Comment tuer 2 immortelles en 2 jours ?

Marie Hélène HOSSELET et Léona Céline MESNY faisaient parties jusqu’à la semaine dernière de ma liste d’immortelles, depuis respectivement 4 ans et 18 ans, je cherche leur acte de décès. Dans le cadre du mémoire pour le DU Généalogie et Histoire des familles que que je suis en train de passer avec l’université de Nîmes, je me suis lancée dans la recherche de la première, Marie Hélène, et de sa disparition.

En juin l’année dernière je faisais la liste de ce que je savais sur elle dans un article dédié aux immortelles, en voici un résumé :

  • Née en 1858 à Rainsars (59)
  • Elle est la fille de Olivier HOSSELET et Sophie Joseph PERONNE
  • Elle épousa en 1881 à Rainsars (59) Eugène Norbert LOBET [né en 1843 et décédé en 1902 à Anor] => voir l’article Des nouvelles plus très fraiches, mais une bonne surprise.
  • Lors du recensement de 1906 à Anor, elle est indiquée comme chef de famille (5 enfants nés en 1883-1885-1888-1890-1894).

Ensuite ? Marie-Hélène disparait complètement. J’ai alors parcouru les tables décennales de décès (1902 à 1932) dans les villages suivants :

  • Anor => dernière résidence connue
  • Rainsars => village de naissance (et mariage)
  • Etrœung => village de décès de son père
  • Fourmies => ville limitrophe d’Anor
  • Trélon => village limitrophe d’Anor
  • Ohain => village limitrophe d’Anor

Mais rien de rien. Aucun indice sur le décès de Marie Hélène. Où ? Quand ? Les recensements de 1911 et 1916 ne sont pas disponibles en ligne sur les Archives Départementales (59). Étant à Lille aux AD pour les recherches pour mon mémoire c’est l’occasion de changer de méthode de recherches. C’est ici que mes cours interviennent. La série 3 Q doit alors être utilisée et parcourue.

Dans un premier temps, j’ai parcouru les fiches décès. J’ai pu mettre la main sur celle de son époux, Eugène Norbert LOBET.

Fiche décès - LOBET Eugène Norbert

Mais toujours rien pour le moment sur Marie Hélène bien que j’ai parcouru les fiches décès du canton de Trélon et de celui d’Avesnes… En continuant la série 3 Q, je m’attaque aux TSA, Tables de Successions et Absences. Rien sur Trélon de 1905 à 1939. Après une petite pause je me lance dans les TSA du canton d’Avesnes pour la même période. BINGO ! HOSSELET Marie, veuve LOBET, domiciliée à Anor, est décédée à Avesnes le 5 février 1920 à l’âge de 62 ans. Tout colle : le veuvage, l’âge, le domicile…

TSA - Marie Hélène HOSSELET

Me voici donc, plongeant dans les actes de décès d’Avesnes en 1920 et je trouve celui qui m’intéresse depuis 4 ans… Je fonds alors sur les successions pour obtenir la déclaration de mutation par décès. Mon immortelle, Marie Hélène, est décédée ce jour…

Forte de cette découverte, j’ai préparé le soir même une petite fiche sur Léona Céline MESNY dont voici le résumé des informations connues :

  • Née le 25 octobre 1851 à Solre-le-Château (Fille de Joseph MESNY et Clarice HUFTIER)
  • Mariée à Sars-Poteries le 27/07/1874 à Hector DEVRAY
  • Maman une première fois en 1875 d’un petit Henry
  • Elle devient veuve le 02 novembre 1878 à Felleries
  • Elle se remarie le 20 février 1881 à Sars-Poteries avec Léon Antoine DUBOIS
  • Elle sera 4 autre fois maman à Sars-Poteries
    • Clarice en 1881 (décédée à Fourmies)
    • Irma en 1883 (mariée à Avesnes-sur-Helpe, décédée à Jeumont)
    • Léon en 1885 (marié à Vitré, décédé à Pocé-les-bois)
    • Jeanne en 1889 (décédée à Sars-Poterie)
    • Georges en 1892 (décédé à Jeumont)
  • Elle est veuve une seconde fois à Jeumont

Plus rien… Léona Céline disparait des documents. J’ai parcouru les tables décennales de décès (1902 à 1932) pour les villes suivantes :

  • Solre-le-Château
  • Felleries
  • Sars-Poteries
  • Avesnelles
  • Avesnes-sur-Helpe
  • Fourmies

Comme pour Marie Hélène, je parcours les fiches décès, chou-blanc encore une fois. Je m’attaque une nouvelle fois aux TSA sur Trélon et Avesnes. Peut-être que le canton n’est pas le bon… Expliquant mon cas à l’équipe présente aux Archives Départementales du Nord à Lille, je liste les actions déjà faite nous recherchons pour chacune des villes et chacun des villages cités plus haut les cantons. Il reste alors à faire le canton de Maubeuge-Sud par rapport à Jeumont. À nouveau c’est le jackpot !

