Le mystère de la table décennale

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de moi, enfin de mes racines. Dans mon arbre généalogique, j’ai pu gravir plusieurs générations. Assez fière, mais aussi dépitée. Et oui, certaines feuilles de mon arbre sont incomplètes. Je n’aime pas ne pas savoir. C’est plus fort que moi. Un cas en particulier me vient en tête aujourd’hui : un couple de mes arrière-arrières-grand-parents paternels. Alors du côté de mon grand-père paternel, deux couples d’arrière-grand-parents, issus de quatre couples d’arrière-arrière-grand-parents. Je m’intéressais à Céline Mathilde PETIT et Victor Lucien FOSTIER.

Ils sont nés dans le même village, elle le 22 janvier 1854 et lui le 09 septembre 1851. D’après les tables décennales, ils seraient décédés tous deux le 04 septembre 1931.

Table_Déc_Décès-PETIT-CM-1931

Tables annuelles et acte, confirme en effet le décès de mon arrière-arrière-grand-mère. Mais, son époux n’est nulle part. Disparu… Son nom semblant avoir été ajouté suite à un oubli, je me suis dit qu’il devait y avoir erreur sur la date/l’année.

Table_Déc_Décès-FOSTIER-VL-1931

Je ne l’avais hélas pas retrouvé en épluchant les registres de décès du village de 1920 à 1935. Par contre, je m’étais rendu compte qu’il était vivant au moins jusqu’en 1921 puisqu’il était à ce moment-là témoin lors de la rédaction de l’acte de décès de sa mère.  J’avais donc le choix entre :

  • Il « nous » a quitté après 1935 (et il faudra que j’aille sur place consulter les registres car ils ne sont pas encore disponibles en lignes)
  • Il est bien décédé en 1931, mais son acte de décès a disparu.

Ce qui me paraissait étrange c’est que la date soit la même que celle de sa femme. Cela peut arriver, un accident, un incendie,  bien des possibilités en fin de compte. Mais les légendes familiales n’en faisaient pas état. J’avais bien l’impression qu’ils se sont emmêlés les pinceaux à un moment et ont noté l’épouse sous le nom de l’époux tout en la notant sous son nom de jeune-fille, mais en omettant à la seconde mention d’indiquer « épouse ». Les autres théories que je pouvais avoir étaient complètement loufoques… Et finalement ?

Je n’eus pas besoin de me déplacer. Je vous avais dit que la généalogie c’est aussi une histoire d’échange. J’ai partagé cette disparition sur un forum de généalogie. Et on m’a fourni la réponse, il ne me restera plus qu’à me déplacer en mairie pour obtenir l’acte, car il n’est pas encore disponible en ligne… Ma première impression était la bonne, l’ajout avait été fait en dernière minute et la mention d’ »épouse » omise. Il lui survécu presque 9 ans et décéda le 21/01/1940.



Décimé ou né par la guerre

Même si on était pas bon en histoire à l’école il y a quelques dates que l’on connait tous (oui 1515 est souvent la première à laquelle on pense), on vous en a parlé, on vous en a reparlé, on vous l’a rabâché et finalement s’est rentré dans votre tête pour ne plus sortir. Et il y a les dates qui comptent parce qu’on éprouve un besoin de mémoire soit personnel et familial soit à cause justement de l’Histoire avec le grand H…

Dois-je citer les 2 guerres mondiales qui décimèrent les populations de 1914 à 1918 et de 1939 à 1945 ? Mais avant cela d’autres guerres entraînèrent les soldats français mourir loin de leur foyer. Citons quelques exemples dans le désordre, dans une liste non exhaustive, sur les derniers siècles :

  • Guerre franco-allemande de 1870 à 1871
  • Expédition espagnole de 1823
  • Révolte de la Corse entre 1768 et 1769
  • Guerre des 7 ans de 1756 à 1762
  • Guerre de succession d’Autriche de 1741 à 1747
  • Guerre de succession d’Espagne de 1701 à 1714

On savait déjà que l’Homme est un animal territorial et conflictuel, je n’essaye pas de vous le prouver. Alors pourquoi je vous en parle ? Parce que si ces guerres provoquent des morts en grand nombre, elles engendrent bien souvent (j’ai pas dit toujours, hein) un genre de babyboom au sortir de celles-ci. Donc il est possible lors de vos recherches que les registres varient de taille par exemple, soit plus épais pour les naissances après-guerre, plus épais pour les décès en temps de guerre que celui des naissances en temps de guerre ou celui des décès après-guerre…

