Le petit oiseau va sortir

Austères, fort sérieuses, tristes, mornes, voici plusieurs qualificatifs que l’on peut entendre en présentant des photographies anciennes de type portrait. Pourquoi ? Tout simplement parce que le ou les sujets ne sourient pas. C’est courant, très courant de voir toutes ces photographies dépourvues de l’étincelle de la joie dans les albums de nos grands-parents et aïeux plus anciens. Si la question s’est souvent posée, les théories divergent parfois et d’autres se rejoignent. Au cours de mes recherches sur le sujet j’ai entre autres lu les articles suivants :

  • « Pourquoi les personnes ne souriaient pas sur les photos d’époque » – Publié dans Égalité et Réconciliation en octobre 2013
  • « Pourquoi personne ne sourit sur les vieilles photos ? » – Publié dans Le Vif en juillet 2015
  • « Pourquoi les personnes ne souriaient jamais sur les photos d’époque » – Publié dans 7 Sur 7 en octobre 2013

Je vais donc vous résumer les différentes théories avancées :

Théorie N°1 – La Technologie

L’idée qui revient partout et toujours porte avant tout sur la technologie. En 2017, faire une photo c’est Lucky Luke puisque c’est déjà imprimé ou classé dans un album avant qu’on ne se rende compte que la photographie est prise. Mais en 1867, la photographie n’est pas autant répandue ni évoluée. Le temps de pose est long. Au XIXème siècle, le laps de temps nécessaire à capturer image et lumière est d’environ 10 minutes. À moins d’être Miss France, il est difficile de rester 10 min  ainsi sans finir crispé… Cette théorie est souvent appuyé par « l’influence et habitude de la peinture » car le modèle du peintre devait des heures durant tenir la pose et qu’il n’était pas habitué avec la photographie à tenir « si peu » la pose.

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Théorie N°2 – L’Hygiène Dentaire

Ça peut paraître farfelu ou capillotracté, mais c’est bien l’une des théories avancée par certains. Mais si on y réfléchit bien, sourire c’est souvent montrer sa dentition. Le métier de dentiste ou chirurgien-dentiste n’est pas si ancien que cela puisqu’il semble qu’il soit plus question de généralistes du moyen-âge au XVIème siècle, de barbier-chirurgiens pratiquant la dentisterie jusqu’au XVIIIème siècle. Ensuite ? Il est nécessaire d’effectuer de plus amples recherches sur le métiers et son accès à la population pour pouvoir apporter un semblant de réponse.

Théorie N°3 – Seuls les idiots sourient

Par idiots, il faut entendre enfants, pauvres, démunis, filles de joie, amuseurs publics, sots, ivrognes et simples d’esprits… Dois-je détailler l’idée que le rire était mal vu et dénoter d’un manque de sérieux de la personne ? Bien que cette théorie vive des heures difficiles avec les archives publiées en ligne depuis quelques années, dont les portraits présent sur le groupe Flickr ‘The Smiling Victorians’, elle fut longtemps mise en avant ajoutant que les conditions de vie ne prêtaient pas à rire.

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Théorie N°4 – Le ridicule n’est pas immortel

Puisque sourire n’est pas sérieux et même ridicule, il est inconcevable de sourire sur une photo à destination des générations prochaines. La postérité et l’immortalité n’ont que faire du ridicule. Mais il fut une tradition relative au processus de deuil qui vous donnera froid dans le dos : les photographies post-mortem. Je ne vais pas vous faire un exposé sur le sujet, l’article Wikipedia s’en chargera et le livre d’Emmanuelle HÉRAN « Le Dernier Portrait » vous l’exposera bien mieux que moi. Toujours est-il qu’il était courant de mettre en scène les récents décédés pour les familles souhaitant garder un souvenir « vivant » du défunt (souvent les enfants). Je trouve cette pratique assez flippante, mais chacun ses goûts…



L’entraide géographique

Je t’aide, tu m’aideras.

C’est un peu le principe en version TRÈS résumée du sujet de ce post. Si je suis en Moselle et que mes recherches portent sur le Nord ou l’Hérault, il me sera difficile de me déplacer régulièrement aux archives départementales. On est certes jamais mieux servi que par soi-même, mais il faut aussi savoir faire confiance aux autres, même quand on ne les connait pas.

Alors dans la pratique ça donne quoi ? Par exemple je cherche à compléter ma « collection » d’actes pour la branche « LEININGER » de mon arbre que l’on retrouve à la 5ème génération en Moselle. Sauf que la 6ème génération n’est pas du coin, puisqu’elle est née dans le Bas-Rhin. Me rendre là-bas me sera difficile. Le site des archives départementales du Bas-Rhin est à 250 km de chez moi. Sur les sites de généalogie on trouve bien souvent dans les sections forum des propositions d’entraide géographique. Une personne, se propose pour un canton, un département ou plus de se rendre aux archives à votre place. Vous lui transmettez les informations nécessaires à votre recherche et quand cette personne à le temps de se rendre sur place elle parcourra le passé à votre place. Le principe est que ceci ne doit pas être à sens unique. Si quelqu’un vous aide, il est bien également qu’un jour vous puissiez rendre la pareille à cette personne ou une autre.

