Retracer une lignée – Notion et Méthode perso

(Pour cet exercice encore je vais travailler sans logiciel ni site de généalogie. La partie finale peut-être transcrite sur site ou logiciel si vous en possédez un pour simplifier la tâche.)

Lorsqu’au cours de vos recherches vous observez que vos ancêtres sont presque tous issus du même village (ou de la même ville) il y a forcément un moment où les branches se rejoignent et vous finissez avec des implexes dans les hauteurs alors le traçage d’une lignée pourrait vous aider. Lorsque votre cousin Jean décide qu’il serait bon d’organiser une cousinade alors le traçage d’une lignée pourrait être un point de départ. Tout ça c’est bien, mais c’est quoi une lignée ?

Est-ce que vous vous rappelez d’Agnatique et de Cognatique ? On parle de lignée Agnatique si l’on s’intéresse aux hommes présents dans la généalogie ascendante et descendante d’un individu : petit-fils, fils, père, grand-père… Je vous laisse retourner à la définition de Cognatique. Ici je vais vous parler au sens nominatif du terme, c’est-à-dire prendre un nom de famille et rechercher dans l’ascendance et dans la descendance tous les porteurs du nom pour les relier entre eux. Je ne sais pas quel est le terme exact pour parler de cette lignée agnatique large et ouverte puisque même si je vais me concentrer par principe sur les mâles des branches, je n’omettrais pas d’y faire figurer les jeunes femmes, mais pour elles je m’arrêterais là, sauf enfant naturel.

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Exprimé ainsi, c’est un peu compliqué, disons par exemple que je souhaite être préparer sur un patronyme car j’ai observé 2 individus portant le même nom et ayant vécu dans le même village, mais je ne sais pas s’ils sont liés. Dans ce cas je vais donc prendre un peu de temps et faire une recherche de lignée. Mon arbre va s’étoffer dans les branches indirectes à coup sûr, mais cela me permettra également si le cas se présente de relier ces 2 ancêtres aux aïeux communs.

Sans le vouloir, une tante m’en a donné l’idée. Je me suis rendu compte aux vues des informations qu’elle me donnait qu’elle s’était concentrée sur le patronyme. Elle avait une quantité de personnes assez grande pour réaliser une liste simple de plus de 3 pages dans le traitement de texte de votre choix. Y ajoutant ceux que j’avais récupéré au gré de mes recherches et qui manquaient à sa liste le document se retrouva avec 2 pages de plus. Ils vécurent tous dans le même village. Parfois, ma tante avait plus d’informations sur les descendants que moi, parfois c’était le contraire. Je me suis alors dit qu’il devait nous en manquer.

Que faire ? Comment faire ?

J’ai commencé par mettre dans un tableau les données dont je disposais jusqu’ici.

  • Prénom(s)
  • Date de Naissance
  • Prénom(s) du père
  • Âge du père
  • Prénom(s) de la mère
  • Nom de jeune fille de la mère
  • Âge de la mère
  • Date de Mariage
  • Nom et Prénom(s) du conjoint
  • Date de Décès

Pourquoi les âges des parents ? Parce qu’ils peuvent être d’une grande aide pour déterminer les années de naissances et donc quel « Jean Joseph » de la liste est le père. Il ne faut pas oublier que certains prénoms sont courant, ce qui signifie souvent donnés aux enfants, voire parfois transmis de père en fils. Et ensuite ?

 Ensuite, j’épluche les tables décennales pour commencer. Cela est bien plus simple que d’éplucher les tables annuelles année par année, surtout si vous travailler en ligne. Bien entendu tout n’est pas encore numérisé ni mis en ligne, il faut donc prendre en compte que ce travail ne portera que sur une période. Voici la description des tables décennales présentes donnée par les AD59 :

TD - AD59

Pour mon exemple je vais prendre la ville d’Anor (59 – Nord) et le patronyme FOSTIER car j’ai repéré au moins 3 FOSTIER dans mon ascendance. Je remplis alors une première partie de mon tableau pour les FOSTIER trouvés dans les tables décennales de 1802 à 1932, filles et garçons. Grâce à cela les colonnes Prénom(s) et Date se remplisse, s’il est question d’un mariage je peux remplir le conjoint également. Cela me permet de repérer les actes dont j’aurais besoin pour compléter le reste du tableau. Je fais donc la liste des dates pour les registres de naissances, mariages et décès puis je vais directement à ces actes pour compléter les autres colonnes. Certaines peuvent rester vides comme les âges des parents, même si cela peut s’avérer utile pour nous aujourd’hui, à certaines époques l’information ne leur semblait pas primordiale donc non référencée.