Si vous regardez dans notre exemple, votre arrière-grand-père Gontrand Joseph MACHIN est décès loin de chez lui le 05 septembre 1944… Que supposer ? Qu’il a fait partie d’une troupe, d’une unité, d’un groupe présent(e) lors de la campagne de Lorraine ou encore qu’il était un prisonnier de guerre qui a perdu la vie (exécution ou assaut ou autre) ce jour-là à Thionville. Même si Américains et Allemands sont ceux retenus pour cette campagne, il ne faut pas oublier que tous les soldats français n’étaient pas concentrés en un seul lieu…

Comment savoir ce qu’il en était ? Sur les états signalétiques militaires de grand-papi… Vous vous rappelez qu’il existe pour chaque « classe » un registre avec une liste alphabétique et un registre avec les désignations de chaque soldat ? Une classe c’est l’ensemble des soldats d’une année. Il faudrait que je vérifie, mais il me semble qu’un homme né en 1880 sera de la classe de 1900 je crois. Donc dans cette logique grand-papi étant né en 1907, sera de la classe de 1927.

etats signaletiques militaires 1880

Je reprends ma fiche signalétique (fiche d’états de service) prise au hasard dans un registre lors d’un post précédent. Vous trouverez dessus l’ensemble des compagnies et régiments qui ont accueillies le soldat ici désigné, même si ce n’est qu’un temps très court. S’il a participé à des campagnes c’est noté ici, s’il est mort au front c’est également noté ici. J’essaye autant que possible de retrouver les états signalétiques de mes ancêtres masculins, car on y retrouve également :

  • Date et lieu de naissance
  • Nom et prénoms des parents
  • Adresse(s) connue(s)
  • État marital

Il est possible parfois que monsieur ayant de nombreux enfants, soit dispensé afin de s’occuper de sa famille nombreuse. Là aussi c’est écrit qu’il a été renvoyé dans ses foyers… Finalement chaque document est une mine d’or non ?



Mentions Marginales

Revenons à votre arbre… Avec les informations glanées chez vos grands-parents, vous savez à présent qui sont vos arrière-grands-parents. Et maintenant ? Puisque les dates de naissances de chacun vous sont connues, vous avez remplis vos fiches dans votre logiciel ou sur site ou encore votre fichier Excel. 1911 étant la date la plus proche les concernant, il ne sera pas nécessaire d’écrire en mairie pour qu’ils vous envoient des copies d’actes de naissance. Dans notre exemple il vous reste 4 villes pour vos recherches sur ces documents.

  • Nice dans les Alpes-Maritimes
  • Carcassonne dans l’Aude
  • Besançon dans le Doubs
  • Toulouse dans la Haute-Garonne

Maintenant c’est selon votre choix. On voyage ou on surfe. Optons cette fois au moins pour le surf. Les archives départementales deviennent votre meilleur allié. Depuis cette page avec une jolie carte de France toute bleue et fractionnée par département, vous accéderez en cliquant sur le département qui vous intéresse à une page de présentation, un récapitulatif de ce que vous trouverez en ligne pour ce département et un lien vers les archives en ligne.

Donc pour

  • Nice il faudra cliquer ici.
  • Carcassonne il faudra cliquer ici.
  • Besançon il faudra cliquer ici.
  • Toulouse il faudra cliquer ici.

Il va vous falloir faire preuve d’adaptation et parfois de patience. Chaque site à son module pour ses archives numérisées. Certains sont intuitifs, d’autres sont fort élaborés (autant dire qu’on s’y perd), certains sont rapides, d’autres rament, certains sont d’une qualité paradisiaque, d’autres vous donneront envie de jeter votre ordinateur par la fenêtre. Autant que faire se peut garder votre calme. Il serait dommage de perdre votre matériel sous le coup de la colère te de l’impatience alors qu’il n’y est pour rien.

