Descendus de la même branche [Partie 4]

Nous voici dans l’avant-dernière partie de notre recherche de en matière de généalogie descendante. Dans la partie 5 on verra juste le pourquoi faire une généalogie descendante. La partie la plus délicate de notre recherche débute. Pourquoi délicate alors que si proche ? Justement parce que nous sommes arrivés à la génération des parents et à la notre. Et oui, rappelez-vous que pour chaque acte il existe une date limite avant consultation. Donc pour retrouver les personnes de votre arbre de descendance qui sont sur les 2 (voire 3 parfois) générations. Alors comment faire ?

Les forums, les sites, les magasines, les vivants.

Commençons par les vivants, il est possible que votre grand-père ait gardé des liens durant un moment avec ses cousins et cousines. Dans ce cas il vous faudra faire quelques recherches dans les archives de vos grand-parents, avec leurs accords ou celui de leurs descendants. Vous trouverez peut-être des faire-parts et même des photos ou du courrier. Votre annuaire vous aidera alors à contacter ces personnes. Lorsque vous leur expliquerez le but de votre démarche peut-être auront ils des informations à vous donner pour compléter ce que vous avez déjà récolté. Cependant certaines personnes seront peut-être réticentes à vous parler de leurs racines. N’insistez pas. Tant pis vous aurez une branche non déterminée, mais chacun a le droit de préserver son jardin secret et les informations personnelles tel que son ascendance ou sa descendance.

Les sites de généalogie vous permettent bien souvent de réaliser des recherches de cousinage. Cela permet en effet au site par biais d’algorithmes de recherche de retrouver des personnes ou des arbres qui comportent des ancêtres communs avec votre arbre. Cependant pour que votre recherche soit fructueuse il faut que vos cousins éloignés aient eux aussi un jour mis en ligne leur généalogie.

Les forums vont de la même façon que les sites vous aider dans votre recherches de cousins éloignés. Prenez par exemple le forum Généachtimi qui rassemblent des généalogistes du nord de la France et donne la possibilité de recherche de cousinage. D’autres existent sur le même principe.

Il existe des revues spécialisées, elles permettent à chacun de publier des annonces alors pourquoi ne pas en profiter pour expliquer votre projet et vos recherches ? Elles ont une portée limitée, il ne faut pas l’oublier, mais si la chance est avec vous, une réponse pourrait bien venir fleurir dans votre boîte aux lettres…



Descendus de la même branche ? [Partie 3]

Je suis de retour pour notre généalogie descendante. Je vous propose dans ce post de ne faire qu’un bilan de tout ce qui a été découvert pour tracer notre arbre de descendance depuis Thomas et Marie. Les tables décennales nous avaient permis de mettre en évidence un certain nombre de BIDULE nés entre 1903 et 1932 (16 naissances dont 9 pour notre généalogie descendante), mais également 14 décès de membres de la famille BIDULE entre 1903 et 1942 (dont 4 parmi les membres de notre exemple). Depuis le début de la partie 1 nous avons donc établi que :

  • Thomas Eugène Joseph BIDULE et sa femme Marie Marguerite Rose MOSNIER ont eu 8 enfants :
    • Charles Joseph, né le 17/07/1886, il épousa Antoinette Marie ROSE le 18/04/1907. Ils eurent 3 enfants :
      • Charline Rose, née le 17/07/1909.
      • Antoine Félix, né le 31/05/1911.
      • Félicien Gaston, né le 31/05/1911.
    • Georges Joseph, né le 18/12/1887, il épousa Mathilde Marie PHILIPPE.
      • Nous n’avons pour l’instant pas trouvé d’enfant pour ce couple.
    • Jean Joseph, né le 03/03/1890, il décéda à l’âge de 7 ans.
    • Marie Jeanne, née le 14/02/1892, elle épousa Antoine Philippe BIZET le 15/12/1919. Ils eurent un fils :
      • Nicolas Jean BIDULE, né le 03/11/1919, reconnu BIZET le 15/12/1919.
    • Rose Aldegonde, née le 13/08/1894, elle épousa Arthur JOUFFRE le 04/09/1918. Rose Aldegonde mourut en couche lors de la naissance de leur second enfant :
      • Gaston Emilien JOUFFRE, né le 01/01/1919.
      • Nathalie Marie JOUFFRE, née le 09/04/1920.
    • Marie Thérèse, née le 25/06/1897, elle décéda à l’âge de 5 ans.
    • Nicolas Jean, né le 31/12/1900, il épousa Béatrice Marie BLANC. Ils eurent des triplés :
      • Jules Joseph, né le 18/11/1927.
      • Nicolas Joseph, né le 18/11/1927.
      • Norbert Pierre, né le 18/11/1927.
    • Michel Antoine, né le 31/12/1900, il ne vécut que 2 jours.