TSA_Leona_Celine_MESNY

Il aurait ainsi été difficile avec les tables décennales jusqu’en 1932 puisque Léona est décédée le 1er décembre 1933 à Maubeuge. En 2 jours, j’ai donc mis fin à 4 ans et 18 ans de recherches.

J’ai passé au total 4 jours sur place et ces 4 jours m’ont donné des idées à la pelle… Les cours du DU m’ont été bénéfiques de par les portes que cela m’ouvre. Les conseils de l’équipe des AD59 m’ont permis de voir d’autres pistes auxquelles je n’avais pas pensé…  Voilà comment j’ai « tué » 2 immortelles en 2 jours, si j’habitais plus proche des AD59, je pense que je passerai des jours et des jours là bas, pour compléter mes informations et m’occuper de ceux et celles pour qui il me manque des dates jusqu’ici. Du coup forcément, j’ai hâte d’y retourner…



Bientôt l’heure du bilan 2017. Oups !

Décembre, ou plutôt « déjà décembre ! »… J’ai l’impression que nous étions déjà en décembre hier. Bon techniquement c’est vrai, mais vous voyez ce que je veux dire. Le temps passe si vite, c’est fou, cette quantité de passé qui s’accumule du coup. Quand je vois mon retard je me dis que sur ce coup-ci je vais prendre de l’avance. Le bilan de cette année n’est pas grandiose, mais 2017 fut tout de même mouvementé pour moi. Je vais donc reprendre point par point ce que je voulais faire pour 2017

  1. Améliorer la qualité. J’espère avoir réussi à améliorer la qualité de mes écrits, mais je ne peux en juger seule. Donc ce point restera sans véritable réponse et se poursuivra pour 2018 (et les années suivantes également)
  2. Mieux gérer le contenu. Oula.. Gros point négatif pour moi puisque la quantité prévue est loin d’être là. J’irais même jusqu’à dire que Juin fut vide et depuis peu d’articles furent publier. Mais j’ai des excuses… Dans les points 3 et 5 je vous explique cela.
  3. Prendre des cours. Objectif réussi puisque j’ai intégré le DU Généalogie et Histoire des familles de Nîmes, en distanciel.  Les examens seront pour mi-janvier et le mémoire pour début avril. Alors forcément, cela prend du temps entre le boulot et les cours, les devoirs à rendre et le mémoire à préparer, les recherches en cours et celles planifiées… Du coup j’ai moins fait cette année tout en faisant plus à côté. En plus j’ai rencontré des personnes extraordinaires qui me donnent envie d’avancer encore plus loin et d’en savoir plus donc apprendre plus pour faire mieux.
  4. Apprendre à écrire. Je pense pouvoir mettre ce point en positif. Ce n’est pas encore digne des grands auteurs ou des professionnels, mais je pense pouvoir dire que le chemin étant long c’est déjà une amélioration…
  5. Poursuivre. Ce point là était assez simple. J’ai découvert grâce au point 3 une nouvelle manière de travailler. Avec mes camarades de promo je découvre une autre façon de partager et d’échanger. Tiens en parlant d’échange, il faut également noter que je me suis rendue à la première rencontre généalogique de généanautes du coin et que je suis en train de planifier la seconde. Les projets fleurissent également et je pense faire une pétition pour des jours de minimum 72h sans quoi je ne pourrais jamais tout faire…

En pensant à mon bilan, ma première idée était qu’il allait être fortement négatif. Mais finalement, après réflexion sur le sujet, je me rends compte qu’il reste honorable. 2018 devrait être l’année du nouveau diplôme si tout ce passe bien, j’ai donc pour objectif de poursuivre les recherches, les projets et peut-être même un autre diplôme puisque l’université de Nîmes annonce la création d’un DU Installation du Généalogiste…

Qui sait de quoi l’avenir sera fait lorsque l’on aime surtout fouiller le passé ?



J’ai cru voir un lapin blanc…

Je suis un lapin blanc, je suis poursuivie par le temps nommé Rôminet qui finira par me manger… Un peu plus d’un mois de retard… Non je ne suis pas enceinte, juste à la bourre dans mon planning de recherches et de rédaction… Du coup, cela fait plus d’un mois que je n’ai rien publié.

Lapin-d-Alice

Confinée ce jour à la maison, je vais essayer de préparer quelques billets ou plutôt de les finaliser et les programmer. J’ai pas moins de 3 posts sur des AD en cours, ma « Chasse au trésor » se poursuit sur une 4ème partie et j’ai également encore en rédaction un post sur deux frères qui ont vécus la Grande Guerre…

Si j’ai commencé tous ces textes et rien achevé pour le moment c’est en fait la faute du ChallengeAZ (il a bon dos hein ?)… Bah oui, j’ai lu, lu, lu et lu. Je n’ai pas encore fini de tout lire, je ne sais pas si j’arriverai au bout, mais j’ai déjà bien avancé. Faut dire aussi qu’avec « Cher Cousin » on a fait de fulgurants progrès, j’ai passé une matinée aux AD57 pour des recherches et une passionnante discussion avec un homme dont le métier est de restaurer et protéger des sceaux anciens. L’exposition aux AD57 est d’ailleurs très belle et très instructive. Ah pis, j’allais oublier, j’ai repris mon travail de classement des documents légués par mes grands-parents et je suis admise à l’université de Nîmes pour un DU « Généalogie et Histoire des familles » à distance.