Alors je viens de découvrir pour ce post (j’en profite je voyage un peu) les archives départementales de Haute Garonne, qui m’ont menées tout droit aux archives municipales en ligne de Toulouse (je ne savais pas que cette ville en avait en ligne). J’ai pris un acte au hasard pour vous illustré ce qui peut nous intéresser ici. L’acte en lui-même n’a pas été copié. Je n’ai pris qu’un extrait de ce que l’on nomme « mention marginale ». Kézako ?

indications marginales acte de naissance

Alors une mention marginale c’est comme son nom l’indique : dans la marge.  C’est en fait un ajout sur un acte existant. Cela permet de le compléter. On peut y trouver un mariage, un divorce, un décès, la reconnaissance d’un enfant, un changement de nom ou prénom ou même l’acquisition d’une nationalité. Dans l’extrait que j’ai récupéré, on y voit le mariage, le divorce et le décès de la dame à qui appartenait cet acte de naissance. J’adore les chasses aux trésors surtout quand on va pour un grain de sable et qu’on revient avec un bac complet…

Parfois vous aurez beaucoup de chance et à d’autres moments vous aurez envie de tout plaquer. Trichons un peu et disons que vous avez eu beaucoup de chance aujourd’hui dans vos recherches. Vous n’êtes plus loin de jouer au loto je pense car voici ce que vous avez pu déterminer :

récap - 4 gen - avancée

Du coup cela vous a permis de compléter votre graphique des vivants par années :

en vie 4 gen pleines

On n’est pas remonté très loin pour l’instant, mais il faut dire ce qu’il en est : ça ressemble de plus en plus à quelque chose de sympa…



Darwin avait-il une théorie sur les écrits ?

Si l’Homme et toutes autres espèces évoluent au cours du temps depuis des millions d’années et même depuis la nuit des temps, il est possible d’en dire autant sur les écrits. C’est bien simple, au début ils n’existaient pas. Bon celle là, elle était facile. Mais à bien y regarder ce n’est pas si hors de propos que cela. Le besoin de s’exprimer et de garder une trace de son passage ont fait que l’Homme a créé l’écriture et l’a faite évoluer. Son évolution vient des supports ou des outils, mais aussi des méthodes. Elle s’est arrondie d’un côté du monde, elle est devenue plus angulaire d’un autre, certaines ont vu le jour alors que d’autres disparaissaient, l’évolution est bien là et même l’écriture à sa généalogie si on pousse un peu Maurice et son bouchon. Je vous recommande d’ailleurs l’article du site Egyptos qui présente une généalogie/un organigramme des écritures. Si vous souhaitez en savoir plus encore n’hésitez pas à me le faire savoir j’ai quelques autres références (magasine, livre…) qui pourraient assouvir au moins en partie votre soif de savoir.

Mais pourquoi je vous parle de tout ça ? Et bien parce que vous vous rendrez compte au fil du temps en parcourant les registres que l’écriture et les textes ont changés. Parfois même ces changements sont visibles d’une année à l’autre. Quand je vous parle d’évolution du texte on peu prendre pour exemple les classes militaires de 1867 et 1880, d’une même zone pour s’apercevoir que les formulaires ont évolués :

États signalétiques militaires (pris au hasard) de 1867 :

 etats signaletiques militaires 1867

États signalétiques militaires (pris au hasard) de 1880 :

etats signaletiques militaires 1880

Alors qu’en 1867, ceux-ci s’étalaient en longueur et permettaient de voir 3 soldats d’un coup, en 1880 (et un peu avant), ils sont organisé de façon à ce qu’une page soit réservée pour un soldat unique. Tout ça c’est très bien, mais c’est juste un format qui change. Prenons cette fois une évolution sur le texte. Voici deux actes de sépulture, l’un est de 1705, l’autre est de 1738. Ils proviennent tous deux de la même commune. Celui de 1705 est extrêmement court, 2 lignes pour dire quand, qui est son conjoint.

3956 - Acte Sepulture - Martin DAMEROSE

Alors qu’en 1738, l’acte est un peu plus détaillé, même s’il ne donne pas beaucoup plus d’informations. La date de décès est complète, la défunte est nommée, son conjoint est désigné (on ne sait pas s’il est vivant ou décédé) et il est précisé que la défunte fut inhumé le même jour au cimetière.