Cette forme de listing s’approche de ce que l’on appelle une généalogie rédigée. Demain matin, je vous expliquerai les termes  de « Généalogie simple » et « Généalogie rédigée ». Si j’ai suffisamment de temps nous parlerons également de l’ordre des enfants dans une fratrie. Puis dans un dernier post sur la généalogie descendante « Descendus de la même branche ? » nous verrons comment terminer notre recherche des descendants de Thomas Eugène Joseph BIDULE et Marie Marguerite Rose MOSNIER.



Descendus de la même branche ? [Partie 2]

Hier soir nous avons commencé à travailler sur ce qu’est une généalogie descendante et comment l’établir. Nous avons revu l’intérêt des relevés de recensement. Lors de votre recherche des actes de naissance des 7 bambins de vos arrière-arrière-arrière-grands-parents, vous êtes tombés sur un acte auquel vous ne vous attendiez pas… En effet, le 31/12/1900, Marie Marguerite Rose MOSNIER épouse BIDULE donnait naissance à Nicolas Jean BIDULE, mais également à Michel Antoine BIDULE. Sauf que voilà. Il n’est pas mentionné lors du recensement de 1901… Les tables décennales et les tables annuelles des décès vont alors vous révéler que le 01/01/1901, Michel Antoine BIDULE s’est éteint à l’âge de 2 jours.

Vos arrière-arrière-arrière-grands-parents eurent donc 8 enfants au total. Votre arrière-arrière-grand-père atteignit l’âge de 56 ans. Son frère Georges Joseph était encore en vie au moment du recensement de 1906 ce qui signifie qu’il vécu au moins pour atteindre les 19 ans. Sa sœur Marie Jeanne se maria à l’âge de 20 ans. Sa sœur Rose Aldegonde décéda à l’âge de 26 ans. Vous n’avez pas d’autres informations concernant son frère Nicolas Jean au delà de 1906 pour l’instant.

genealogie descendantes bidule mosnier récap début partie 2

On ne dirait pas comme ça, mais mine de rien on a bien avancé ! Aujourd’hui nous allons essayer d’établir la descendance pour la suivante génération, c’est à dire les enfants de votre arrière-arrière-grand-père et ceux de ses frères et sœurs.

Nous pouvons déjà éliminer Jean Joseph BIDULE décédé à l’âge de 7 ans, Marie Thérèse BIDULE décédée à l’âge de 5 ans et Michel Antoine BIDULE qui ne vécut que 2 jours. Leur branche descendante est close. Il nous reste donc 5 branches à explorer. Je propose que l’on poursuive avec Charles Joseph qui épousa Antoinette Marie ROSE. Nous savons déjà qu’ils eurent une petite fille le 17/07/1909, Charline Rose votre arrière-grand-mère. Ils se marièrent le 18/04/1907 et l’acte ne comporte pas de reconnaissance d’enfant naturel. On peut donc en déduire qu’ils n’ont pas eu d’enfant avant avril 1907. La solution la plus simple est de recommencer avec les relevés du recensement, 1911 sera le dernier disponible pour vous aider car je rappelle que « l’INSEE ne peut pas communiquer des recensements datant de moins de 100 ans« . En 1911, le foyer de Charles Joseph BIDULE comportait 5 personnes, Charles Joseph (chef de famille), Antoinette Marie ROSE (épouse née en 1888), Charline Rose (fille, née en 1909),  Antoine Félix (fils, né en 1911) et Félicien Gaston (fils, né en 1911). Les actes de naissance disponibles seront votre prochaine cible.

Georges Joseph avait 19 ans au recensement de 1906. Sur l’acte de mariage de Charles Joseph vous l’avez trouvé en tant que témoin. Puis plus rien. Les tables décennales de décès vont donc être épluchées une fois de plus par vos soin. Au lieu de seulement les parcourir il est temps de faire une fiche qui comportera pour tous ceux du nom de BIDULE, les prénoms et date de décès trouvés. Cela vous permettra très certainement d’une part de réunir des informations supplémentaires concernant d’autres membres « perdus » et d’autre part d’avoir déjà une liste dans le cas où. On peut croire que c’est une perte de temps. Mais le « sait-on jamais » est une notion généalogique à part entière en fait. C’est comme pour les documents. Il est des documents auxquels on ne pense pas forcément car « Jamais cela nous servira »… Détrompez-vous ma petite dame, je dois vous contredire mon bon monsieur. Et oui, en généalogie tout (ou presque) est bon à prendre. Je vous parlerai bientôt du « Journal Officiel » et mes dernières phrases prendront tout leur sens.