Vous voyez (avec toute la mauvaise foi que je peux y mettre) : ce n’est pas ma faute !



Bref, j’ai un binôme…

Vous est-il déjà arrivé de retrouver un cousin généalogique et d’échanger des informations avec lui ? Depuis 2 mois, je suis en échange régulier avec celui que j’appellerai ici « Cher Cousin » et je dois vous avouez que bien que n’ayant jamais rencontré Cher Cousin jusqu’ici, j’adore parler avec lui, lui écrire des mails et recevoir ses réponses. À chaque fois c’est une bouffée d’air frais qui arrive dans ma boîte mail. Laissez moi vous raconter mes 2 mois avec Cher Cousin.

Depuis quelques années, j’ai entrepris en plus de faire ma généalogie, de faire celle de monsieur mon compagnon. Une partie de son arbre est en Pologne, autant dire que pour le moment la branche n’avance pas beaucoup. Mais la branche paternelle est en Moselle avec un nom qui respire bien l’ancien empire germain… J’ai pu grâce à l’aide de certain généalogiste en ligne avancer, après quelques échanges pourtant les conversations se sont taries. Jusqu’à il y a 2 mois. Un message privé sur Geneanet arrive et voici le début d’une aventure généalogique qui s’intensifie au fil des jours et des mails.

Mon interlocuteur se présente et nous établissons qu’il est un cousin généalogique de mon compagnon. En fait, si on veut être précis ma moitié est un petit-fils d’un cousin issu de germains de Cher Cousin. Y a plus cours comme dénomination hein ?

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Nous avons commencé à échanger sur mon arbre en ligne, Cher Cousin a un trésor d’informations pour compléter ce que j’ai déjà pu établir et documenter. Mais à bien y réfléchir c’est plus que cela ! Dès les premiers mails c’est une mine d’or photographique qui s’offre à mes yeux. Rendez-vous compte, grâce à Cher Cousin j’ai pu mettre un visage sur au moins 8 personnes donc l’arrière-arrière-grand-père de mon homme. Nous avions bien entendu certains actes en commun, mais je crois pouvoir dire que nous avons chacun compléter les données de l’autre.

Depuis, c’est régulièrement que nous poursuivons nos recherches. La lignée recherchée s’est encore étoffée de 10 membres cette semaine après les 5 de la semaine passée. Parfois c’est à qui trouvera le document en premier, sans s’en rendre compte. Parfois c’est juste en discutant que l’on débloque un mystère et que l’on avance. Aussitôt mon mail envoyé, je deviens impatiente. J’ai hâte de lire chacun de ses mails, d’élaborer diverses théories à partir des renseignements qu’il a pu glaner ici et là. C’est un travail d’équipe qui s’est mis en place, de manière tacite et qui fonctionne tellement bien.

Je vous souhaite à tous d’aussi belles rencontres que la mienne avec Cher Cousin…



Le passé en photo sur le net

Flânant sur le net à la recherche d’information sur mon oncle à la 4ème génération côté paternel, je suis arrivée par divers et nombreux détours sur le blog de ChrisNord où il est possible de voir régulièrement des CPA (cartes postales anciennes) mais également des photographies du passé, le tout sur le Nord et plus particulièrement l’Avesnois. Parcourant les posts de l’année écoulée je me suis retrouvée à lire une description très intéressante sur une photo intitulée « OHAIN – Une photo de famille dans les années vingt ***« . ChrisNord y décrit les codes vestimentaires et les codes de placement. Je lui ai cependant écrit pour lui révéler qu’il n’est pas ici question d’une photographie de famille, mais plutôt une photographie de familles.

En effet, cette photographie n’a pas été prise dans les années 20 d’une part et ne représente pas une seule famille d’autre part. Comment je le sais ? J’ai étudié il y a peu la vie de l’une des personnes immortalisées  sur cette image. Vous voyais le monsieur au centre avec une barbe blanche ?

60 - Albert Joseph AUBRUN

Et oui, Albert AUBRUN… Mon AAGP côté maternel est là. Mais mieux encore…. Si on reprend l’article publié le 16 septembre 1938 dans le journal « L’Égalité de Roubaix-Tourcoing » le 16 septembre 1938 (page 2), on s’aperçoit que les 4 portraits des médaillés ont été extraits de cette photo (ou refaits le jour même) pour être insérés dans l’article. Car en fait, cette photographie a été prise lors du centenaire de la musique municipale d’Ohain en septembre 1938.

