Pauline Adèle PRINCE, une fille du village, retoucheuse de métier. Abel Albert Joseph suit son exemple l’année suivante en épousant Marguerite Suzanne BASSET le samedi 18 novembre 1922.

De ces deux unions naitront plusieurs petits-enfants (8 recensés jusqu’ici), prêt à faire le bonheur de leur grand-père Albert.

La date de décès d’Albert n’est pas connue à ce jour. J’espère pouvoir dans quelques mois ou années compléter mon récit avec d’autres informations.



Nos ancêtres avaient de l’humour

Parfois lorsque je fais une recherche d’acte d’état civil, je prends un peu de temps pour regarder autour. C’est dans des moments comme celui-ci que l’on trouve des références aux quelles on ne s’attendait pas ou encore des dénominations insolites. En plein recherches dans les registres NMD d’Anor (59) couvrant les années 1831-1854, j’ai pu découvrir la naissance de Romain Jules César (c’est tout de même historique non ?).

nos ancêtres avaient de l humour - Anor - 1831-1854 NMD

Quelques jours auparavant j’étais en pleine lecture d’un registre paroissial de Rocroi (08) partant sur la période 1776-1780. Deux choses m’ont interpellée, la première fut les « statistiques » apportées sur le registre. En soit rien de transcendant, mais je n’y avais jusqu’ici jamais fait attention. Je pense que c’était courant, mais n’ayant pas porté mon attention sur ces notations, je ne m’en étais pas encore rendue compte.

premières stat - ardennes - rocroi - 1776-1780

La seconde fut au sein même d’un acte. Le prêtre en 1780 lors d’un baptême se désigne par son « titre » et ses études et non pas par ses nom et prénoms. La signature répétitive dans le registre donne un indice, mais il n’est pas clairement nommé dans l’acte de baptême. Il me faudra me renseigner pour savoir si la pratique était courante.

AD08 - Etudes du prêtre sur acte de naissance 1780 Rocroi



L’heure du bilan

Pour beaucoup de monde, le changement d’année est le moment choisi pour faire le bilan de celle écoulée. Je vais faire ici comme tout le monde, faire le bilan de 2016 et en profiter pour détailler ce que je voudrais pouvoir réaliser en 2017. Pourquoi est-ce que je ne le fait que maintenant ? Parce que j’ai longtemps hésité entre janvier et avril… Faire le bilan à l’année nouvelle ou faire le point 1 an après le début de l’aventure « blog » ? Je me suis finalement décidée… Commençons donc par 2016 :

  1. La création du blog Jennialogie. Cela faisait un bout de temps que je voulais formuler ma généalogie autrement et surtout partager mon aventure. Parfois par le biais de recherches généalogiques, parfois par le biais de recherches thématiques. Les livres ayant un grande importance dans ma vie de tous les jours je ne pouvais pas faire sans en présenter quelques un au fil des posts. Le format n’est pas celui que j’avais en tête au départ. Je dois bien avouer que le mot « blog » garde une forte connotation négative au fin fond de mon petit cerveau, mais c’est cependant le format qui se prête le mieux à la publication et aux échanges. Mon opinion progressant de plus en plus vers le côté positif de la balance. Créé le 1er avril 2016 et presque 6000 visites alors que je rédige ces mots. Jamais je n’aurais parié sur un tel engouement. C’est une agréable surprise pour moi et une motivation de plus. Partager mon expérience, pouvoir échanger avec d’autres généanautes… Mais je n’oublie pas non plus que c’est également le fait de remplir ces pages qui parfois m’aide lorsque je suis en panne de motivation.
  2. Les AD57. 2016 fut l’année de mes premières visites dans des archives départementales et plus particulièrement celles de Moselle. Expériences positives et expérience négative, découvertes et entraides, voici 4 notions qui résument assez bien mes visites aux AD57. Entraides avec des membres d’un site de généalogie très connu. Découvertes tant pour moi que pour une amie (un post à ce sujet prochainement je pense…). Expérience négative, pas pour moi directement mais pour un lecteur croisé au détour d’une table de lecture aux AD. Expériences positives avec les recherches fructueuses et les rencontres faites sur place.
  3. L’État Civil. De nombreuses lettres en mairie reçurent des réponses positives au delà de mes espérances. Des visites en mairie se soldèrent par de nombreuses photographies d’actes. Des recherches en lignes toujours plus riches grâce aux sites internet des AD. Mon arbre (couplé à celui de mon compagnon) se révèle de plus en plus illustré. Près de 700 nouveaux documents sont venus compléter les informations acquises depuis le commencement de mes recherches.
  4. Rencontres (virtuelles). Au cours de cette année qui vient de s’écouler, j’ai pu rencontrer virtuellement près d’une 10zaine de personnes avec qui j’ai eu le plaisir d’échanger de long et passionnants mails. Des ancêtres communs, de l’entraide pour des recherches, des documents anciens retrouvés… J’ai pu grâce à l’une de ces personnes en apprendre un peu plus sur mon GPP, mais j’ai pu aider d’autres à compléter leurs informations ou infirmer des données erronées.