Voici donc la liste des BIDULE décédés entre 1903 et 1942 (en espérant que 33-42 soient disponibles) :

  • Jules Joseph Nicolas – 27/09/1906
  • Améline Rose – 27/10/1909
  • Julia Christine – 21/01/1911
  • Georges Joseph – 13/01/1916
  • Rose Marie – 01/04/1917
  • Odette Marie – 01/04/1917
  • Eugène Nicolas – 22/02/1918
  • Pierre Louis – 24/02/1918
  • Rose Aldegonde – 09/04/1920
  • Marc Joseph – 07/07/1923
  • Louise Joseph – 11/12/1928
  • Marie Jeanne – 16/05/1937
  • Charles Joseph – 13/04/1938
  • Adèle Marie – 05/06/1938

J’ai mis en vert les personnes qui sont déjà dans notre tableau cité plus haut, dont Georges Joseph. En vérifiant l’acte de décès on observe que ce n’est pas un homonyme, mais bien le frère de votre arrière-arrière-grand-père. Il est donc décédé à 29 ans en pleine première guerre mondiale. Sur son acte de décès figure en témoin sa veuve, Mathilde Marie PHILIPPE. Vous savez donc que vous trouverez un mariage pour cet homme. Maintenant il faut savoir si Mathilde et Georges ont eu un ou des enfants. Rose Aldegonde s’est éteinte en avril 1920 à l’âge de 26 ans, Marie Jeanne en mai 1937 à l’âge de 45 ans et Charles Joseph en avril 1938 à l’âge de 52 ans.

Comme pour les décédés, faites une liste des naissances de BIDULE à l’aide des tables décennales, cela vous permettra de trouver rapidement les actes et de relier ensuite les parents et les enfants. Liste des BIDULE nés entre 1903 et 1932 (car 33-42 ne sont pas disponibles) :

  • Charline Rose – 17/07/1909
  • Catherine Marie – 26/09/1910
  • Antoine Félix – 31/05/1911
  • Félicien Gaston – 31/05/1911
  • Nicolas Jean – 03/11/1919
  • Emilia Marie – 10/09/1921
  • Anne Catherine – 09/10/1924
  • Jules Joseph – 18/11/1927
  • Nicolas Joseph – 18/11/1927
  • Norbert Pierre – 18/11/1927
  • Victor Jules – 04/12/1929
  • Victor Joseph – 04/04/1930
  • Antoine Joseph – 31/08/1932
  • Michel Pierre – 25/12/1932

Ceux en vert sont déjà connu avec les recherches faites un peu plus haut. J’ai mis en bleu Nicolas Jean, car la lecture de son acte de naissance dévoilera des mentions marginales intéressantes. « Enfant naturel » puis « enfant reconnu ». Il serait donc né hors mariage, puis reconnu par son père lors du mariage le 15/12/1919. Il reste encore à trouver un ou des enfants à Rose Aldegonde. Cherchez pour commencer son mariage. C’est toujours le même chemin : Tables décennales => Tables annuelles => Acte. Vous trouverez alors qu’elle a épousé Arthur JOUFFRE. Et cette fois on recommence les tables de naissance pour trouver les enfants JOUFFRE.

Gaston Emilien (01/01/1919) et Nathalie Marie (09/04/1920), sont les seuls enfants JOUFFRE nés avant le décès de Rose Aldegonde. Votre curiosité est-elle piquée par Nathalie Marie ? Sa date de naissance correspond avec un événement moins joyeux, le décès de Rose Aldegonde. L’acte de naissance vous révèlera que la seconde était bien la mère de la première. Rose Aldegonde est donc morte en couche laissant Arthur JOUFFRE avec leur fille et leur fils.

Les autres actes de naissance vous apprendront que votre arbre de descendance vient de s’étoffer :

genealogie descendantes bidule mosnier fin partie 2

Je vous fais un petit blabla sur cela demain, car on vient tout de même de découvrir des triplés pour Nicolas Jean, ainsi qu’une épouse pour ce dernier.



Quand vos recherches font l’aide des autres

La généalogie, ce n’est pas seulement dessiner un arbre au dos d’un rouleau de papier peint… La généalogie, c’est aussi raconter l’histoire de vos ancêtres ou aider votre voisin à raconter celle des siens. Même inconsciemment vous pouvez les aider. Disons par exemple que vous avez dans votre famille des anciens élus, locaux, départementaux ou plus grand encore. Pour ma part ce fut le cas. Mon grand-père paternel après avoir été conseiller municipal puis adjoint devint maire de son village. Pour la petite anecdote, pendant cette dernière période il procéda même au mariage d’une de ses filles. Où je veux en venir ?