Journal 16091938 Ohain - Centenaire Musique Municipale - Albert Joseph AUBRUN

L’homme avec la barbe blanche se nomme Albert AUBRUN (il est mon arrière-arrière-grand-père), celui à sa gauche est Aristide DUBOIS, celui au dessus (avec 2 médailles visibles) est Edouard BLAISE et enfin celui tout à droite avec 2 médailles est Georges HUFTIER. Ainsi on peut en déduire de l’article que les autres médaillés sur ce cliché sont messieurs Emile DEFOSSEZ, Edouard DELVAUX, Gaetan JUNIER, Gustave GARDON.



Un ancêtre, Une histoire (2)

Il est des histoires difficiles à lire et d’autres difficiles à conter. Je pense que celle de ma 3AGMP fait partie de cette seconde catégorie… Plus j’avançais dans mes recherches plus il m’était douloureux de découvrir sa vie et sa famille proche. Je vous laisse juger vous même :

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Alors que la France se remet peu à peu des crues de l’Isère et de la tempête d’octobre, en ce 22 novembre 1859, Joseph Eugène CAMBERLIN, dit Eugène, se rendit en la mairie de Solre-le-Château afin de déclarer la naissance de sa fille Pauline qu’il vient d’avoir avec son épouse Marie Natalie Josèphe HENAUT dite Natalie. La petite dernière de la famille est le 7ème enfant d’Eugène, mais le 4ème de Natalie.

 107 - Acte Naissance - CAMBERLIN Pauline

En première noce Eugène avait épousé Angélique FEREZ en 1843. Après une première grossesse sous de mauvais augures en 1843, Angélique donna naissance à une petite Azéma en 1844 puis à un petit Jean Baptiste en 1846. Hélas en février 1847, Angélique s’éteint et laisse Eugène et leurs deux enfants seuls. Pendant presque 2 ans, Eugène sera père célibataire et en octobre 1848 Natalie et lui se disent oui à Semousies où est née Natalie en 1828. Le couple verra bientôt naître Adèle (en 1849),  Eugène (en 1850), Jules (en 1856) et Pauline en 1859. Mais Pauline ne sera pas la dernière enfant du couple puisque en 1863, Émile viendra compléter la fratrie.

Pour comprendre la vie de Pauline, il faut s’intéresser à sa famille, qu’il s’agisse de ses oncles et tantes ou de ses cousins et cousines, sans oublier ses neveux et nièces. La famille de Pauline, avant qu’elle ne quitte le domicile familiale c’est en fait 3 familles, les CAMBERLIN d’une part, mais aussi les FEREZ et les HENAUT d’autre part, car c’est dans cette famille un peu maudite que Pauline a vue le jour.

Le père de Pauline est le 4ème d’une fratrie de 7 car avant lui sont nés Victor en 1808 qui décèdera en 1810, quelques mois avant la naissance du second enfant de Pierre Joseph CAMBERLIN et Séraphine Désirée PREVOT qui s’appellera lui aussi Victor, mais décèdera moins de deux mois plus tard. La famille CAMBERLIN ne semble pas chanceuse et lorsque naquirent Sophie Désirée CAMBERLIN en janvier 1812 et Joseph Eugène CAMBERLIN en mai 1814, la tourmente semblait passée. Elle n’était hélas qu’appaisée et en décembre 1814 Sophie s’éteignait avant de fêter son second anniversaire. Pierre et Séraphine donneront à celui que tout le monde nomme Eugène 3 autres frères : Joseph Modeste en 1816, Marcel en 1821 et Jean Baptiste en 1823. Lorsque Eugène se présente pour la première fois devant l’autel avec Angélique FEREZ, la fratrie CAMBERLIN ne compte plus que 3 hommes : Eugène, Joseph Modeste et Jean Baptiste.

fratrie camberlin 107

La famille FEREZ n’est pas en reste, François et Félicité, née BOURLET, ont eu 5 filles qui leur donneront au moins 12 petits enfants, cependant lorsque Félicité s’éteint en 1854, il ne reste qu’une seule des filles FEREZ en vie, Ursule, et François devra lui faire ses adieux l’année suivante. Sophie (1811-1853). Rosalie (1814-1828). Angélique (1817-1847). Ursule (1819-1855). Félicité (1822-1853).

La famille HENAUT est chanceuse s’il on y pense, Jean Baptiste a épousé Marie Catherine LE BRUN puis ils eurent 4 enfants. Au final, tout est presque normal. Marie Natalie Josèphe, dite Natalie, sera l’aînée de la fratrie lors de sa naissance en 1828. Eugénie Cléantine Joseph HENAUT naîtra en 1830, puis vint Adélaïde Renelle en 1836 et enfin Auguste Renelle en 1838. Sur les épaules d’Auguste reposent la transmission du nom de la famille. Ce qui caractérise cette famille pour l’époque c’est le mouvement. Jean Baptiste vient de La Longueville alors que Marie Catherine est originaire de Dourlers, leurs enfants sont nés à Semousies, village où ils se dirent oui.

Pauline tombe amoureuse d’un homme du village et c’est assez logique quand on y pense car au village, les gens déménagent peu, alors tout le monde connait tout le monde. Il s’appelle Victor TROTIN, il est tisseur et elle est son ainée d’un an et quelques mois. La vie a été presque clémente avec lui si on oublie sa naissance 2 ans et demi avant le mariage de ses parents. Il a au moins 4 frères et 1 sœur. En 1881, Victor est tiré au sort à Solre-le-Château, numéro 95. Le conseil de révision l’annonce « propre au service ».

