C’est l’histoire de la ville…

Il est des jours où ce n’est vraiment pas facile d’être généalogiste amateur (je vous souhaite une bonne journée avec la chanson du roi lion en tête « l’histoire de la vie », allez-y maudissez moi c’est cadeau). On dirait vraiment que nos ancêtres se sont donné le mot pour nous mettre des bâtons dans les roues pour les retrouver… Il faut songer en génération et pas en personne pour cette partie…

Alors je ne vous parle pas bien-entendu des homonymes qui vous ravissent toujours dès que vous tombez dessus (Moi ironique ? Si peu…), je ne vous parle pas des changements de plume qui enchantent vos longues soirées d’hiver que vous aviez prévu de passer à la loupe pour déchiffrer les pâtes de mouche d’un officier d’état civil… Non je vous parle de quelque chose de politique et culturel… Alors je rappelle que la notion de frontière n’engage pas que l’histoire et que la géographie changeante peu aussi jouer son rôle dans vos recherches généalogiques…

Vous ne l’aviez pas vu venir celle là hein ?

Et oui, les frontières étant mouvantes comme les sables, il est possible qu’une ville soit passée de Française à Belge puis re-Française, de même avec l’Allemagne, l’Italie ou encore l’Espagne (et la liste n’est pas exhaustive)… Prenons l’exemple de Sarreguemines, cette ville de Moselle (57) fut

  • Française de 1766 à 1871
  • Allemande de 1871 à 1918
  • Française de 1918 à 1940
  • Allemande de 1940 à 1944
  • Française de 1945 à nos jours

Un autre exemple ? Trélon dans le Nord (59), depuis le moyen-âge la ville fut :

  • Française juqu’en 962
  • Germanique à partir de 962
  • Assiégée par Jean de Luxembourg (1478)
  • Assiégée par François 1er (1543)
  • Décrétée être un marquisat par Philippe IV d’Espagne (1604)
  • Française en 1678
  • Libérée en 1944 par les américains

Vous pouvez trouver tout un tas de villes dont l’histoire sera  un ping-pong de nationalités à chaque changement de frontière, sauf qu’en changeant de nationalité les lois suivaient, mais aussi les langues. Donc si vous cherchez un acte en Alsace-Lorraine (oui je sais, le nom de la région change, mais je n’ai pas envie de changer mes habitudes pour l’instant…), il y a de grande chance pour que vous cherchiez un acte de « geburts » au lieu d’un acte de naissance à un moment ou un autre…

geburts



Les JO sans faire de sport…

Pendant notre cas de généalogie descendante, je vous ai parlé du Journal Officiel. Saviez-vous que c’est une source d’informations à ne pas prendre à la légère ? Les médailles remises par exemple sont listées dans ce document. Vous pouvez trouver les archives sur le site Gallica de la BNF.

gallica

Pur bonheur que de retrouver trace de la remise de médaille d’or de la famille française à votre arrière-grand-mère en 1935… Qu’apprend-on à part que votre arrière-grand-mère fut décorée ? Le nombre d’enfants que son époux et elle avait déjà eu à cette date. Si ça c’est pas une information qui pourrait vous aider lors d’une recherche de descendance… Voici pour exemple un extrait du journal officiel du 28 novembre 1935. Ce n’est pas complètement pris au hasard puisque j’ai pris le début de la partie sur la médaille de la famille française. J’espère que les personnes citées m’excuseront…

extrait-JO-nov1935-medaille-famille-française

Vous pourrez trouver bien d’autres informations dans ces pages :  des nominations, des décorations… Prenons un autre exemple, la légion d’honneur, les décorations aux différents grades de la légion d’honneur seront énumérées dans ces pages. J’ai pris ici un extrait de 3 hommes décorés de la légion d’honneur, même journal officiel que précédemment. On lit qu’il ont reçu le garde de chevalier. On apprend leur ville de domiciliation et la raison de la décoration.

extrait-JO-nov1935-légion d honneur chevalier 3 hommes

Les médailles militaires (on peut donc savoir si le soldat est encore en vie ou si c’est une décoration à titre posthume), les pensions aux veuves (on a donc l’information sur le décès de l’époux, même si la date n’est pas fournie)… En fait, vous venez d’être promu au rang de détective ! Sherlock Holmes n’a qu’à bien se tenir…