Au fait que n’ayant pas en tête les dates de ces 3 postes et mon pépé n’étant plus là pour répondre aux questions, mon père ne se souvient pas des dates précises, j’ai décidé dans un premier temps de parcourir l’état civil pour le trouver si c’était possible. Mais pourquoi m’arrêter en si bon chemin ? D’autant plus qu’à bien y réfléchir j’avais peu de chance étant loin d’Anor, village berceaux d’une grande partie de mes ancêtres paternels, de trouver quoique ce soit en ligne. Les registres disponibles n’étant pas assez récents, alors au lieu de cela, j’ai relevé tous les maires que j’ai pu depuis 1800. Oui oui, vous avez bien compris. J’ai épluché tous les registres depuis 1800 pour mettre en évidence tous les maires, adjoints et conseillers possibles.

Comme je disais, une partie des archives n’étant pas accessibles en ligne, je savais déjà que je ne pouvais pas trouver les informations que je cherchais au tout début dans les Archives Départementales du Nord en ligne. Cependant, mes recherches m’ont amenée sur une page réalisant un historique des « Mayeurs et Maires d’Anor« . Ce monsieur a fait un travail considérable. Bien que certaines informations sont incomplètes elles le sont moins que les miennes ! J’ajouterai que lui a poussé le jeu bien plus loin que 1800… Les recherches de ce monsieur portaient de manière plus approfondie sur le même sujet et m’ont permis de compléter un peu mon propre tableau des élus locaux.

Mais j’ai trouvé encore plus sur sa page. Une photo du conseil municipal du temps où mon grand-père était conseiller. Et comme un trésor d’information arrive rarement seul, j’ai pu découvrir que des années auparavant, parmi les conseils municipaux précédents se trouvaient d’autres personnes aux noms et prénoms bien familiers.

Et oui, en y regardant de plus près j’ai découvert que furent conseillers municipaux :

  • mon grand-père
  • mon arrière-grand-père
  • mon arrière-arrière-grand-père
  • deux arrière-arrière-arrière-grands-pères

Comme dirait ma mère « ils avaient un abonnement pour une place à la mairie ? ». Comme quoi, vos recherches vous sont précieuses et peuvent vite le devenir pour d’autres personnes également…



Descendus de la même branche ? [Partie 1]

Depuis le début je vous parle d’ascendants, d’aïeux et de générations précédentes. Et si aujourd’hui, nous nous retournions l’arbre et la situation ? Le principe est alors non pas de trouver des ancêtres, mais des descendants. La généalogie descendante sur le principe qu’est-ce que c’est ?

C’est prendre un couple et chercher toutes les personnes d’issues de ce mariage. On commencera donc par chercher les enfants du couple, puis les enfants de chaque enfant et ainsi de suite. Et là je dois vous avouer qu’un jour « j’irais vivre en Théorie, parce qu’en Théorie tout se passe bien ». Bon elle était facile et en prime elle était déjà applicable pour la généalogie ascendante… Pourquoi je ne l’écris que maintenant dans ce cas ? Parce que chercher les parents d’un individu va vous paraître bien plus simple que chercher tous les enfants de ce même individu. Et oui, chaque être humain a un papa et une maman sur le plan génétique, (après chacun vit son couple comme il l’entend pour moi les parents sont ceux qui élèvent l’enfant avec amour, je ne suis pas là pour faire un débat sur la forme du couple parental), mais chaque être humain peu engendrer un nombre différent de descendants que sa cousine ou que son frère…

Donc cette fois-ci la difficulté porte sur le nombre de personnes à trouver qui est inconnu au départ. Vous ne savez donc pas à l’avance combien de fiches rempliront votre recueil de notes. Comment on fait alors ? Tout dépend d’où vous partez. Un couple proche (environ 100 ans maximum) ou un couple lointain (vers 1600 ou 1800 par exemple).

Si vous partez de vos grands-parents paternels, reprenons notre exemple de fond, Papi Hector et Mamy Josette. Nous avons déterminé avec le livret de famille que trois enfants furent issus :

  • Tata Rose
  • Tonton Eugène
  • Papa Léon

Tonton Eugène n’ayant pas vécu suffisamment longtemps pour avoir une descendance, nous savons que nous irons pas plus loin de son côté. Tata Rose a épousé Georges POMDOU et ils vous donnèrent un cousin prénommé Francis. C’est tout ? Bien sûr que non, on a oublié papa Léon. Certes vous êtes là donc ne vous oubliez pas, mais après son mariage avec maman Sophie, n’a-ton pas vu qu’il avait épousé votre belle-mère Valérie et qu’ils vont bientôt avoir une petite fille ?  Pour cet exemple c’est tout ce que nous avons en imaginant que tata Rose et tonton Georges resteront ensemble toute leur vie.