53 - Acte Naissance - TROTIN Julia Blanche

Lundi 19 juin 1882, Solre-le-Château s’éveille à 06h30 par les cris d’un nouveau né. Julia Blanche TROTIN est née. Le bonheur s’introduit dans la vie de Pauline, il était temps. Il faudra un peu de patience à Pauline avant de porter le nom de TROTIN car l’union ne sera célébré au village que le 08 septembre l’année suivante. La petite famille ne comptera pas d’autre enfant. Victor entre dans la réserve active en juillet 1887. Alors qu’Eugène décède en septembre 1889, le ménage se disloque petit à petit. Peut-être à cause des séjours répétés dans les casernes militaires pour exercices de Victor (84ème RI à Avesnes 1888 et 1890 puis 4ème RI à Maubeuge en 1895, 1898 et 1901). Lorsque Julia Blanche mettra au monde son petit Louis, elle est une célibataire de 16 ans qui accouche au domicile de sa mère, les époux TROTIN-CAMBERLIN sont séparés.

Mais en ce dimanche 28 mai 1899 à 06h00, si Pauline se fait une joie de prendre dans ses bras son petit-fils c’est parce qu’elle ne sait pas encore que la pauvre Julia va la quitter des complications de son accouchement quelques heures plus tard. Alors lorsque son frère Emile déclare la naissance de Louis en mairie, il a la dure tâche de déclarer également le décès de Julia, fille unique de Pauline et Victor. Pauline élèvera Louis seule car à l’aube du nouveau siècle Victor déménage à Jeumont puis en juin 1904 le divorce sera prononcé car 6 mois plus tard Victor doit épouser une certaine Armel originaire d’Erquelinnes en Belgique.

Son frère Emile a eut des jumeaux en 1902, un petit Emile et une petite Emilienne. Mais le jeune garçon a semble-t-il la santé fragile et quittera ce monde en 1906. Pauline s’inquiète pour Louis. Il ne lui reste plus que lui. Sa fille est morte en couche. Son époux a obtenu le divorce. Alors lorsqu’en 1914 la guerre éclate, Pauline vit la peur au ventre pour ses proches et pour son unique petit-fils. La guerre gronde ! Son neveu Robert ne reviendra pas du front, mort pour la France. En effet, le village de Perthes et Tahure dans la Marne est rasé par l’ennemi. Ce même ennemi qui tuera le Sergent Robert CAMBERLIN le 30 octobre 1915.

hors série - Fiche Mort pour la France - CAMBERLIN Robert - part 4

Alors lorsque Louis est interné politique le 16 octobre 1916, Pauline se ronge les sangs. Mais heureusement, le 30 mars 1918 Louis est libéré. Aussi assistera-t-elle à son mariage avec Jeanne DEVRAY le 19 novembre 1921. La vie de Pauline aura été un vrai parcours du combattant, mais lorsqu’elle s’éteint le 13 février 1928, elle aura pu voir naître son arrière petite fille Paulette et aura pu la choyer 4 années durant.

Pauline CAMBERLIN



La rédaction de ma première chronique…

Ce ne fut pas une mince affaire que de rédiger cette première chronique. Depuis 20 ans que je travaille sur mon arbre généalogique, j’ai pu récupérer un nombre assez important de documents. Ils sont classés par SOSA, portent les prénoms et nom de l’ancêtre et enfin le type du document. Il me fallait d’abord déterminer de qui j’allais parler dans ma chronique, parmi tous ceux trouvés et retrouvés… Qui allait être le premier ?

60 - Albert Joseph AUBRUN

Pour établir mon choix j’ai pris un ancêtre que je ne pouvais pas avoir rencontré, mais assez proche pour espérer avoir suffisamment de matière et de documents pour rédiger son histoire. J’ai regardé mon arbre d’un peu plus près et j’ai arbitrairement choisi 4 générations au-dessus de moi, le grand-père de ma grand-mère qui vient tout juste de fêter ses 90 ans.

Mon inventaire à ce moment était composé de :

  • Son acte de naissance
  • Son acte de mariage avec Julia Emma MERCIER
  • Le recensement de 1906

Je savais qu’il avait eu au moins un fils, mon arrière-grand-père Félix Joseph et je connaissais les prénoms et nom de ses parents pour lesquels j’avais l’acte de mariage en plus de l’acte de naissance de sa mère.