Quand vos recherches font l’aide des autres

La généalogie, ce n’est pas seulement dessiner un arbre au dos d’un rouleau de papier peint… La généalogie, c’est aussi raconter l’histoire de vos ancêtres ou aider votre voisin à raconter celle des siens. Même inconsciemment vous pouvez les aider. Disons par exemple que vous avez dans votre famille des anciens élus, locaux, départementaux ou plus grand encore. Pour ma part ce fut le cas. Mon grand-père paternel après avoir été conseiller municipal puis adjoint devint maire de son village. Pour la petite anecdote, pendant cette dernière période il procéda même au mariage d’une de ses filles. Où je veux en venir ?

Au fait que n’ayant pas en tête les dates de ces 3 postes et mon pépé n’étant plus là pour répondre aux questions, mon père ne se souvient pas des dates précises, j’ai décidé dans un premier temps de parcourir l’état civil pour le trouver si c’était possible. Mais pourquoi m’arrêter en si bon chemin ? D’autant plus qu’à bien y réfléchir j’avais peu de chance étant loin d’Anor, village berceaux d’une grande partie de mes ancêtres paternels, de trouver quoique ce soit en ligne. Les registres disponibles n’étant pas assez récents, alors au lieu de cela, j’ai relevé tous les maires que j’ai pu depuis 1800. Oui oui, vous avez bien compris. J’ai épluché tous les registres depuis 1800 pour mettre en évidence tous les maires, adjoints et conseillers possibles.

Comme je disais, une partie des archives n’étant pas accessibles en ligne, je savais déjà que je ne pouvais pas trouver les informations que je cherchais au tout début dans les Archives Départementales du Nord en ligne. Cependant, mes recherches m’ont amenée sur une page réalisant un historique des « Mayeurs et Maires d’Anor« . Ce monsieur a fait un travail considérable. Bien que certaines informations sont incomplètes elles le sont moins que les miennes ! J’ajouterai que lui a poussé le jeu bien plus loin que 1800… Les recherches de ce monsieur portaient de manière plus approfondie sur le même sujet et m’ont permis de compléter un peu mon propre tableau des élus locaux.

Mais j’ai trouvé encore plus sur sa page. Une photo du conseil municipal du temps où mon grand-père était conseiller. Et comme un trésor d’information arrive rarement seul, j’ai pu découvrir que des années auparavant, parmi les conseils municipaux précédents se trouvaient d’autres personnes aux noms et prénoms bien familiers.

Et oui, en y regardant de plus près j’ai découvert que furent conseillers municipaux :

  • mon grand-père
  • mon arrière-grand-père
  • mon arrière-arrière-grand-père
  • deux arrière-arrière-arrière-grands-pères

Comme dirait ma mère « ils avaient un abonnement pour une place à la mairie ? ». Comme quoi, vos recherches vous sont précieuses et peuvent vite le devenir pour d’autres personnes également…



Illustrer le passé au mur

Assez ironiquement on parle de rechercher ses racines alors qu’on remonte un arbre généalogique. Pas de pelle pour creuser plus profondément, uniquement des documents pour gravir les branches. Il est vrai que depuis le début je vous parle d’ascendance et non pas de descendance. Je vous promets un article dédié à ce mode de recherche d’ici peu. En attendant, lorsque l’on fait nos recherches et que vient le moment de montrer fièrement le résultat de ces heures enfouies dans des registres poussiéreux ou numériques, quoi de mieux qu’un bel arbre sur papier que vous pourrez encadrer pour illustrer le passé au mur du salon ? Petit conseil si votre compagne ou compagnon n’est pas fan de cette décoration : reliez vos deux arbres et vous serez un compagnon ou une compagne parfait(e) à ses yeux… (Taux de réussite : 75%)

Faut vraiment que j’arrête les digressions… On va finir par se perdre de vue avec tout ça… Alors je parlais d’arbres et pas d’arbres fruitiers… Plutôt chêne ou plutôt olivier, plutôt carré ou plutôt circulaire, c’est à vous de décider et vous allez voir que le choix ne sera pas simple…

Si vous êtes du genre nature vous pouvez par exemple opter pour la version chêne ou olivier comme je vous l’annonçais :

 Le chêne

arbre-chene

L’olivier

Arbre_Olivier

Mais vous avez aussi l’arbre simple avec une forme très carrée comme je vous ai déjà montré dans un post précédent :

sosa

Il y en a deux que j’aime beaucoup, ils sont circulaires et semi-circulaires. Le premier est, il faut l’avouer, pas très évident à lire lorsqu’on n’a pas l’habitude. Le second ressemble à un hémicycle et est de lecture bien plus simple.