1067 - Acte Sepulture - Antoinette DAMEROSE

Par moment ce sera un jeu d’enfant que de lire un acte, parfois ça sera difficile, mais il est aussi possible que cela devienne une torture. Prenez par exemple cet extrait de tables décennales de naissances récupéré sur le site des archives départementales de Moselle :

tdn - moselle

Pas très lisible n’est-ce pas ? Et ce n’est pas le pire de ce que j’ai pu déjà trouver… À l’opposé, dans les cas simples on a par exemple, la dactylographie que l’on louera. On pourrait presque s’amuser à réaliser un graphique avec des pourcentages sur la lisibilité au cours des années. Je ne sais pas ce que cela nous apporterait pour notre arbre, mais les évolutions et régressions seraient visibles. Car oui, s’il y a parfois évolution, il y a aussi parfois régression. N’oublions pas que l’Homme est remplaçable et les agents de l’état civil sont des hommes et des femmes comme nous…



Pas besoin de connaître la sténo…

Lorsque vous êtes allé chez mamy Christine vous avez soudain eu une révélation : elle parle TRÈS vite ! Alors vous avez tentez de noter ce qu’elle disait sa mère Marie Anne POINT et son père Gontrand Joseph MACHIN. Sauf que votre écriture pourrait très bien concurrencer celle de votre médecin de famille et vous en êtes même à vous tâter de courir jusque chez votre pharmacien pour qu’il vous traduise vos propres mots. C’est dommage, hein ? Sans pour autant devenir sténographe, voici quelques abréviations qui vous aurez fait gagner un peu de temps…

  • ° est le symbole qu’on utilise pour parler d’une naissance, donc à côté on place la date de cet évènement.
  • x est le symbole qu’on utilise pour parler d’un mariage.
    • (x) est le symbole pour des fiançailles
    • x2 et x3 seront utilisé pour parler d’un second ou troisième mariage (et ainsi de suite)
  • + est le symbole qu’on utilise pour parler d’un décès.

Ces symboles sont les plus utilisés, mais parfois il arrive qu’on en trouve d’autres.  C’est pourquoi il faut toujours les traiter avec un petit pourcentage de doute si vous utilisez les notes de quelqu’un d’autre.

  • ttt c’est pour Testament
  • )( c’est un divorce
  • t est un Témoin
  • Cm est le contrat de mariage

Quand on n’est pas sûr à 100% d’une date on peut facilement signaler le souci lié à cette date :

  • !1900 : cela signifie que la personne a été citée en 1900
  • /1900 : l’évènement a eu lieu avant 1900
  • 1900/ : l’évènement a eu lieu après 1900
  • ca 1900 : l’évènement a eu lieu environ en 1900, aux alentours de 1900

Parfois l’agent d’état civil lui-même utilisait des abréviations dans les registres. Les plus connues sont :

  • 7bre : Septembre
  • 8bre : Octobre
  • 9bre : Novembre
  • 10bre : Décembre

Si vous voulez approfondir le sujet, je vous recommande la page Abréviations sur le site de Jean-Louis GARRET qui est très complète. Vous y retrouverez également celles des mois républicains, des titres et professions… Tout ceci est bien entendu donné à titre d’exemple. L’important c’est vous vous y retrouviez dans vos notes.



Partager pour avancer

Comme dans mon post sur les logiciel où je ne faisais aucune publicité, je ne souhaite ici faire aucune « propagande » religieuse. Mon but reste l’information, l’échange, les méthodes…

Le comble du généalogiste qui cherche à gravir ses branches serait d’être égoïste et de faire de la rétention d’informations. Il n’est pas question de concours, mais de partage de connaissances pour que chacun puisse avancer. Vous voulez de l’aide ? C’est bien, soyez prêts à vous aussi en fournir aux autres. Dans ce cas on vous parlera souvent de GEDCOM. Il ne s’agit pas d’un oiseau rare ou de je ne sais quelle espèce en voie de disparition. Il est ici question d’un fichier contenant toutes vos informations selon un formatage bien défini.

Alors GEDCOM, ça veut dire quoi ? C’est un acronyme anglais pour « genealogical data communication ». Si vous n’êtes pas anglophone sachez que cela se traduit par « Communication de Données Généalogiques ». Ce format d’échange de données n’est pas très ancien (1980) et fut développé par ceux que l’on nomme Mormons (Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours).  Il est donc question d’une norme permettant un échange informatisé et facilité de données généalogiques sous la forme d’un fichier texte. À moins d’être vraiment très bon il vous faudra l’aide de votre site internet ou de votre logiciel pour écrire et lire ce fichier. Il comporte les informations suivantes :