Je me suis alors mise en quête de ses frères et sœurs, comme expliqué dans mon post « Retracer une lignée – Notion et Méthode perso« , j’ai commencé à éplucher les 3 tables décennales (naissances / mariages / décès). Étant né à Fourmies, j’ai commencé là-bas, mais il s’était marié à Ohain et son fils connu était né à Ohain, ainsi les tables décennales d’Ohain subirent le même sort. Voici à quoi ressemblait la lignée AUBRUN, jusqu’à mon arrière-grand-père sur Geneanet avant mes recherches.

lignée avant recherches

Ayant établi qu’il avait 1 sœur, 2 frères, 3 fils et 2 mariages, je me suis tournée vers le reste de sa vie. En étudiant les actes de naissances, mariages et décès trouvés, j’ai pu définir ses adresses successives. La liste n’est peut-être pas exhaustive, mais elle représente déjà un petit paquet de maisons où mon ancêtre vécu. Par la même occasion des informations sur son parcours professionnels vinrent s’ajouter à la liste de mes informations. Je ne vais pas vous retracer l’épopée sur ses états signalétiques militaires introuvables puisque tout est dans le post « D’aubaine en sol par le sang…« , mais je pense que j’ai bien du y consacrer au moins 8 heures de recherches sur 3 ou 4 jours. Voici donc à quoi ressemble la lignée AUBRUN, jusqu’à mon arrière-grand-père sur Geneanet après mes recherches.

lignée après recherches

Alors passons à la suite, les coupures de presse. La BNF et plus particulièrement son site Gallica allait être mon nouvel outil de recherche. Vous rappelez vous de mon post « Les JO sans faire de sport… » ? Les archives de nombreux journaux ont été numérisées et sont disponibles sur le site, en plus du JO (Journal Officiel). Après quelques recherches sur le nom de mon aïeul, j’ai pu retrouver les JO évoquant ses médailles professionnelles et celles concernant sa vie dans la musique municipale, ainsi que le journal décrivant la fête du centenaire de la musique municipale d’Ohain où mon AAGPM apparaît. Quelques recherches sur Fourmies et Ohain à cette époque afin de pouvoir lier l’Histoire à l’histoire d’Albert dans la mesure du possible. Ce point sera à retravailler car il n’a pas été assez creuser et encore moins utilisé.

Pour la mise en forme ce fut une histoire bien plus compliquée… Comment faire ? Par où démarrer ? Par ordre chronologique ou par thème ? avant de me décider sur toutes ces questions j’ai établi une chronologie des évènements depuis le mariage des parents d’Albert jusqu’au dernier document trouvé. J’ai utilisé des couleurs pour identifier les évènements, bleu pour les mariages, vert pour les naissances et ainsi de suite…

chronologie Albert

La partie la plus délicate et la plus indescriptible fut la rédaction en elle-même qui me prit plusieurs jours, un nombre incalculable de brouillon pour enfin réussir à écrire mon texte et me rendre compte après publication que je n’avais pas parlé de sa nationalité et donc de la partie militaire. Quelques documents manquaient et manquent encore, mais j’ai pu réduire la liste il y a quelques jours en mettant la main sur l’acte de décès de sa mère, Catherine Elisa.

Et vous ? Comment procédez-vous lorsque vous écrivez une chronique ? Votre première fut-elle aussi douloureuse que la mienne ?



Degrès d’instruction

Il y a quelques temps je vous parlais du livre « Les signatures de nos ancêtres, ou l’apprentissage d’un geste« , dans celui-ci nous parlions entre autres choses du lien entre le degrés d’instruction et la signature. Pour les hommes, on peut confirmer ou infirmer les informations ainsi déduites grâce aux états signalétiques militaires.  Les AD71 ont mis en ligne un document au format PDF « Pour mieux lire et comprendre un feuillet matricule » qui donne de nombreuses indications sur ces fiches. Voici, dans ce post, trois exemples piochés parmi mes ancêtres :

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Si on se focalise uniquement sur les degrés d’instruction voici ce que nous pouvons apprendre sur un soldat :

  • 0 : ne sait ni lire ni écrire
  • 1 : sait lire uniquement
  • 2 : sait lire et écrire
  • 3 : a une instruction primaire plus développée
  • 4 : a obtenu le brevet de l’enseignement primaire
  • 5 : bachelier, licencié… (le diplôme est précisé)
  • X : dont on n’a pu vérifier l’instruction

identité-instruction-bis

Le site Le Parcours Du Combattant De La Guerre 1914-1918 propose une page d’explications très détaillée et fort bien illustrée sur la fiche matricule et plus particulièrement sur l’identité et l’instruction du soldat. des pistes pour approfondir le sujet sont proposés après une tableau de statistiques sur l’instruction des classes 109/1907/1910/1911. Sur cette page on trouve également les renseignements sur la granularité de ce degré d’instruction avec « générale/militaire ».

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D’aubaine en sol par le sang…

Au cours de mes recherches concernant ma première chronique et mon ancêtre Albert Joseph AUBRUN, je me suis retrouvée confrontée à un mini-mystère… Albert est né le 8 juin 1866 à Fourmies dans le Nord donc en France.  Souhaitant en apprendre plus sur mon aïeul, en plus des documents « de base » d’état civil, je me suis orientée vers les matricules militaires de la classe 1886… J’ai eu beau chercher dans divers circonscriptions, sur plusieurs années avant et après la date (au cas où il aurait été engagé volontaire, sait-on jamais), résultat : néant ! Au recensement de 1906, il est bien présent à Ohain (ville limitrophe française de Fourmies)… J’ai donc lancé une bouteille à la mer en espérant que quelqu’un aurait une idée sur un forum. Quelle idée grandiose ! Quand je vous dis que la généalogie c’est avant tout un échange !!!