Après ce travail de petite fourmis, viennent les travaux de titan. Je pense qu’il doit y avoir une autre méthode bien meilleure, mais pour l’instant c’est celle que j’utilise, peut-être pourrais-je l’améliorer par la suite. Comment je procède alors pour dire ça ? Je réalise des mini croquis, un croquis d’arbre par page. Sur chaque page, un couple de parents et leurs enfants, puis j’étale tout sur la table et je rassemble mon puzzle pour créer un dessin plus grand. C’est bête comme tout, mais ça fonctionne pas trop mal. J’essaye de mettre les dates en évidence sur chaque arbrisseau de façon à ce que l’arbre soit dans le bon sens.

Lorsque j’ai fini cela je prend le temps de tout remettre au propre soit en « écrivant » la lignée étudiée, soit en insérant (enfin) mes données dans un logiciel ou site. Pourquoi ne l’ai-je pas fait avant ? Parce qu’il n’est pas simple de savoir par qui commencer (l’aîné ou le dernier né ?) et parce que relier les personnes entre-elles n’est pas toujours aisé en raison des homonymes ou des nominations partielles. Prenons par exemple le couple LOBET-CHAMPION qui eut des enfants entre 1841 et 1846 à Anor.

Prénom(s) Date de Naissance Prénom(s) du père Âge du père Prénom(s) de la mère Nom de la mère Âge de la mère
Marie Sophie 11/02/1841 Hypolite Joseph 29 Joseph Sophie CHAMPION
Victor Hippolyte 10/01/1843 Hippolyte 31 Joseph Sophie CHAMPION 28
Jules Joseph 24/01/1845 Hippolyte 33 Marie Joseph Sophie CHAMPION 29
Hypolite 11/07/1846 Hippolyte 35 Marie Joseph Sophie CHAMPION 30

Comme vous pouvez le voir les orthographes ne sont pas uniques (notamment pour le prénom du père), mais les prénoms de la mère ne sont pas toujours tous présents. Alors si on est pas averti ou que l’on va trop vite on pourrait rapidement dire que la Marie Sophie et Jules Joseph n’ont pas les mêmes parents…

Attention à ne pas briser les fratries en voulant retracer une lignée…



Fratrie bien ordonnée.

Aller un tout petit post pour une fois…

Aîné, benjamin, puis-né… OK, mais qui est qui dans l’ordre de naissance ?

  • L’aîné ou l’aînée, c’est l’enfant né en premier.
  • Le benjamin ou la benjamine, c’est l’enfant né en dernier.

On a déjà vu qu’il existait des frères et sœurs consanguin(e)s, ainsi que des frères et sœurs utérin(e)s. Mais entre l’aîné et le benjamin, qui est là ?

  • Il y a le cadet ou la cadette, le puîné ou la puînée. Le cadet c’est l’enfant né après.

Donc le second enfant d’une fratrie est le cadet de l’aîné, le troisième enfant est le cadet du second et ainsi de suite… Le benjamin ou le dernier-né est donc le cadet de l’avant-dernier ou son puîné. Ainsi dans une fratrie de 5 enfants, vous aurez un aîné et 4 cadets ou un ainé, 3 cadets et 1 benjamin.

Mais pourquoi parle-t-on de cela ? Car a un moment ou un autre il sera question de succession. Alors souvent on cherche l’ordre des personnes d’une fratrie et certains documents parent en cadet/benjamin/puîné/aîné… Et qui dit succession dit actes notariés ou encore testaments…



Consanguin n’est pas toujours ce que l’on croit

Quand on entend le terme de consanguin certains lèvent déjà les mains en l’air et s’offusque… Et si je vous disais que la vision péjorative du terme que l’on a tous ou presque est quelque peu étriquée et erronée ?

Baissez-vos lance-pierres, je m’explique. Je vous ai parlé dans l’un des premiers posts de votre cousin Francis et de votre cousine Justine en vous expliquant qu’ils étaient vos cousins germains. Si vous avez un doute, n’hésitez pas à aller relire le post, je vous attends…

C’est bon ? Continuons alors. Maman Sophie et papa Léon, lorsqu’ils se sont rencontrés ce fut l’amour fou. Mais la vie n’est pas un conte de fée paraît-il. Alors un jour l’amour s’étiole, le désir part, les sentiments s’envolent, bref le divorce est proche. Le bon côté des choses ?  2 cadeaux à noël et 2 cadeaux à votre anniversaire, mais vos parents ne sont plus un couple, ils en sont peut-être même devenus 2.