Circulaire

circulaire

Semi-circulaire

arbre-semi-circulaire

Les possibilités sont nombreuses. Ici ce ne sont que quelques exemples, mais vous en trouverez des très colorés, des arbres sur plusieurs niveaux (c’est limite de l’origami à ce niveau-là) ou encore des arbres de style enluminure :

arbre_enluminure 2

enluminure 1



Décimé ou né par la guerre

Même si on était pas bon en histoire à l’école il y a quelques dates que l’on connait tous (oui 1515 est souvent la première à laquelle on pense), on vous en a parlé, on vous en a reparlé, on vous l’a rabâché et finalement s’est rentré dans votre tête pour ne plus sortir. Et il y a les dates qui comptent parce qu’on éprouve un besoin de mémoire soit personnel et familial soit à cause justement de l’Histoire avec le grand H…

Dois-je citer les 2 guerres mondiales qui décimèrent les populations de 1914 à 1918 et de 1939 à 1945 ? Mais avant cela d’autres guerres entraînèrent les soldats français mourir loin de leur foyer. Citons quelques exemples dans le désordre, dans une liste non exhaustive, sur les derniers siècles :

  • Guerre franco-allemande de 1870 à 1871
  • Expédition espagnole de 1823
  • Révolte de la Corse entre 1768 et 1769
  • Guerre des 7 ans de 1756 à 1762
  • Guerre de succession d’Autriche de 1741 à 1747
  • Guerre de succession d’Espagne de 1701 à 1714

On savait déjà que l’Homme est un animal territorial et conflictuel, je n’essaye pas de vous le prouver. Alors pourquoi je vous en parle ? Parce que si ces guerres provoquent des morts en grand nombre, elles engendrent bien souvent (j’ai pas dit toujours, hein) un genre de babyboom au sortir de celles-ci. Donc il est possible lors de vos recherches que les registres varient de taille par exemple, soit plus épais pour les naissances après-guerre, plus épais pour les décès en temps de guerre que celui des naissances en temps de guerre ou celui des décès après-guerre…

Si vous regardez dans notre exemple, votre arrière-grand-père Gontrand Joseph MACHIN est décès loin de chez lui le 05 septembre 1944… Que supposer ? Qu’il a fait partie d’une troupe, d’une unité, d’un groupe présent(e) lors de la campagne de Lorraine ou encore qu’il était un prisonnier de guerre qui a perdu la vie (exécution ou assaut ou autre) ce jour-là à Thionville. Même si Américains et Allemands sont ceux retenus pour cette campagne, il ne faut pas oublier que tous les soldats français n’étaient pas concentrés en un seul lieu…

Comment savoir ce qu’il en était ? Sur les états signalétiques militaires de grand-papi… Vous vous rappelez qu’il existe pour chaque « classe » un registre avec une liste alphabétique et un registre avec les désignations de chaque soldat ? Une classe c’est l’ensemble des soldats d’une année. Il faudrait que je vérifie, mais il me semble qu’un homme né en 1880 sera de la classe de 1900 je crois. Donc dans cette logique grand-papi étant né en 1907, sera de la classe de 1927.

etats signaletiques militaires 1880

Je reprends ma fiche signalétique (fiche d’états de service) prise au hasard dans un registre lors d’un post précédent. Vous trouverez dessus l’ensemble des compagnies et régiments qui ont accueillies le soldat ici désigné, même si ce n’est qu’un temps très court. S’il a participé à des campagnes c’est noté ici, s’il est mort au front c’est également noté ici. J’essaye autant que possible de retrouver les états signalétiques de mes ancêtres masculins, car on y retrouve également :

  • Date et lieu de naissance
  • Nom et prénoms des parents
  • Adresse(s) connue(s)
  • État marital

Il est possible parfois que monsieur ayant de nombreux enfants, soit dispensé afin de s’occuper de sa famille nombreuse. Là aussi c’est écrit qu’il a été renvoyé dans ses foyers… Finalement chaque document est une mine d’or non ?