  • Chaque personne de l’arbre
  • Chaque famille
  • Chaque évènement

Les enregistrements sont liés entre eux par cette norme bien particulière. Pourquoi je vous dit qu’il faut être bon ou patient pour lire ce fichier sans outil ? Voici un exemple d’un extrait de fichier GEDCOM que j’ai trouvé sur le site Geneawiki :

GEDCOM exemple

L’indentation utilisée dans cet exemple le rend un peu plus lisible que la normale. Bien souvent, ce que vous pourrez voir c’est quelque chose qui se rapproche plus de cet exemple tiré de Wikipedia :

GEDCOM exemple 2

Pur bonheur n’est-ce pas ? Pourtant ce fichier est extrêmement utile pour partager vos informations avec votre cousin Francis et récupérer celles de votre cousine Justine. Importer le grâce à votre logiciel ou site favori et les informations seront ajoutées pour vous permettre d’avancer, exporter le tout aussi facilement et vos cousins pourront eux aussi obtenir vos informations et avancer.



Tam tam tatam tam tam tataaam

Ah les mariages. C’est toujours l’occasion pour que la grande tante Huguette vous chope les deux joues, les pinces bien fort dans un geste qu’elle croit affectueux alors qu’il n’est que douloureux et vous demande : « Alors et toi ? C’est pour quand ? » Notez que cette question revient aussi aux baptêmes, mais (si on fait un peu d’humour noir, désolée pour ceux qui n’aiment pas) rarement aux enterrements… Cependant, le mariage c’est une source d’informations absolument merveilleuse si on oublie vos joues endolories.

Tout est réuni sur ce bout de papier pour vous permettre d’étendre vos branches dans la joie et la bonne humeur. En plus c’est à cette occasion qu’a été remise en main propre la relique nommée « Livret de famille » que papi Hector s’était fait une joie de vous présenter l’autre jour. La tradition voulait qu’on se marie dans la commune de la future mariée, sauf entre 1798 et 1800, où une loi imposait de se marier dans les chefs-lieux de canton. Si vos ancêtres se sont mariés entre 1798 et 1800, il faudra peut-être faire un peu d’histoire géographique, pour savoir si le chef-lieu de canton a changé ou pas depuis cette époque. Nombreux sont ceux qui ont continué de suivre cette loi même après sa suppression, vous allez adorer !

Pour déterminer une date de mariage si vos ne la connaissez pas il va falloir faire preuve de logique, même si parfois vos ancêtres ont dérogé à la règle. Le mariage a donc généralement eu lieu entre le 18ème anniversaire (âge légal à partir duquel il est permis de se marier) et la date de naissance du premier enfant. Et comme chaque règle a ses exceptions…

  • 18 ans, sauf dérogation. Parfois vous lirez « enfant mineur » pour désigner l’un des mariés, mais dans ce cas les parents ont fait le nécessaire pour que le mariage ait lieu
  • Avant la date de naissance du premier enfant, sauf s’ils n’ont pas tenu jusqu’au mariage…

enfant-mineur

Maintenant passons à ce puits de connaissance qu’est l’acte de mariage civil car je reviendrais dans un autre post sur l’acte de mariage religieux. Informations sur chacun des mariés, informations sur les parents des futurs époux, informations sur l’état matrimonial passé, mais également sur un potentiel contrat de mariage, informations sur les témoins et parfois informations sur un enfant légitimé par la même occasion… Quand on débute la généalogie on pourrait se dire « que vais-je faire de tout ça ? » ou encore « ai-je vraiment besoin de tout ça ? ». Je peux vous assurer que si vous dites cela aujourd’hui, plus tard vous détaillerez chaque acte de mariage pour remplir au maximum vos fiches personnelles qui vous permettent également de compléter vos fiches familiales.

La désignation des mariés :

  • Date et lieu de la célébration, l’heure est normalement indiquée.
  • Noms et prénoms de chacun des futurs époux
  • Dates et lieux de naissance des futurs conjoints (et comme je vous le disais plus haut c’est indiqué s’ils sont majeurs ou mineurs au moment du mariage)
  • Domiciles et professions de chacun

On passe ensuite à leur passé marital. C’est à dire que s’il y a lieu il sera indiqué s’ils sont veuf ou divorcé et dans ce cas le précédent conjoint sera désigné avec les même informations que les époux ci-dessus. La description des parents se fera de la même manière que celle des époux vient d’être faite à ceci près :