Reprenons le recensement de 1906 :

60 - Recensement 1906 AUBRUN - MERCIER - AUBRUN

La colonne « 10 – Nationalité » était honteusement passée à la trappe lors de ma lecture ! Albert et ses 2 fils vivants sont belges et non Français… Mais pourtant ils sont nés à Fourmies et Ohain, 2 communes du nord de la France… Sauf que Jean Joseph, père d’Albert, était Belge. La nationalité à cette époque se transmettait par le sang et non pas le sol. Je me suis donc penchée un peu sur le sujet et j’ai découvert qu’avant le droit du sol tel qu’on le connait aujourd’hui en France existait le droit du sang et bien encore avant le droit d’aubaine (petite mention aussi de droit naturel). Je vais poursuivre mon post en ciblant uniquement la Belgique et la France puisque c’est à partir d’un problème les concernant que je me suis documentée sur le sujet. Pour les questions sur d’autres pays je vous recommande les pages et documents suivants :

  • « La nationalité avant la lettre » Article sur le site Persée. Les pratiques de naturalisation en France sous l’Ancien Régime y sont décrites. Écrit par Peter Sahlins, Sylvie Rab, Cécile Alduy.
  • « La citoyenneté dans l’Histoire » Article sur le site Herodote.net retraçant un historique des droits à travers les époques.

 Le jus sanguinis est la règle attribuant aux enfants le nationalité de leur parents quelque soit leur lieu de naissance, c’est le droit du sang. Le jus soli est la règle attribuant la nationalité à une personne en raison de sa naissance dans un territoire donné, c’est le droit du sol. Dans certains pays la règle suivie est celle du « double droit du sol », dans ce cas on tient compte du lieu de naissance et du lieu de naissance des parents (attribution de la nationalité d’un pays à la personne née sur son territoire et dont un parent y est également né). Mais tout ceci c’est la situation actuelle. Revenons en arrière…

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Jusqu’au XIVème siècle, on ne parlait pas vraiment de nationalité car chacun dépendait d’une seigneurie (pour plus d’information recherchez « droit d’aubaine »). Cependant, Louis le Hutin (Louis X) publie un édit le 03 juillet 1315 « selon le droit de nature, chacun doit naître franc ». L’autorité dominante n’est donc plus celle du seigneur, mais celle du roi.. Les enfants nés en France de parents étrangers deviennent français dès leur naissance.

Les lois ne sont pas immuables (et heureusement), ainsi en 1515, un arrêt du Parlement de Paris, au sujet de l’héritage, commence à introduire le jus soli. La constitution de 1791 expose la citoyenneté accordée les différents cas de filiation. En 1804 est promulgué le Code Civil, par lequel la nationalité se transmet du père, le droit du sang. 1851 voit venir l’introduction du double droit du sol et 1889 durcira les conditions d’attribution et de rétractation.

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Ainsi le cas de mon AAGPM se situe dans la période jus sanguini, son père étant Belge, né en Belgique, alors lui, bien que né en France est Belge. Il m’aurait alors été bien difficile de trouver ses  états signalétiques militaires et son matricule…



Un ancêtre, Une histoire (1)

Mon premier post « Un ancêtre, une histoire » portera sur mon AAGPM : Albert Joseph AUBRUN. C’est ma toute première chronique, elle est loin d’être parfaite, mais je me rends compte grâce à elle que l’exercice est encore plus difficile ce que j’avais imaginé… Je ferais un post pour expliquer ma démarche, il serait intéressant (et pas que pour moi) je pense que ceux et celles qui se sont déjà plié(e)s à ce genre d’exercices commentent, critiquent et conseillent le cheminement que j’ai réalisé. Je vais mettre en bleu mes commentaires concernant les recherches à faire pour compléter mon récit.

Vendredi 8 juin 1866, Jean Joseph AUBRUN a 28 ans, il est ouvrier d’une des 37 filatures de la ville où il est domicilié : Fourmies dans le Nord. Mais s’il se présente ce jour en mairie c’est pour déclarer qu’hier à six heures du soir son épouse depuis 1863 Catherine Elisa WILLAMME a donné naissance en leur foyer (Rue de la Haut) à Albert Joseph AUBRUN, leur fils et second enfant d’une fratrie qui en comptera 4. En effet, en 1864 est née Sidonie Elisa AUBRUN (Hameau des Trieux-de-villers à Fourmies), sœur aînée d’Albert et en 1872 et 1875 naîtront respectivement Gustave AUBRUN son cadet (Hameau des Trieux-de-villers à Fourmies) et Ernest AUBRUN le benjamin (Rue du Défriché à Fourmies).