Maintenant prenons un exemple plus lointain. Les parents de votre arrière-grand-mère Charline Rose BIDULE sont Charles Joseph BIDULE et Antoinette Marie ROSE. Ils sont nés respectivement le 17/07/1886 et le 24/07/1888. Les parents de votre arrière-arrière-grand-père sont nés quant à eux Thomas Eugène Joseph BIDULE le 01/01/1859 et Marie Marguerite Rose MOSNIER le 31/03/1863. Autant dire que ce n’était pas hier et que nous allons les choisir comme point de départ d’une généalogie descendante. En utilisant les données que vous avez trouvez jusqu’ici (sans tenir compte des dates et lieux, et en imaginant que vous avez poursuivi les recherches) voici à quoi ressemble votre arbre généalogique descendant :

genealogie descendantes bidule mosnier depart

C’est votre point de départ. J’ai mis en bleu la lignée directe depuis l’ascendant qui donna son nom. J’ai essayé de gagner un peu de place en mettant ainsi en forme les branches basses, mais vous verrez qu’on va vite devoir s’élargir…

À partir de maintenant vous allez devenir un détective, encore plus qu’auparavant. Comme je vous disais remonter c’est presque facile. Alors que descendre… Vous ne connaissez pas le nombre à trouver, vous ne connaissez pas les dates à trouver et pour peu qu’il y ait eu un ou deux déménagements vous aller vous arracher les cheveux… Alors on pose les mains sur la table, on respire à fond 3 ou 4 fois et on se lance.

Oui, mais où ? Et quoi ? Vous vous rappelez le post sur le recensement ? Alors si vous avez un trou de mémoire je vous invite à relire « To be or not to be ?« . C’est à partir de ce document que nous allons travailler, mais pas uniquement. Car dans ce genre de relevé vous trouverez indiqués les membres d’un foyer et leur place dans le foyer. Même si aujourd’hui seul le recensement de 1906 est disponible en ligne les précédents sont disponibles aux archives départementales. Cela vous permettra par exemple de savoir si en 1876 le mariage de Thomas Eugène Joseph BIDULE et Marie Marguerite Rose MOSNIER eut déjà lieu. Puis les recensements de 1881, 1886, 1891, 1896 et 1901, vous indiqueront l’évolution de la fratrie de Charles Joseph BIDULE.

C’est ainsi que vous allez découvrir que votre arrière-arrière-grand-père Charles Joseph BIDULE était l’aîné d’une fratrie de 7 enfants… Ne vous minez pas le moral même si cela signifie 7 branches descendantes à compléter… En cherchant leur acte de naissance respectif, vous découvrez par le biais des mentions marginales que 2 enfants n’ont pas pu avoir de descendance. Voici un exemple de ce que les actes de naissance pourraient vous apprendre suite à votre découverte des enfants par le biais des relevés de recensements :

  1. Charles Joseph
    • Né le 17/07/1886
    • Présent sur les recensements de 1886, 1891, 1896, 1901 et 1906
    • Marié le 18/04/1907
    • Décédé le 13/04/1938
  2. Georges Joseph
    • Né le 18/12/1887
    • Présent sur les recensements de 1891, 1896, 1901 et 1906
  3. Jean Joseph
    • Né le 03/03/1890
    • Présent sur les recensements de 1891 et 1896
    • Décédé le 17/11/1897
  4. Marie Jeanne
    • Née le 14/02/1892
    • Présente sur les recensements de 1896, 1901, 1906
    • Mariée le 15/12/1919
  5. Rose Aldegonde
    • Née le 13/08/1894
    • Présente sur les recensements de 1896, 1901 et 1906
    • Mariée le 04/09/1918
    • Décédée le 09/04/1920
  6. Marie Thérèse
    • Née le 25/06/1897
    • Présente sur le recensement de 1901
    • Décédée le 09/10/1902
  7. Nicolas Jean
    • Né le 31/12/1900
    • Présent sur les recensements de 1901 et de 1906

Je vous propose de nous arrêter là pour l’instant. Et de continuer et compléter cette recherche dans un prochain post. Voici à quoi ressemble l’arbre de descendance du couple BIDULE-MOSNIER après cette première session de recherches :

genealogie descendantes bidule mosnier dfin partie 1



As-tu reçu mon idée ?

« La généalogie y a que les vieux que ça intéresse »
« La généalogie c’est un sport pour le club du 3ème âge »
« La généalogie c’est pour les snobs en mal de reconnaissance »
« La généalogie c’est juste bon à respirer de la poussière »
« La généalogie c’est juste pour essayer de prouver qu’on est cousin avec Napoléon »…

Ah, il y a des jours où j’aime les gens, ou pas… Sinon dans la réalité ça donne quoi ?