  • Date et lieux de naissance sont remplacés par l’âge
  • Si l’un des parents est décédé sa date et son lieu de décès sont cités
  • Si l’enfant est mineur il est ajouté le consentement du ou des parents/tuteurs
  • La mention d’émancipation du conjoint mineur peut-être apportée au texte

Quand je vous disais que ce document est un trésor je ne mentais pas car nous n’en avons pas fini ici avec les données utilisables… Passons à présent au mariage « en cours ». Si un contrat de mariage a été fait alors il sera indiqué. Depuis 1850, les informations concernant le notaire, son étude et la date d’établissement du contrat seront indiquées. Grâce à ce document vous en saurez plus sur les biens de la famille, la dote de la demoiselle… Mais le contrat n’est pas une obligation donc pas toujours établit.  N’oublions pas à présent que pour tout mariage il est nécessaire que soient présents et signent en plus des époux : les témoins !

  • Noms et prénoms de quatre témoins
  • Professions et domiciles
  • Il est aussi possible que soit indiqué leurs éventuels liens de parenté avec les conjoints

Bien souvent il ne reste plus qu’à signer le dit acte et le mariage débute. Mais il arrive parfois qu’un enfant soit légitimé en même temps que le mariage est prononcé. Enfant né avant mariage, il est donc par ce fait reconnu par le père. On trouve alors ses noms, prénoms, date et lieu de naissance.



To be or not to be ?

Souvenez-vous que ne pas savoir quand est décédée une personne n’est pas un obstacle insurmontable et qu’il est possible d’établir une fourchette durant laquelle la personne est « potentiellement vivante ». Un document auquel on ne pense pas forcément c’est le recensement. Son histoire étant longue je vous l’épargne, mais si elle vous intéresse n’hésitez pas à consulter la page « Histoire du recensement de la population en France » sur Wikipedia. La source d’information n’est pas sûre à 100% puisque tout le monde peut y mettre son grain de sel, mais c’est une bonne base pour débuter une recherche si on s’intéresse à un sujet.

Après Colbert et Vauban, plusieurs tentatives de recensements furent faites. Parfois partielle en termes de population, parfois partielle en termes de localisation, elles sont cependant les prémisses des recensements qui furent conduits à partir de 1801. Tous les départements ne s’y sont pas mis au même rythme. Certains commencèrent tôt et d’autres, mauvais élèves, débutèrent bien plus tard. Sauf cas exceptionnel (en général le cas de force majeur c’est : la guerre…) les recensements ont eu lieu entre 1801 et 1946 tous les 5 ans. Celui de 1871 fut repoussé d’une année, alors que ceux de 1916 et 1941 furent tout bonnement annulés. Par la suite, les recensements eurent lieux en 1954, 1962, 1968, 1975, 1982, 1990 et 1999.

Depuis 2004, ces recensements généraux ont été remplacés par un système plus continu (ils l’ont appelé « recensement rénové »). Le recensement est fractionné par zone.

Sont disponibles en ligne pour presque toutes les archives départementales, les recensements de 1906. Mine d’information, aide pour les généalogistes amateurs que nous sommes. Grand-papi Léon Eugène ALOGIE étant né en 1894 et décédé après 1934, doit apparaître dans le recensement de 1906. On se doute bien qu’alors âgé de 11-12 ans il ne figurera pas en tant que « chef de famille », mais bien entant qu’enfant. On va donc pouvoir trouver les parents de cet arrière-grand-père grâce à ce document si on n’avait pas déjà les informations sur son acte de naissance.

Si on connait déjà les noms et prénoms de ses parents on aura cependant leur année de naissance. Si le parent n’est pas nommé dans le ménage c’est qu’il n’est plus là.

Voici un extrait du recensement de 1906 dans une commune du Nord de la France :

recensement 1906

On voit parfaitement apparaître la place de chacun au sein du foyer (Chef de famille, épouse, enfant…), les années de naissance et les lieux de naissance sont également dans cet inventaire des informations. Il est à noter que l’épouse apparaît sous son nom de jeune-fille. N’oublions pas non plus de préciser que l’INSEE ne peut pas communiquer des recensements datant de moins de 100 ans.



Trouver chaussure à son pied pour la saisie numérique

Je vais aborder un peu plus tôt que prévu les logiciels. Jusqu’à présent je vous ai parlé de tableau Excel (si vous n’avez pas Excel il existe des solutions gratuites comme OpenOffice). Pour débuter à moindre frais c’est une solution. Attention, je ne dis pas que c’est LA solution, mais une possibilité parmi un grand nombre. La question ayant été soulevée dans un commentaire je vais donc vous en parler dès à présent.