Resolution nouvelle année

Après le bilan vient toujours (ou presque) les perspectives ou ici les résolutions… Et je dois dire que cette année mes résolutions généalogiques sont nombreuses par rapport aux années précédentes…

  1. Améliorer la qualité. Mes posts, j’en suis consciente, ne sont pas d’une qualité extraordinaire, mais je pense qu’en y mettant un peu plus encore de motivation et de temps pour chacun je pourrais en améliorer la qualité. Je repasserais même sur certains posts de 2016 pour les améliorer.
  2. Mieux gérer le contenu. Parce que la qualité de l’écrit compte autant que celle du contenu. Je pense gérer et organiser un peu plus mes posts sur un mois.
    • Un livre – Une fois par mois, je commenterai un livre de généalogie (ça tombe bien, le père Noël a été généreux sur le sujet)
    • Deux sites – Deux fois par mois, je présenterai un site d’AD. Pas de grande critique de 15 pages, juste une présentation avec un exemple de recherche, les points forts et les points négatifs.
    • Un ancêtre – Une fois par mois, je vous parlerais d’un de mes ancêtres. Mes recherches, leurs résultats, sa vie, sa fratrie… Tout ce que j’ai pu trouver sur cette personne.
  3. Prendre des cours. Lire et mettre en pratique c’est bien. Mais les cours dispensés pour un diplôme c’est mieux. Donc je vais tout faire pour redevenir étudiante cette année et mieux me former. Qui sait, peut-être qu’après cela je changer de métier…
  4. Apprendre à écrire. Je ne vais pas aller reprendre des cours d’alphabet, mais en plus des cours cités précédemment et également dans l’optique d’améliorer le contenu de mes posts, je vais apprendre à écrire et raconter. Faire la chronique d’une personne ou d’une famille. En gros, tout faire pour répondre au 3 précédents points.
  5. Poursuivre. Ça semble logique, mais ayant déjà eu une longue période d’inactivité je préfère « prévoir ». Je veux poursuive mes recherches et mes découvertes, avec les bons et les mauvais côtés qui me font aimer la généalogie.


J’ai retrouvé Zénonne !

Dans les temps anciens (j’adore cette phrase), il était de tradition de donner à l’enfant les prénoms de membres de la famille ou des prénoms religieux. Je ne compte pas les Joseph et les Marie présents dans les branches découvertes jusqu’ici, ça donnerait le tournis à une toupie, c’est vous dire. Ma grand-mère paternelle avait 3 prénoms. Le 3ème m’intriguait depuis des années sans connaître son origine : Zénonne. Dans l’arbre généalogique, jusque-là rien. J’ai eu beau le secouer, le retourner dans tous les sens : RIEN ! Le grand néant me narguait. Le silence répondait à mes questions. La clé de l’énigme restait introuvable…

Je pense qu’on est d’accord qu’au niveau prénom peu courant celui-ci est pas mal dans son genre. J’ai cherché dans au moins 2 livres de prénoms différents pas une trace de Zénonne :

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Je me suis alors demandé si ce n’était pas un prénom inventé, mais cela ne me menait à rien, les contemporains vivants étant peu nombreux pour ne pas dire tous éteints, donc aucune réponse possible de leur part. Mon mystère restait entier. Pas plus de chance sur les sites spécialisés que dans les livres… Et puis au cours de mes recherches généalogiques, alors que je ne cherchais plus directement d’où pouvait venir ce 3ème prénom, la solution est venue à moi. Jeanne la mère de ma grand-mère avait 2 frères. L’aîné, Hector, épousa en 1921 une demoiselle du pays prénommée : Zénonne Marie.