D’après un sondage IPSOS réalisé en mars 2010 (pas si vieux que ça et je vous avoue que ça m’étonnerait que la tendance ait pris un virage à 180° en si peu de temps) les anciens ne sont pas les seuls à s’intéresser aux racines de la famille. Le panel interrogé était de 1033 personnes âgées de 16 à 64 ans. C’est sur ce n’est pas la France entière, mais c’est déjà un beau panel. Voici un article qui en parle un peu plus sur geneablog.fr. Pour ma part, je vais me contenter de vous donner quelques chiffres :

    • 48% des français ne savent pas qui sont leurs arrière-grands-parents (et au-dessus c’est le gouffre intersidéral)
    • 79% sont potentiellement intéressés par la généalogie
    • 61% des personnes interrogées ont déjà réalisé au moins une recherche généalogique
    • 51% des généalogistes sont des généanautes (ils utilisent les ressources internet pour la quête de leurs ancêtres)
    • 65% ont moins de 35 ans (il est où le club de retraités ???)

Ça vous en bouche un coin hein ? Parce que si 2 généalogistes sur 3 ont moins de 35 ans, il va falloir ouvrir le club du 3ème âge aux membres du 2nd âge (ça se dit ça ?). Si 1 généalogiste sur 2 est un généanaute, les mains et les poumons sont propres de toute poussière des registres. Pour ce qui est de Napoléon, j’avoue, je m’incline, je n’ai pas de chiffre. Mais si vous voulez on peut regarder la démographie depuis Napoléon à nos jours. Je vous jure qu’au niveau population ça ne collera pas. Avec un Saint-Louis (Louis IX), je dis pas, il y a tellement de décennies depuis le 25 avril 1214 date de sa naissance ou le 25 août 1270 date de son décès.

Ceux qui cherchent à prouver une noble ascendance ou tout du moins célèbre, sont peu nombreux très certainement. Je ne suis pas seule à le penser et je vous propose un article sur « Auprès de nos racines » qui soutient les mêmes propos avec d’autres mots. Nous ne descendons pas tous de Mozart ou de Gutenberg, il vrai que presque toutes les familles ont leurs légendes de personnalités, mais souhaitons nous véritablement le prouver, car il est aussi possible que ces fameuses recherches mènent justement à prouver le contraire… Je suis désolée papa, il n’y a pas de marquis dans nos ancêtres qui a dû choisir entre sa tête et son titre à la révolution…



Le mystère de la table décennale

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de moi, enfin de mes racines. Dans mon arbre généalogique, j’ai pu gravir plusieurs générations. Assez fière, mais aussi dépitée. Et oui, certaines feuilles de mon arbre sont incomplètes. Je n’aime pas ne pas savoir. C’est plus fort que moi. Un cas en particulier me vient en tête aujourd’hui : un couple de mes arrière-arrières-grand-parents paternels. Alors du côté de mon grand-père paternel, deux couples d’arrière-grand-parents, issus de quatre couples d’arrière-arrière-grand-parents. Je m’intéressais à Céline Mathilde PETIT et Victor Lucien FOSTIER.

Ils sont nés dans le même village, elle le 22 janvier 1854 et lui le 09 septembre 1851. D’après les tables décennales, ils seraient décédés tous deux le 04 septembre 1931.

Table_Déc_Décès-PETIT-CM-1931

Tables annuelles et acte, confirme en effet le décès de mon arrière-arrière-grand-mère. Mais, son époux n’est nulle part. Disparu… Son nom semblant avoir été ajouté suite à un oubli, je me suis dit qu’il devait y avoir erreur sur la date/l’année.

Table_Déc_Décès-FOSTIER-VL-1931

Je ne l’avais hélas pas retrouvé en épluchant les registres de décès du village de 1920 à 1935. Par contre, je m’étais rendu compte qu’il était vivant au moins jusqu’en 1921 puisqu’il était à ce moment-là témoin lors de la rédaction de l’acte de décès de sa mère.  J’avais donc le choix entre :

  • Il « nous » a quitté après 1935 (et il faudra que j’aille sur place consulter les registres car ils ne sont pas encore disponibles en lignes)
  • Il est bien décédé en 1931, mais son acte de décès a disparu.

Ce qui me paraissait étrange c’est que la date soit la même que celle de sa femme. Cela peut arriver, un accident, un incendie,  bien des possibilités en fin de compte. Mais les légendes familiales n’en faisaient pas état. J’avais bien l’impression qu’ils se sont emmêlés les pinceaux à un moment et ont noté l’épouse sous le nom de l’époux tout en la notant sous son nom de jeune-fille, mais en omettant à la seconde mention d’indiquer « épouse ». Les autres théories que je pouvais avoir étaient complètement loufoques… Et finalement ?