Excel c’est sympa, mais ça ne fait pas tout. Par exemple pour visualiser votre arbre ce n’est pas suffisant. Il faudrait par exemple utiliser Visio (ou son équivalent) pour créer vous-même votre arbre. Ça risque d’être long et laborieux. Vous allez très vite vous décourager quand vous trouverez des ancêtres communs (je ne détaille pas les « implexes » ici, je les définirai et en parlerai dans un autre post plus tard). Heureusement, il existe des logiciels qui vous permettent la saisie de vos données et composent directement votre arbre. Je vais vous en présenter quelque uns, la liste n’est pas exhaustive et je ne compte pas les juger, juste vous les présenter un peu (je ne gagne rien ni à vous les présenter, ni à les dénigrer ni à les encenser).Si vous souhaitez plus d’informations ou découvrir d’autres logiciels la page Wikipedia (et oui, encore eux) Logiciels de Généalogie bien qu’un peu vieillotte à mon goût et pas toujours cohérente (dans la section « Logiciel payants » on trouve en prix indicatif « Gratuit » par exemple) vous donnera d’autres noms, liens et descriptions.

Je vous expliquerai ensuite pourquoi j’utilise beaucoup Excel et ce que j’utilise à côté.

Geneatique c’est un logiciel qui existe sur PC (Windows), sur Mac depuis quelques temps maintenant et sur mobile en version application. Le logiciel est présenté sur leur site comme permettant d’établir votre arbre généalogique de la saisie à l’impression. Une vidéo de presque 15min vous présente l’outil sur leur page d’accueil. Ils annoncent 100 modèles d’arbres possibles pour vos impressions, du classique au plus élaboré si j’en crois les illustrations. Deux versions sont proposées « classique » et « Prestige ». Elles correspondent à une quantité de personnes que vous pourrez insérer. Avec la classique (de 5€ à 84.95€ – prix indicatif en avril 2016 – je rappelle que je ne fais pas de publicité) vous pourrez créer les fiches de 100 à 1500 personnes. Avec la Prestige vous n’avez pas de limite, mais il vous sera nécessaire d’économiser 129.95€ pour l’obtenir. Libre à vous de choisir votre version, en téléchargement ou en coffret livré chez vous. Si vous voulez tester une version gratuite pour vous faire une idée vous avez un « capital » 50 fiches à votre disposition. Les principales fonctionnalités ? Des arbres ascendants et descendants, votre saisie d’informations permet la création automatique des fiches (personnelles, familiales…), des statistiques vous sont proposées si vous aimez les chiffres, il est possible d’insérer des images (photos et autres documents multimédia), enfin vous pourrez observer la répartition géographique grâce à un module GoogleEarth.

FamilyTreeBuilder, c’est la version logiciel téléchargeable (gratuitement) du site MyHeritage si j’ai bien tout compris. Comme le précédent il est possible de construire des arbres généalogiques (c’est un peu le but à la base, mais même si c’est trivial il ne faut pas oublier de le mentionner…). On peut également importer des photos et afficher des cartes. Un module de statistiques est disponible ici aussi. Site et logiciel existe en version gratuite et en version payante dite Premium qui donnent accès à  plus de fonctionnalités.  Les informations sur FamilyTreeBuilder peuvent être consultées et mises à jour sur le site de MyHeritage et sur l’application mobile de MyHeritage.

GeneWeb c’est un logiciel libre gratuit disponible sur plusieurs « plateformes » (Unix, Linux, Windows, Mac OS X), il est présenté comme « utilisable aussi bien sur un ordinateur non connecté au réseau qu’en service Web« . Je ne l’ai pas ouvert. Je ne sais pas du tout ce qu’il vaut. Plusieurs versions sont disponibles sur le site dont celle en développement (la 7.00 alpha). Hormis les traditionnelles fonctionnalités un guide d’installation vous est proposé ainsi que la création un CD-ROM de vos données pour pouvoir les partager avec votre cousine Justine ou votre cousin Francis. L’interface épurée ne vous fera pas partir dans tous les sens « faut que je pense à remplir ceci », « faut que je n’oublie pas cela ». Le logiciel vous permet de personnaliser votre interface (couleur de fond ou de caractères par exemple). Niveau chiffre, on vous propose même un calcul de parenté et de consanguinité (peut-être présent dans d’autres logiciels, mais pas indiqué dans la description). Le manuel aussi appelé Guide utilisateur semble très complet.