Je soupçonne que Zénonne fut la marraine de ma grand-mère. Il me faudra l’acte de baptême pour le confirmer, mais voici déjà sur l’arbre le lien que j’ai trouvé entre ma grand-mère et son 3ème prénom.

de zénonne à zénonne

Autant dire pour conclure, que je n’ai trouvé aucune autre Zénonne pour l’instant dans mes branches directes et indirectes…



AD57 – le cas PHALSBOURG

Autres recherches dans le thème de l’entraide, celle faite pour Jacques aux AD57 concernant un mariage à Phalsbourg (ou dans les environs) en 1752 et dont les époux étaient nés vers 1727 pour monsieur et vers 1737 pour mademoiselle. Prénoms et noms venaient compléter les informations.

Il y avait de bonnes chances pour que mes recherches se limitent à Phalsbourg, mais sans savoir, j’ai préféré préparer le terrain et connaître ce qu’il y avait comme communes « dans les environs » de Phalsbourg. Lorsque l’on connait bien une zone alors sa géographie et/ou les villes limitrophes n’ont pas grand secret. Mais lorsque l’on vient d’une autre région c’est un peu plus difficile de définir « dans les environs de Phalsbourg »… Me voilà donc à la recherche d’une carte de la région de Phalsbourg pour débuter. La carte 2016 c’est bien, mais si les noms des communes ont changés ou certaines ont fusionnées alors vous n’êtes pas plus avancé. Il me fallait donc une carte de 1720-1760.

Sur Gallica, c’est un plan de la ville et des fortifications en 1697 que j’ai trouvé en premier lieu. Puis je suis tombée sur « le saint Graal » avec une carte représentant « une partie du cours du Rhin ou se trouvent les villes de Strasbourg avec son territoire, Schlestat Benfelt Phalsbourg Offenbourg et partie de la Rivièred’Ill » (oui le titre est un peu long…, mais je vous promets je ne l’ai pas inventé).  tout en haut à gauche de la carte se trouve Phalsbourg. Si vous avez la flemme d’aller chercher voici un extrait de la carte (Source : Gallica.bnf.fr)

Carte Ancienne Phalsbourg

C’est un peu sombre je vous l’accorde, mais la carte a de l’âge… Désolée d’avance si je lis mal certains caractères, on distingue (dans le désordre et non exhaustivement) les villes de Burschim, Homerting, Niderweiller, Henrindorf, Wilisberg, Mittelbrun, Lutzelburg, Heinridiorff, Saint-Michael, Phalsbourg, Saint-Jean des choux, Thanne, Denelburg, Dosen, Erlezen, Rosenwiler, Muntzwiller, Etterstall, Saverne… Avec la carte actuelle, j’avais préparé un schéma très très très simpliste des communes limitrophes :

phalsbourg

J’étais prête pour les AD57 pour ce cas ! Comme pour le « cas GORZE », j’ai préparé ma fiche récapitulative et je suis partie en quête des informations souhaitées. Le registre dont j’avais ici besoin avait été mis au format microfilm, une fois de plus je suis donc allée dans la salle de visionnage. Je m’étais tout d’abord concentrée su PHALSBOURG en espérant avoir de la chance. Le visionnage débuta mal puisque la pellicule n’en faisait qu’à sa tête et la machine et elle ne voulait travailler ensemble. Il a fallu l’intervention d’un technicien pour séparer les 2 belligérantes et je dus changer de machine. Nouvel essai, cette fois tout alla pour le mieux et même plus encore puisqu’en moins de 5 minutes j’avais trouvé la bonne page.