Mentions Marginales

Revenons à votre arbre… Avec les informations glanées chez vos grands-parents, vous savez à présent qui sont vos arrière-grands-parents. Et maintenant ? Puisque les dates de naissances de chacun vous sont connues, vous avez remplis vos fiches dans votre logiciel ou sur site ou encore votre fichier Excel. 1911 étant la date la plus proche les concernant, il ne sera pas nécessaire d’écrire en mairie pour qu’ils vous envoient des copies d’actes de naissance. Dans notre exemple il vous reste 4 villes pour vos recherches sur ces documents.

  • Nice dans les Alpes-Maritimes
  • Carcassonne dans l’Aude
  • Besançon dans le Doubs
  • Toulouse dans la Haute-Garonne

Maintenant c’est selon votre choix. On voyage ou on surfe. Optons cette fois au moins pour le surf. Les archives départementales deviennent votre meilleur allié. Depuis cette page avec une jolie carte de France toute bleue et fractionnée par département, vous accéderez en cliquant sur le département qui vous intéresse à une page de présentation, un récapitulatif de ce que vous trouverez en ligne pour ce département et un lien vers les archives en ligne.

Donc pour

  • Nice il faudra cliquer ici.
  • Carcassonne il faudra cliquer ici.
  • Besançon il faudra cliquer ici.
  • Toulouse il faudra cliquer ici.

Il va vous falloir faire preuve d’adaptation et parfois de patience. Chaque site à son module pour ses archives numérisées. Certains sont intuitifs, d’autres sont fort élaborés (autant dire qu’on s’y perd), certains sont rapides, d’autres rament, certains sont d’une qualité paradisiaque, d’autres vous donneront envie de jeter votre ordinateur par la fenêtre. Autant que faire se peut garder votre calme. Il serait dommage de perdre votre matériel sous le coup de la colère te de l’impatience alors qu’il n’y est pour rien.

Alors je viens de découvrir pour ce post (j’en profite je voyage un peu) les archives départementales de Haute Garonne, qui m’ont menées tout droit aux archives municipales en ligne de Toulouse (je ne savais pas que cette ville en avait en ligne). J’ai pris un acte au hasard pour vous illustré ce qui peut nous intéresser ici. L’acte en lui-même n’a pas été copié. Je n’ai pris qu’un extrait de ce que l’on nomme « mention marginale ». Kézako ?

indications marginales acte de naissance

Alors une mention marginale c’est comme son nom l’indique : dans la marge.  C’est en fait un ajout sur un acte existant. Cela permet de le compléter. On peut y trouver un mariage, un divorce, un décès, la reconnaissance d’un enfant, un changement de nom ou prénom ou même l’acquisition d’une nationalité. Dans l’extrait que j’ai récupéré, on y voit le mariage, le divorce et le décès de la dame à qui appartenait cet acte de naissance. J’adore les chasses aux trésors surtout quand on va pour un grain de sable et qu’on revient avec un bac complet…

Parfois vous aurez beaucoup de chance et à d’autres moments vous aurez envie de tout plaquer. Trichons un peu et disons que vous avez eu beaucoup de chance aujourd’hui dans vos recherches. Vous n’êtes plus loin de jouer au loto je pense car voici ce que vous avez pu déterminer :

récap - 4 gen - avancée

Du coup cela vous a permis de compléter votre graphique des vivants par années :

en vie 4 gen pleines

On n’est pas remonté très loin pour l’instant, mais il faut dire ce qu’il en est : ça ressemble de plus en plus à quelque chose de sympa…



Darwin avait-il une théorie sur les écrits ?

Si l’Homme et toutes autres espèces évoluent au cours du temps depuis des millions d’années et même depuis la nuit des temps, il est possible d’en dire autant sur les écrits. C’est bien simple, au début ils n’existaient pas. Bon celle là, elle était facile. Mais à bien y regarder ce n’est pas si hors de propos que cela. Le besoin de s’exprimer et de garder une trace de son passage ont fait que l’Homme a créé l’écriture et l’a faite évoluer. Son évolution vient des supports ou des outils, mais aussi des méthodes. Elle s’est arrondie d’un côté du monde, elle est devenue plus angulaire d’un autre, certaines ont vu le jour alors que d’autres disparaissaient, l’évolution est bien là et même l’écriture à sa généalogie si on pousse un peu Maurice et son bouchon. Je vous recommande d’ailleurs l’article du site Egyptos qui présente une généalogie/un organigramme des écritures. Si vous souhaitez en savoir plus encore n’hésitez pas à me le faire savoir j’ai quelques autres références (magasine, livre…) qui pourraient assouvir au moins en partie votre soif de savoir.