Maman Sophie a rencontré Edward il y a quelques années et chemin faisant, le petit Timothy est débarqué dans votre vie. Celui que vous appelez alors demi-frère est en fait votre frère utérin. C’est presque joliment dit non que de rappeler la partie anatomique de maman Sophie qui vous a tous deux accueillis… Cela dit Timothy pourra bénéficier d’une partie de vos recherches quand le temps viendra où il s’intéressera à ses racines.

Papa Léon quant à lui s’est remarié il y a peu et votre belle-mère Valérie vous donnera bientôt une petite sœur, enfin demi-sœur ou sœur consanguine. Ah nous y voilà ! Le consanguin ou la consanguine, c’est celui ou celle qui (« con »/ »cum » du latin : avec, ensemble, tout) partage le même sang que vous, le même père. Parce qu’il faut avouer que de base, vous et moi, quand on entend « consanguin » on entend « malsain », c’est à dire l’autre définition du mot.



Qui es-tu pour moi ?

Ah le lien de parenté… Cela peut parfois être une aventure labyrinthique. Et pour s’y retrouver le fil d’Ariane ne serait pas de trop.

Il y a au plus simple le père, la mère, le frère, la sœur, le grand-père et la grand-mère. Mais tout se complique rapidement lorsque l’on parle de cousin, de degré et de germain. Celui que l’on connait tous c’est le cousin ou la cousine qui est le fils ou la fille d’une frère ou d’une sœur de l’un des parents. Ainsi le fils de la sœur de mon père est mon cousin au même titre que la fille du frère de ma mère est ma cousine. Et oui les enfants de tonton Louis ou de tata Rose sont vos cousins et cousines.

Qu’en est-il de germain ? Germain, ce n’est pas le jardinier du village… Non. On parle de cousin germain pour ce que nous venons de définir comme cousin et cousine. Mais on parle de cousin issu de germain pour leurs enfants par rapport à vous. Donc le fils de votre cousine Justine est votre cousin issu de germain car Justine est votre cousine germaine étant la fille de tonton Louis qui est le frère de votre maman. Un petit dessin ?

  • Alors papa est le fils de papi Hector et mamy Josette. Tata Rose aussi, puisque tata Rose est la sœur de papa.
  • Tata Rose a épousé tonton Georges et ils ont donné naissance à Francis. Par conséquent, Francis est votre cousin, que vous pouvez présenter comme votre cousin germain.
  • Maman est la fille de papi Charles et mamy Christine. Tonton Louis aussi, puisqu’il est le frère de maman.
  • Tonton Louis a épousé tata Audrey et ensemble ils ont donné naissance à Justine, qui est donc au même titre que Francis : votre cousine germaine.
  • Justine a d’ailleurs épousé James et la famille s’est agrandie d’un petit Abel. Abel est votre cousin issu de germain.

cousin et germain

Pas évident que tout cela hein ? On complique encore un petit peu ? Les degrés…

Vous êtes le point de départ. Vos parents, vous sont liés au premier degré. Il en est de même pour vos enfants. Toutes personnes ayant un lien direct avec vos parents ou vos enfants seront lié à vous au 2nd degré. C’est à dire : vos grand parents, vos frères, vos sœurs et pour finir vos petits-enfants. Et on continue ainsi, toute personne liée directement à l’un de vos proches « gagne » 1 degré de plus. Donc Justine est votre cousine au 4 ème degré et son fils Abel sera votre cousine au 5ème degré, ou cousin issu de germain.

cousin et degre

Il existe une autre notion de degré qui se calcul, à mon sens, plus difficilement. L’ayant rarement rencontrée, je vous invite à faire vos propres recherches sur le sujet (la page « cousin » de Wikipedia peut être un bon point de départ)



Quand Agnat rencontre Cognat

Et vous ?
Vous êtes plutôt Agnatique, Cognatique ou Complet ?

En termes généalogiques, lorsque l’on travaille sur une lignée agnatique cela signifie que l’on ne s’intéresse qu’à la lignée des hommes d’un individu tant dans les ascendants que pour les descendants (père, grand-père, fils, petit-fils…). C’est en opposition directe avec une lignée cognatique pour laquelle on ne travaillera alors qu’à retracer la lignée des femmes d’un individu ici aussi : tant pour les descendantes que pour les ascendantes (mère, grand-mère, fille, petite-fille…).

Un arbre complet pourrait être nommé un arbre de la parité, puisque l’on va travailler à trouver des ascendants et/ou descendants tant hommes que femmes.

Pour ma part j’ai opté pour un arbre complet.



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