Christophe-Kopp

Je pris donc une photo de l’acte et une photo de la page, ça peut toujours servir. Cependant je me suis rendue compte que l’écriture était parfois très difficile à déchiffrer. J’ai donc pris le temps pour retranscrire ce que je pouvais de l’acte, en essayant d’écrire le plus possible. Les mots que je n’arrivais pas à lire furent remplacer par des rectangles (un par mot) et ceux pour lesquels je n’étais pas sûre de moi, je mis les 2 possibilités que je trouvais.

retranscription

Alors que j’attendais le microfilm, j’ai essayé de ne pas rester inactive. J’avais donc posé mes affaires à la table de relevés d’associations et commencé à chercher si d’autres mariages à PHALSBOURG (et environs) étaient répertoriés, ainsi j’ai pu compléter les informations que j’allais rendre à Jacques qui a aimablement accepté que je publie ce post sur cette recherche d’entraide généalogique centrée sur ses aïeux.

christophe-phalsbourg



Un autre monde… [seconde visite troublante]

Lors de ma première visite en ce lieu sacré pour les âmes en recherche d’informations que sont les Archives Départementales je fus fort bien accueillie et guidée. Histoire de simplifier mon récit je vais nommer Nicolas le président de salle (je ne sais pas comment il se prénomme, donc je lui donne arbitrairement le prénom que je veux). Nicolas m’a instruit des règles de la salle et m’a expliqué sur un cas concret comment procéder pour trouver registre ou microfilm et les commander. Il m’a même montré comment procéder avec la visionneuse puis fournis des documents relatifs à la calligraphie allemande et aux actes en allemand car n’oublions pas que la Moselle ne fut pas toujours Française…

Ma seconde visite fut tout autre. Nicolas n’était pas présent. Ou alors il avait bien changé puisque à sa place c’était une dame, enfin je devrais dire un dragon… Nommons la Denise (je m’excuse pour toutes les Denise de Navarre et d’ailleurs, il fallait bien lui donner un prénom…). À mon entrée en salle de lecture, Denise trônait en tant que présidente de salle. Vous verrez que je pèse mes mots… Je lui ai chuchoté un bonjour qui est resté sans autre réponse qu’un regard peu amical. Je prends place à la table 10 (je sais pas pourquoi, mais j’aime bien cette table et je m’y installe à chaque visite). Arrive un homme (alors lui je vais l’appeler Robert), peu discret dans sa démarche et à la voix forte, il débarque dans la salle de visionnage en même temps que moi.

Robert c’est le genre d’homme très hautain, auprès de qui le monde entier devait se prosterner (enfin c’est de son attitude que je déduis cela), tout lui était dû… D’une patience d’ange, d’une discrétion exemplaire et l’air tellement calme et absolument pas sanguin… Enfin bref tout ça pour dire que sa présence était déconcertante, « déconcentrante » et à fuir… Donc je ne suis pas restée plus que nécessaire dans la salle de lecture des microfilms, je suis retournée bien vite aux registres papier… Se présente alors un homme assez âgé, disons que lui c’est Georges. Georges c’est le contraire de Robert et Denise.

Georges, c’est l’homme qui respecte le silence des lieux. Georges, c’est le genre de personne qui a toujours peur de déranger. Il n’est pas vraiment dans son élément ici. On le sait, c’est visible. Il est mal à l’aise et complètement perdu. Prenant son courage à deux mains, Georges a demandé à Denise de l’aide pour trouver le seul document qu’il est venu chercher : « Vous comprenez, ça fait presque 10 ans que je ne suis pas venu, je suis un peu perdu dans la marche à suivre. » Denise, d’une voix forte pour montrer qu’elle est souveraine ici et affirmer sa position en ces lieux lui a expliquer à la vitesse d’une mitraillette automatique la méthode. Le tout, s’il vous plait, dans un jargon informatique qui a noyé le pauvre Georges en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Lorsqu’il a eu l’audace (sentez bien toute l’ironie qui transpire ici) de lui demander de répéter un peu plus lentement, Denise a envoyé Georges à la table des catalogues en lui rétorquant « Je viens déjà de tout vous expliquer !« . Dire que j’étais outrée est un doux euphémisme.