Mais pourquoi je vous parle de tout ça ? Et bien parce que vous vous rendrez compte au fil du temps en parcourant les registres que l’écriture et les textes ont changés. Parfois même ces changements sont visibles d’une année à l’autre. Quand je vous parle d’évolution du texte on peu prendre pour exemple les classes militaires de 1867 et 1880, d’une même zone pour s’apercevoir que les formulaires ont évolués :

États signalétiques militaires (pris au hasard) de 1867 :

 etats signaletiques militaires 1867

États signalétiques militaires (pris au hasard) de 1880 :

etats signaletiques militaires 1880

Alors qu’en 1867, ceux-ci s’étalaient en longueur et permettaient de voir 3 soldats d’un coup, en 1880 (et un peu avant), ils sont organisé de façon à ce qu’une page soit réservée pour un soldat unique. Tout ça c’est très bien, mais c’est juste un format qui change. Prenons cette fois une évolution sur le texte. Voici deux actes de sépulture, l’un est de 1705, l’autre est de 1738. Ils proviennent tous deux de la même commune. Celui de 1705 est extrêmement court, 2 lignes pour dire quand, qui est son conjoint.

3956 - Acte Sepulture - Martin DAMEROSE

Alors qu’en 1738, l’acte est un peu plus détaillé, même s’il ne donne pas beaucoup plus d’informations. La date de décès est complète, la défunte est nommée, son conjoint est désigné (on ne sait pas s’il est vivant ou décédé) et il est précisé que la défunte fut inhumé le même jour au cimetière.

1067 - Acte Sepulture - Antoinette DAMEROSE

Par moment ce sera un jeu d’enfant que de lire un acte, parfois ça sera difficile, mais il est aussi possible que cela devienne une torture. Prenez par exemple cet extrait de tables décennales de naissances récupéré sur le site des archives départementales de Moselle :

tdn - moselle

Pas très lisible n’est-ce pas ? Et ce n’est pas le pire de ce que j’ai pu déjà trouver… À l’opposé, dans les cas simples on a par exemple, la dactylographie que l’on louera. On pourrait presque s’amuser à réaliser un graphique avec des pourcentages sur la lisibilité au cours des années. Je ne sais pas ce que cela nous apporterait pour notre arbre, mais les évolutions et régressions seraient visibles. Car oui, s’il y a parfois évolution, il y a aussi parfois régression. N’oublions pas que l’Homme est remplaçable et les agents de l’état civil sont des hommes et des femmes comme nous…



Pas besoin de connaître la sténo…

Lorsque vous êtes allé chez mamy Christine vous avez soudain eu une révélation : elle parle TRÈS vite ! Alors vous avez tentez de noter ce qu’elle disait sa mère Marie Anne POINT et son père Gontrand Joseph MACHIN. Sauf que votre écriture pourrait très bien concurrencer celle de votre médecin de famille et vous en êtes même à vous tâter de courir jusque chez votre pharmacien pour qu’il vous traduise vos propres mots. C’est dommage, hein ? Sans pour autant devenir sténographe, voici quelques abréviations qui vous aurez fait gagner un peu de temps…

  • ° est le symbole qu’on utilise pour parler d’une naissance, donc à côté on place la date de cet évènement.
  • x est le symbole qu’on utilise pour parler d’un mariage.
    • (x) est le symbole pour des fiançailles
    • x2 et x3 seront utilisé pour parler d’un second ou troisième mariage (et ainsi de suite)
  • + est le symbole qu’on utilise pour parler d’un décès.

Ces symboles sont les plus utilisés, mais parfois il arrive qu’on en trouve d’autres.  C’est pourquoi il faut toujours les traiter avec un petit pourcentage de doute si vous utilisez les notes de quelqu’un d’autre.