Il en existe bien d’autres comme FamilyShow qui commence tout doucement à vieillir. Le site Genopress vous propose un comparatif plein de descriptions et d’explications. Parfois, pas besoin d’installation, tout se fait en ligne comme par exemple avec  les sites Geneanet , Geni, Ancestry (disponible sur tablette d’ailleurs), ou encore FamilySearch. J’ai testé par le passé plusieurs logiciels, certains n’existent même plus. Mais j’avais toujours un manque de fonctionnalités Pas assez talentueuse pour créer mon propre logiciel, j’ai donc trouvé d’autres solutions. Comme présenté plus haut, tous les logiciels ne sont pas payant, même si bien souvent ils ont un coût ou finissent par en avoir un (soit pour plus d’options, soit pour plus de mises à jour).

Je n’utilise plus de logiciel aujourd’hui, mais je suis inscrite sur Geneanet qui me permet de faire beaucoup de recherches et  je complète mes besoins avec Excel. D’autres trouveront leur bonheur grâce aux logiciels, car nous n’avons pas tous les mêmes attentes ni les mêmes besoins.  J’ai délibérément choisi de présenter mes conseils sur ce blog par un simple tableur Excel qui est presque toujours présent sur un ordinateur ou que l’on peut remplacer par un tableur gratuit (par exemple OpenOffice). Comme je le disais, pour ma part, je n’ai pas trouvé de logiciel qui réponde à ma demande. Je suis du genre difficile.

J’ajouterai qu’un logiciel peut répondre à vos besoins, parfois une connexion internet sera nécessaire, mais il ne faut pas oublier non plus que si vous êtes amené à travailler depuis divers ordinateurs tous n’auront pas votre logiciel installé ou la dernière version de votre arbre. Par contre, votre tableur pourra être ouvert quelque soit le pc que vous utiliserez. Je vous recommande donc de mixer les possibilités comme par exemple un logiciel + un récapitulatif Excel ou un site internet + des notes sur un outil utilisable sur d’autres ordinateurs. Se retrouver démuni devant un registre parce qu’on ne sait plus où on en est et ce que l’on recherche c’est un peu dommage.



Qui aurait pu rencontrer qui ?

Parfois on se pose des questions bêtes et parfois pas si bêtes que ça. L’autre jour je cherchais à savoir qui était vivant en 1906, année du recensement de la population française. Sauf que cela voulait dire éplucher toutes mes fiches… Quitte à tout éplucher autant faire un graphique qui me permettrait plus tard de voir ce genre d’informations dans d’autres situations. Après avoir fait quelques recherches sur internet je n’étais pas convaincue de ce que j’avais trouvé. Alors j’ai créé mon propre graphique.

Sur l’exemple sur lequel nous travaillons depuis le début de ce blog et avec les informations récoltées depuis que nous avons débuté voici à quoi ressemble ce graphique :

en vie 4 gen dont 3 pleines

C’est forcément coloré de façon à être visuel.

  • En rouge, la personne n’est pas encore née.
  • En vert, la personne est vivante.
  • En gris, la personne est décédée.
  • En orange, la personne s’est mariée.
  • En jaune, la personne est potentiellement en vie.

« Potentiellement en vie » ? Kézako ?
C’est simple, vous n’avez pas l’information sur la date de décès de la personne (ou on est en 2016 et elle est encore en vie, on va éviter de l’enterrer avant l’heure, ce n’est pas légal). Dans le cas un ancêtre plus lointain si la date de décès est inconnue il faut faire une estimation. Pour cela on va s’appuyer sur sa vie à proprement parler. Cette personne est-elle devenue parent ? Cette personne s’est-elle mariée ? Cette personne est-elle citée sur un acte que je possède déjà ? À partir de ce genre d’informations vous êtes certains que la personne est encore en vie… Sauf cas très exceptionnel où l’un des mariés est déjà décédé, mais c’est vraiment très rare de marier un mort… Il arrive parfois que monsieur s’éteigne avant la venue au monde du petit dernier, mais madame sera toujours là au moins jusqu’au jour de la naissance.



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