Étant moi-même à la table des catalogues, j’ai chuchoté à Georges que je pouvais essayer de l’aider s’il voulait. J »ai pu voir fleurir un sourire sur ses lèvres et de la reconnaissance dans son regard. Nous avons donc cherché ensemble dans les catalogues de registres et de microfilms la référence du document dont Georges avait besoin. Nous déplaçant au pc, j’ai montré à Georges comment faire. « C’était pas comme ça à ma dernière visite. Il n’y avait même pas d’ordinateur. » Ah ben oui là forcément, ça doit faire bizarre… Et là nouvelle surprise ! Si mon numéro de lectrice comporte 5 chiffres, celui de Georges lui n’en comporte que 3 !

La malchance de Georges ne s’est hélas pas arrêtée au trône du dragon puisque l’unique document que Georges souhaitait consulter n’était pas disponible (en désinfection ou restauration je crois). La seule personne qui aurait pu le renseigner sur la durée des travaux et donc la durée d’attente étant le dragon Georges a préféré abandonné, refusant même que je demande moi-même. J’ai vu Georges repartir tout penaud de sa vaine recherche qui suivait un accueil déplorable… Pauvres aînés !



AD57 – le cas GORZE

Lorsque j’ai lancé une proposition d’aide sur un forum généalogique avant d’aller aux AD57, j’ai reçu plusieurs réponses comme je le disais précédemment. Parmi ces réponses, François en quête d’informations sur des naissances et un mariage qui a aimablement accepter que je parle des recherches faites. Pourquoi je vous en parle ? Tout simplement pour expliquer avec un cas concret mes démarches, cependant mes démarches ne seront pas 100% identiques avec un autre cas.

Les recherches portaient sur la ville de GORZE entre 1800 et 1827. François souhaitait obtenir l’acte de mariage de Jacques GAUCHE et Barbe GLATIGNY, l’acte de de naissance de Catherine GAUCHE et celui de GUILOSSET Gérard.

La première étape fut de repérer les registres et microfilms dans lesquels les documents étaient susceptibles d’être trouvés. Attention, il ne faut pas oublier que 1800 n’était pas dénommé 1800, mais An IX. J’ai donc tout simplement mis sur feuille mon tableau de travail me servant de base avec pour sections :

  • Ville
  • Type d’acte
  • Année
  • Registre
  • Microfilm
  • Statut

AD57 - Cas GORZE

Je garde toujours « Registre » et « Microfilm » séparé afin de noter tout sans oublier une piste. Aux AD57 (peut-être est-ce pareil dans d’autres, mais je n’ai visité que celles-ci pour l’instant) si les 2 documents sont référencés au catalogue, vous n’aurez accès qu’au microfilm par souci de conservation du document papier original. Je commence toujours par le catalogue « Registres » et complète ma liste avec le catalogue « Microfilms ». Cela m’évite d’essayer de commander un registre qui n’est pas disponible car présent en microfilm ou de rester sans ressource parce que je n’aurais cherché que les microfilms.

Me voici donc avec ma liste de 3 actes à trouver et à bien regardé le catalogue j’ai un bol d’enfer ! Et oui, un seul microfilm à demander pour faire cette recherche… Je passe donc la commande sur le pc de la salle de lecture et en attendant, je me suis dirigée vers la table du fond, celle où sont répertoriées les listes de relevé d’actes de mariage par commune. Dans des boites d’archives des copies reliées de liste d’actes, sur la table un catalogue (encore un) avec les commune par boite et les périodes relevées. Pas de chance cette fois, pas grand chose au niveau de GORZE pour les noms de famille cités plus haut.

Le microfilm arrive et je me rends en salle de visionnage. Certains microfilms ont un ordre aléatoire, entendez par là que la chronologie n’est pas toujours respectée, parfois par pavé annuel, parfois même juste au niveau des pages. Chanceuse avec celui-ci, j’ai pu récupérer les actes sans trop de difficulté. J’ai donc converti « 02/10/1800″ en « 10 vendémiaire an IX » pour retrouver le mariage des ancêtres de François, puis parcouru les années  jusqu’en 1803 et 1827 pour récupérer les actes de naissances lui permettant de compléter ses informations.

Lorsque je suis rentrée chez moi, j’ai donc averti François de mes découvertes puis scanné mes documents de travail et les actes récupérés pour rendre le fruit de mes recherches. Cette recherche fut relativement simple car tout permettait de répondre facilement à la demande de François. Ce n’est pas toujours le cas…



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