  • ttt c’est pour Testament
  • )( c’est un divorce
  • t est un Témoin
  • Cm est le contrat de mariage

Quand on n’est pas sûr à 100% d’une date on peut facilement signaler le souci lié à cette date :

  • !1900 : cela signifie que la personne a été citée en 1900
  • /1900 : l’évènement a eu lieu avant 1900
  • 1900/ : l’évènement a eu lieu après 1900
  • ca 1900 : l’évènement a eu lieu environ en 1900, aux alentours de 1900

Parfois l’agent d’état civil lui-même utilisait des abréviations dans les registres. Les plus connues sont :

  • 7bre : Septembre
  • 8bre : Octobre
  • 9bre : Novembre
  • 10bre : Décembre

Si vous voulez approfondir le sujet, je vous recommande la page Abréviations sur le site de Jean-Louis GARRET qui est très complète. Vous y retrouverez également celles des mois républicains, des titres et professions… Tout ceci est bien entendu donné à titre d’exemple. L’important c’est vous vous y retrouviez dans vos notes.



Tam tam tatam tam tam tataaam

Ah les mariages. C’est toujours l’occasion pour que la grande tante Huguette vous chope les deux joues, les pinces bien fort dans un geste qu’elle croit affectueux alors qu’il n’est que douloureux et vous demande : « Alors et toi ? C’est pour quand ? » Notez que cette question revient aussi aux baptêmes, mais (si on fait un peu d’humour noir, désolée pour ceux qui n’aiment pas) rarement aux enterrements… Cependant, le mariage c’est une source d’informations absolument merveilleuse si on oublie vos joues endolories.

Tout est réuni sur ce bout de papier pour vous permettre d’étendre vos branches dans la joie et la bonne humeur. En plus c’est à cette occasion qu’a été remise en main propre la relique nommée « Livret de famille » que papi Hector s’était fait une joie de vous présenter l’autre jour. La tradition voulait qu’on se marie dans la commune de la future mariée, sauf entre 1798 et 1800, où une loi imposait de se marier dans les chefs-lieux de canton. Si vos ancêtres se sont mariés entre 1798 et 1800, il faudra peut-être faire un peu d’histoire géographique, pour savoir si le chef-lieu de canton a changé ou pas depuis cette époque. Nombreux sont ceux qui ont continué de suivre cette loi même après sa suppression, vous allez adorer !

Pour déterminer une date de mariage si vos ne la connaissez pas il va falloir faire preuve de logique, même si parfois vos ancêtres ont dérogé à la règle. Le mariage a donc généralement eu lieu entre le 18ème anniversaire (âge légal à partir duquel il est permis de se marier) et la date de naissance du premier enfant. Et comme chaque règle a ses exceptions…

  • 18 ans, sauf dérogation. Parfois vous lirez « enfant mineur » pour désigner l’un des mariés, mais dans ce cas les parents ont fait le nécessaire pour que le mariage ait lieu
  • Avant la date de naissance du premier enfant, sauf s’ils n’ont pas tenu jusqu’au mariage…

enfant-mineur

Maintenant passons à ce puits de connaissance qu’est l’acte de mariage civil car je reviendrais dans un autre post sur l’acte de mariage religieux. Informations sur chacun des mariés, informations sur les parents des futurs époux, informations sur l’état matrimonial passé, mais également sur un potentiel contrat de mariage, informations sur les témoins et parfois informations sur un enfant légitimé par la même occasion… Quand on débute la généalogie on pourrait se dire « que vais-je faire de tout ça ? » ou encore « ai-je vraiment besoin de tout ça ? ». Je peux vous assurer que si vous dites cela aujourd’hui, plus tard vous détaillerez chaque acte de mariage pour remplir au maximum vos fiches personnelles qui vous permettent également de compléter vos fiches familiales.