 

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Source : Google Maps

 

En 1878, Albert devient musicien (Je cherche encore des informations sur le ou les instrument(s) qu’il jouait) et le sera pendant près de 60 ans, c’est pourquoi en septembre 1938, lors du centenaire de la musique municipale d’Ohain (commune limitrophe de Fourmies) il sera mis à l’honneur avec, entre autres, messieurs HUFTIER, DUBOIS et BLAISE. Il y reçoit alors la médaille de la confédération musicale avec deux agrafes pour 60 années de présence, il était déjà titulaire de l’Étoile Fédérale (50 ans).

Journal 16091938 Ohain - Centenaire Musique Municipale - Albert Joseph AUBRUN

Source : « L’Égalité de Roubaix-Tourcoing »

Albert est âgé de 18 ans, lorsque sa sœur de 2 ans son aînée quitte le domicile familial. Sidonie se marie en effet le lundi 02 février 1885 à Fourmies avec Clovis BARBE. 2 publications dans le  journal de Fourmies les 22 et 25 janvier 1885 dans le Journal de Fourmies annonçaient la promesse de mariage alors le jeudi 05 février c’est cette fois le mariage de la petite couturière de la famille et de son tisseur d’époux qui y est annoncé.

hors série - journal mariage Sidonie AUBRUN

Sources : Journal de Fourmies

La filature est en plein essor et Fourmies s’étend toujours plus car les ouvriers affluent. D’autres sont du pays comme on dit et c’est le cas d’Albert qui est devenu fileur. À l’aube de ses 24 ans, Albert épouse le lundi 07 avril 1890 Julia Emma MERCIER. La jeune femme est d’Ohain, village limitrophe de la fourmilière tisserande. Comme sa belle-sœur, Julia est couturière. Le foyer formé par les nouveaux époux s’agrandit bien vite puisque 2 ans après les noces, un petit garçon prénommé Lucien Albert voit le jour le vendredi 24 avril 1892.

Le jeudi 12 juillet 1894, Gustave se marie, la nouvelle belle-sœur d’Albert se nomme Marie Alphonsine NINITE. La petite nouvelle est âgée de 20 ans et originaire elle aussi de Fourmies. La famille vit une première fois le deuil avec le décès de Sidonie le 02 mars 1895 à l’âge de 30 ans. Il semblerait qu’elle ne laisse aucune descendance, Clovis est seul.

Samedi 08 août 1896 et lundi 29 août 1898, la famille AUBRUN dont Albert est le chef s’agrandit. Abel Albert Joseph et Félix Joseph naissent à Ohain où la famille a emménagé. Les années s’annoncent sous le signe des rires d’enfants. Albert, père de famille de trois garçonnets a changé de métier, la route Ohain-Fourmies à l’aube du XXème siècle dans la campagne ch’timi n’est pas encore motorisée pour tout le monde bien au contraire. Albert est devenu  graisseur dans une entreprise familiale du village, la « maison-Ernest Degousée et Ce ».

Hélas le mardi 13 septembre 1904, alors âgé de 12 ans, Lucien Albert décède en la maison familiale, rue de Véreuse à Ohain. C’est pourquoi lors du recensement de 1906, les enfants AUBRUN ne sont plus que deux. La famille déménage et vit à présent rue Neuve, juste à côté de la famille Edmond DEGOUSEE pour laquelle Albert travaille. Le monde est vraiment petit.

60 - Recensement 1906 AUBRUN - MERCIER - AUBRUN

Sources : Archives Départementales

La mort frappe à nouveau la famille et cette fois-ci c’est Julia qui décède le vendredi 03 février 1911. Albert doit dès lors s’occuper seul de ses deux garçons de 15 et 13 ans. C’est très certainement l’une des raisons des secondes noces d’Albert le samedi 22 juin 1912 Victorine Marie BASTIEN à Ohain, il est alors proche de la cinquantaine et est devenu magasinier à la filature DEGOUSEE. Il sera d’ailleurs récompensé en 1924 de la médaille Vermille du travail et en 1929 de la médaille d’Argent du travail en qualité de magasinier de la maison Ernest Degousée.

Alors que Gustave projette de se remarier lui aussi, leur père, Jean Joseph décède le mardi 23 mars 1920 (Je n’ai pas encore trouvé trace du décès de son épouse, Catherine Elisa WILLAMME). Gustave épousera en seconde noces Léa Thérèse Marie PARISOT le samedi 11 septembre 1920.

Après son frère, Albert voit ses deux fils se marier, ainsi Félix Joseph quittera le foyer pour fonder le sien le samedi 16 juillet 1921, il épouse alors Pauline Adèle PRINCE, une fille du village, retoucheuse de métier. Abel Albert Joseph suit son exemple l’année suivante en épousant Marguerite Suzanne BASSET le samedi 18 novembre 1922.

De ces deux unions naitront plusieurs petits-enfants (8 recensés jusqu’ici), prêt à faire le bonheur de leur grand-père Albert.

La date de décès d’Albert n’est pas connue à ce jour. J’espère pouvoir dans quelques mois ou années compléter mon récit avec d’autres informations.



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