C’est actuellement ce qui se passe dans mon cas. Dans quelques jours je serais en congés et je compte bien aller passer au moins de 2 jours aux tables de la salle de lecture des archives départementales de Moselle. Alors j’ai ouvert un post sur lequel je propose  mon aide à ceux trop loin ou trop occupés. Une douzaine de recherches différentes seront ainsi effectuées par moi-même pour d’autres. Je sais déjà que si le besoin s’en fait ressentir, j’aurai de l’aide dans le Bas-Rhin, sur Paris et sur Rennes…

Elle est pas belle la vie ?



Blanc Bonnet et Bonnet Blanc

Lorsque patronyme et matronyme vous posent problème il faut absolument se rappeler que l’orthographe d’un nom de famille n’a pas toujours été fixe… Ainsi Simon COBET sur un acte de naissance, peut « devenir » Simon COBBE sur un acte de mariage, il sera noté Simon COBEZ sur l’acte de décès de son épouse et Simon COBBEY sur son acte de décès… Votre coiffeur va devoir vous racheter des extensions ?

donc il est possible que DUPONT et DUPOND soient des cousins, et il en sera de même pour les FLORY, FLEURI, FLEURIT FLORI, FLORIT…

Les noms de famille ne sont héréditaires que depuis le XIIème siècle. Sauf qu’à ce moment là le taux analphabétisme alors au moment d’épeler un nom ou de relire un acte pour confirmer l’orthographe il est possible que votre arrière-(fois-plein)-grand-papy, un peu honteux de ne savoir lire, mais tout de même fier de savoir signer à valider l’orthographe. L’agent d’état civil n’ayant pas la science infuse il nota ce qu’on lui dit. Ainsi les noms varièrent au cours du temps.

La prononciation n’aida pas non plus. Imaginez donc un peu, suite à un déménagement on arrive dans une région avec un nouvel accent. Chacun aura à cœur de prononcer le nom comme il l’a entendu puis de le retranscrire… Les premiers livrets de famille ne furent délivrés qu’entre 1875 et 1877. Fixer l’orthographe pris donc du temps… Dans les années 1980 l’informatisation épura en quelque sorte les orthographes d’un nom par la suppression de certains signes dits « diacritiques ».

Signes diacritiques : accents / Cédille. Il existe donc en français 4 signes diacritiques suscrits (inscrits au-dessus) avec accent grave, accent aigu, accent circonflexe et tréma, ainsi qu’un signe diacritique souscrit (inscrit en dessous) avec la cédille.

Si vous souhaitez en savoir plus sur les noms de famille et leurs variations il existe des livres comme

  • Encyclopédie des noms de famille (Marie-Odile Mergnac)
  • Dictionnaire des noms de famille (Marie-Thérèse Morlet)
  • Le patronyme (Amor Hakima, Guy Brunet, Pierre Darlu, Gianna Zei)

Sinon comme d’habitude, bien que sa science ne soit pas infuse, Wikipedia a bien souvent des informations intéressantes…



Encore quelques idées préconçues…

« Il est impossible de remonter avant la révolution. » « Tous mes ancêtres viennent d’ici, nous sommes des purs produits de la région. » « Ce n’est pas la même orthographe donc ce n’est pas de la famille. »

Parfois on est persuadé de savoir car c’est ce qui a toujours été dit dans la famille, donc c’est forcément vrai… Détrompez-vous, ce n’est pas parce que mamy Josette s’enorgueillait d’être originaire pure souche du département que ces ancêtres n’ont jamais bougé. Et oui, il est fort possible que ses parents et grands-parents naquirent dans la région, mais que ceux avant eux vinrent suite à une exode, une guerre, une famine… Tant de possibilités qui seront difficiles tant à contester qu’à vérifier. Quoique. Il va être simple de vérifier si mouvement il y a eu… Puisque les actes (naissance, mariage, décès) vous donneront à chaque fois les indications temporelles, mais également spatiales. Donc votre famille a certes toujours vécu au même endroit, mais il faut savoir y mettre un bémol, car « toujours » à une date de début finalement…

Dans certaines communes les archives ont brûlées, c’est vrai. Mais sachant que les registres étaient rédigés en double exemplaire, l’un restait à la commune, l’autre partait aux archives, alors il est rare que les deux exemplaires furent détruit. Paris par exemple a des gouffres de disparus, mais vous croyez vraiment de Devecey petit village à 10-15 kilomètres de Besançon fut forcément dans ce cas là. Alors à moins d’être assez malchanceux ou d’avoir des racines exclusivement parisiennes entre 1700 et 1870, vous avez de grandes chances de remonter assez loin dans votre arbre. Maintenant n’oubliez pas que les villages n’ont pas toujours existés tel qu’on les connait, les registres ne furent pas toujours obligatoires. Un temps les registres étaient tenu uniquement par les religieux, avant la création de l’état civil par exemple. Mais parfois même il fallait aller non pas chez le mayeur, mais en préfecture… Tout dépend des époques et des créations des administrations.

DUPONT et DUPOND, ne sont pas de la même famille. Hum désolée, mais il est fort possible que vous ayez des racines communes. Pourquoi ? Parce que fut un temps où l’analphabétisme était fortement répandu. Alors si vous ne saviez pas écrire votre nom, c’est l’officier d’état civil qui se chargeait de l’orthographe… La porte ouverte à toutes les fenêtres… C’est ainsi que Guillaume LOBBE et son épouse enfantèrent Tristan LOBE et Eugène LOBET. Pourtant ils sont frères, mais leurs descendances aura 2 orthographes différentes.



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