La désignation des mariés :

  • Date et lieu de la célébration, l’heure est normalement indiquée.
  • Noms et prénoms de chacun des futurs époux
  • Dates et lieux de naissance des futurs conjoints (et comme je vous le disais plus haut c’est indiqué s’ils sont majeurs ou mineurs au moment du mariage)
  • Domiciles et professions de chacun

On passe ensuite à leur passé marital. C’est à dire que s’il y a lieu il sera indiqué s’ils sont veuf ou divorcé et dans ce cas le précédent conjoint sera désigné avec les même informations que les époux ci-dessus. La description des parents se fera de la même manière que celle des époux vient d’être faite à ceci près :

  • Date et lieux de naissance sont remplacés par l’âge
  • Si l’un des parents est décédé sa date et son lieu de décès sont cités
  • Si l’enfant est mineur il est ajouté le consentement du ou des parents/tuteurs
  • La mention d’émancipation du conjoint mineur peut-être apportée au texte

Quand je vous disais que ce document est un trésor je ne mentais pas car nous n’en avons pas fini ici avec les données utilisables… Passons à présent au mariage « en cours ». Si un contrat de mariage a été fait alors il sera indiqué. Depuis 1850, les informations concernant le notaire, son étude et la date d’établissement du contrat seront indiquées. Grâce à ce document vous en saurez plus sur les biens de la famille, la dote de la demoiselle… Mais le contrat n’est pas une obligation donc pas toujours établit.  N’oublions pas à présent que pour tout mariage il est nécessaire que soient présents et signent en plus des époux : les témoins !

  • Noms et prénoms de quatre témoins
  • Professions et domiciles
  • Il est aussi possible que soit indiqué leurs éventuels liens de parenté avec les conjoints

Bien souvent il ne reste plus qu’à signer le dit acte et le mariage débute. Mais il arrive parfois qu’un enfant soit légitimé en même temps que le mariage est prononcé. Enfant né avant mariage, il est donc par ce fait reconnu par le père. On trouve alors ses noms, prénoms, date et lieu de naissance.



To be or not to be ?

Souvenez-vous que ne pas savoir quand est décédée une personne n’est pas un obstacle insurmontable et qu’il est possible d’établir une fourchette durant laquelle la personne est « potentiellement vivante ». Un document auquel on ne pense pas forcément c’est le recensement. Son histoire étant longue je vous l’épargne, mais si elle vous intéresse n’hésitez pas à consulter la page « Histoire du recensement de la population en France » sur Wikipedia. La source d’information n’est pas sûre à 100% puisque tout le monde peut y mettre son grain de sel, mais c’est une bonne base pour débuter une recherche si on s’intéresse à un sujet.

Après Colbert et Vauban, plusieurs tentatives de recensements furent faites. Parfois partielle en termes de population, parfois partielle en termes de localisation, elles sont cependant les prémisses des recensements qui furent conduits à partir de 1801. Tous les départements ne s’y sont pas mis au même rythme. Certains commencèrent tôt et d’autres, mauvais élèves, débutèrent bien plus tard. Sauf cas exceptionnel (en général le cas de force majeur c’est : la guerre…) les recensements ont eu lieu entre 1801 et 1946 tous les 5 ans. Celui de 1871 fut repoussé d’une année, alors que ceux de 1916 et 1941 furent tout bonnement annulés. Par la suite, les recensements eurent lieux en 1954, 1962, 1968, 1975, 1982, 1990 et 1999.

Depuis 2004, ces recensements généraux ont été remplacés par un système plus continu (ils l’ont appelé « recensement rénové »). Le recensement est fractionné par zone.

Sont disponibles en ligne pour presque toutes les archives départementales, les recensements de 1906. Mine d’information, aide pour les généalogistes amateurs que nous sommes. Grand-papi Léon Eugène ALOGIE étant né en 1894 et décédé après 1934, doit apparaître dans le recensement de 1906. On se doute bien qu’alors âgé de 11-12 ans il ne figurera pas en tant que « chef de famille », mais bien entant qu’enfant. On va donc pouvoir trouver les parents de cet arrière-grand-père grâce à ce document si on n’avait pas déjà les informations sur son acte de naissance.

Si on connait déjà les noms et prénoms de ses parents on aura cependant leur année de naissance. Si le parent n’est pas nommé dans le ménage c’est qu’il n’est plus là.

Voici un extrait du recensement de 1906 dans une commune du Nord de la France :

recensement 1906

On voit parfaitement apparaître la place de chacun au sein du foyer (Chef de famille, épouse, enfant…), les années de naissance et les lieux de naissance sont également dans cet inventaire des informations. Il est à noter que l’épouse apparaît sous son nom de jeune-fille. N’oublions pas non plus de préciser que l’INSEE ne peut pas communiquer des recensements datant de moins de 100 ans.



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