Je n’eus pas besoin de me déplacer. Je vous avais dit que la généalogie c’est aussi une histoire d’échange. J’ai partagé cette disparition sur un forum de généalogie. Et on m’a fourni la réponse, il ne me restera plus qu’à me déplacer en mairie pour obtenir l’acte, car il n’est pas encore disponible en ligne… Ma première impression était la bonne, l’ajout avait été fait en dernière minute et la mention d’ »épouse » omise. Il lui survécu presque 9 ans et décéda le 21/01/1940.



Décimé ou né par la guerre

Même si on était pas bon en histoire à l’école il y a quelques dates que l’on connait tous (oui 1515 est souvent la première à laquelle on pense), on vous en a parlé, on vous en a reparlé, on vous l’a rabâché et finalement s’est rentré dans votre tête pour ne plus sortir. Et il y a les dates qui comptent parce qu’on éprouve un besoin de mémoire soit personnel et familial soit à cause justement de l’Histoire avec le grand H…

Dois-je citer les 2 guerres mondiales qui décimèrent les populations de 1914 à 1918 et de 1939 à 1945 ? Mais avant cela d’autres guerres entraînèrent les soldats français mourir loin de leur foyer. Citons quelques exemples dans le désordre, dans une liste non exhaustive, sur les derniers siècles :

  • Guerre franco-allemande de 1870 à 1871
  • Expédition espagnole de 1823
  • Révolte de la Corse entre 1768 et 1769
  • Guerre des 7 ans de 1756 à 1762
  • Guerre de succession d’Autriche de 1741 à 1747
  • Guerre de succession d’Espagne de 1701 à 1714

On savait déjà que l’Homme est un animal territorial et conflictuel, je n’essaye pas de vous le prouver. Alors pourquoi je vous en parle ? Parce que si ces guerres provoquent des morts en grand nombre, elles engendrent bien souvent (j’ai pas dit toujours, hein) un genre de babyboom au sortir de celles-ci. Donc il est possible lors de vos recherches que les registres varient de taille par exemple, soit plus épais pour les naissances après-guerre, plus épais pour les décès en temps de guerre que celui des naissances en temps de guerre ou celui des décès après-guerre…

Si vous regardez dans notre exemple, votre arrière-grand-père Gontrand Joseph MACHIN est décès loin de chez lui le 05 septembre 1944… Que supposer ? Qu’il a fait partie d’une troupe, d’une unité, d’un groupe présent(e) lors de la campagne de Lorraine ou encore qu’il était un prisonnier de guerre qui a perdu la vie (exécution ou assaut ou autre) ce jour-là à Thionville. Même si Américains et Allemands sont ceux retenus pour cette campagne, il ne faut pas oublier que tous les soldats français n’étaient pas concentrés en un seul lieu…

Comment savoir ce qu’il en était ? Sur les états signalétiques militaires de grand-papi… Vous vous rappelez qu’il existe pour chaque « classe » un registre avec une liste alphabétique et un registre avec les désignations de chaque soldat ? Une classe c’est l’ensemble des soldats d’une année. Il faudrait que je vérifie, mais il me semble qu’un homme né en 1880 sera de la classe de 1900 je crois. Donc dans cette logique grand-papi étant né en 1907, sera de la classe de 1927.

etats signaletiques militaires 1880

Je reprends ma fiche signalétique (fiche d’états de service) prise au hasard dans un registre lors d’un post précédent. Vous trouverez dessus l’ensemble des compagnies et régiments qui ont accueillies le soldat ici désigné, même si ce n’est qu’un temps très court. S’il a participé à des campagnes c’est noté ici, s’il est mort au front c’est également noté ici. J’essaye autant que possible de retrouver les états signalétiques de mes ancêtres masculins, car on y retrouve également :

  • Date et lieu de naissance
  • Nom et prénoms des parents
  • Adresse(s) connue(s)
  • État marital

Il est possible parfois que monsieur ayant de nombreux enfants, soit dispensé afin de s’occuper de sa famille nombreuse. Là aussi c’est écrit qu’il a été renvoyé dans ses foyers… Finalement chaque document est une mine d’or non ?



Mentions Marginales

Revenons à votre arbre… Avec les informations glanées chez vos grands-parents, vous savez à présent qui sont vos arrière-grands-parents. Et maintenant ? Puisque les dates de naissances de chacun vous sont connues, vous avez remplis vos fiches dans votre logiciel ou sur site ou encore votre fichier Excel. 1911 étant la date la plus proche les concernant, il ne sera pas nécessaire d’écrire en mairie pour qu’ils vous envoient des copies d’actes de naissance. Dans notre exemple il vous reste 4 villes pour vos recherches sur ces documents.

  • Nice dans les Alpes-Maritimes
  • Carcassonne dans l’Aude
  • Besançon dans le Doubs
  • Toulouse dans la Haute-Garonne

Maintenant c’est selon votre choix. On voyage ou on surfe. Optons cette fois au moins pour le surf. Les archives départementales deviennent votre meilleur allié. Depuis cette page avec une jolie carte de France toute bleue et fractionnée par département, vous accéderez en cliquant sur le département qui vous intéresse à une page de présentation, un récapitulatif de ce que vous trouverez en ligne pour ce département et un lien vers les archives en ligne.

Donc pour

  • Nice il faudra cliquer ici.
  • Carcassonne il faudra cliquer ici.
  • Besançon il faudra cliquer ici.
  • Toulouse il faudra cliquer ici.

Il va vous falloir faire preuve d’adaptation et parfois de patience. Chaque site à son module pour ses archives numérisées. Certains sont intuitifs, d’autres sont fort élaborés (autant dire qu’on s’y perd), certains sont rapides, d’autres rament, certains sont d’une qualité paradisiaque, d’autres vous donneront envie de jeter votre ordinateur par la fenêtre. Autant que faire se peut garder votre calme. Il serait dommage de perdre votre matériel sous le coup de la colère te de l’impatience alors qu’il n’y est pour rien.

Alors je viens de découvrir pour ce post (j’en profite je voyage un peu) les archives départementales de Haute Garonne, qui m’ont menées tout droit aux archives municipales en ligne de Toulouse (je ne savais pas que cette ville en avait en ligne). J’ai pris un acte au hasard pour vous illustré ce qui peut nous intéresser ici. L’acte en lui-même n’a pas été copié. Je n’ai pris qu’un extrait de ce que l’on nomme « mention marginale ». Kézako ?

indications marginales acte de naissance

Alors une mention marginale c’est comme son nom l’indique : dans la marge.  C’est en fait un ajout sur un acte existant. Cela permet de le compléter. On peut y trouver un mariage, un divorce, un décès, la reconnaissance d’un enfant, un changement de nom ou prénom ou même l’acquisition d’une nationalité. Dans l’extrait que j’ai récupéré, on y voit le mariage, le divorce et le décès de la dame à qui appartenait cet acte de naissance. J’adore les chasses aux trésors surtout quand on va pour un grain de sable et qu’on revient avec un bac complet…

Parfois vous aurez beaucoup de chance et à d’autres moments vous aurez envie de tout plaquer. Trichons un peu et disons que vous avez eu beaucoup de chance aujourd’hui dans vos recherches. Vous n’êtes plus loin de jouer au loto je pense car voici ce que vous avez pu déterminer :

récap - 4 gen - avancée

Du coup cela vous a permis de compléter votre graphique des vivants par années :

en vie 4 gen pleines

On n’est pas remonté très loin pour l’instant, mais il faut dire ce qu’il en est : ça ressemble de plus en plus à quelque chose de sympa…



Qui aurait pu rencontrer qui ?

Parfois on se pose des questions bêtes et parfois pas si bêtes que ça. L’autre jour je cherchais à savoir qui était vivant en 1906, année du recensement de la population française. Sauf que cela voulait dire éplucher toutes mes fiches… Quitte à tout éplucher autant faire un graphique qui me permettrait plus tard de voir ce genre d’informations dans d’autres situations. Après avoir fait quelques recherches sur internet je n’étais pas convaincue de ce que j’avais trouvé. Alors j’ai créé mon propre graphique.

Sur l’exemple sur lequel nous travaillons depuis le début de ce blog et avec les informations récoltées depuis que nous avons débuté voici à quoi ressemble ce graphique :

en vie 4 gen dont 3 pleines

C’est forcément coloré de façon à être visuel.

  • En rouge, la personne n’est pas encore née.
  • En vert, la personne est vivante.
  • En gris, la personne est décédée.
  • En orange, la personne s’est mariée.
  • En jaune, la personne est potentiellement en vie.

« Potentiellement en vie » ? Kézako ?
C’est simple, vous n’avez pas l’information sur la date de décès de la personne (ou on est en 2016 et elle est encore en vie, on va éviter de l’enterrer avant l’heure, ce n’est pas légal). Dans le cas un ancêtre plus lointain si la date de décès est inconnue il faut faire une estimation. Pour cela on va s’appuyer sur sa vie à proprement parler. Cette personne est-elle devenue parent ? Cette personne s’est-elle mariée ? Cette personne est-elle citée sur un acte que je possède déjà ? À partir de ce genre d’informations vous êtes certains que la personne est encore en vie… Sauf cas très exceptionnel où l’un des mariés est déjà décédé, mais c’est vraiment très rare de marier un mort… Il arrive parfois que monsieur s’éteigne avant la venue au monde du petit dernier, mais madame sera toujours là au moins jusqu’au jour de la naissance.



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